Les Évangiles franco-saxons
C'est dans l'ouest et dans le nord de la vaste province ecclésiastique de Reims que nous transportent les admirables monuments de l'art francosaxon.
Il n'est pas nécessaire d'énumérer longuement les caractères de la calligraphie franco-saxonne. M. Delisle en a tracé le tableau dans son Mémoire sur d'anciens sacramentaires et dans son travail sur Y Evangiliaire de Saint- Vaasl\ L'imitation de la calligraphie anglo-saxonne ouirlandaise, dans ce qu'elle a produit de plus distingué, en est tout le secret. Les artistes du nord de la France, de ce pays que nous avons montré tout rempli de manuscrits irlandais, ne pouvaient prendre de plus beaux modèles que les chefs-d'œuvre créés par la plume savante et ingénieuse des moines scots et saxons. Les manuscrits de l'école franco-saxonne seraient peut-être les plus beaux qui aient vu le jour, si leurs modèles n'étaient beaucoup plus beaux encore, et quand le grand artiste à qui nous devons les tentures de la salle du Parnasse français a cherché la peinture décorative la plus parfaite, pour en illustrer la ligure du c( Manuscrit », c'est
1. Ilisforiu Rcmensis, 1. III, chap. 5 (éditiou de Douai, 1GI7, p. 293).