‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 221 sur 340 · Bibliolheca sacra, t. 1, p. 2 AS; cf. p. 237 ot · texte numérisé non relu

Bibliolheca sacra, t. 1, p. 2 AS; cf. p. 237 ot

3. Voyez en outre J.-B.-J. .loraud, (iramnialoyrapli/c liu i\^ s/î'clc. Paris, 1837, in-folio ; Do Baslard, Peintures, ornements, écritures et lettres initiales de la bible de Charles le Chauve (extrait des Peintures et ornements des manuscrits), et Ada- Uandschrift, p. 95 et 96.

l'école franco-saxonne. 283

h Tart franco-saxon qu'il a été demander l'illustration des mots : In priacipio créa vit Detis cxlum et terram.

Les traits auxquels on reconnaît la calligraphie franco-saxonne sont, en dehors d'une grande ressemblance avec les plus beaux manuscrits irlandais et anglo-saxons et du développement abondant des entrelacs, ceux que nous allons énumérer :

Des lettres moins grandes, de formes généralement rectangulaires, parfois au contraire courbées, et terminées en fer de flèche, accompagnent les grandes initiales. Ces lettres affectent quelquefois l'imitation des runes.

Des tètes d'animaux, nombreuses et bizarres (en général des tètes de cygnes), terminent les déroulés qui se voient au milieu des cadres et surtout des grandes initiales.

De ces grandes initiales, quelques-unes, telles que les V en forme de lyre, sont très caractéristiques. La ligature LI, dans l'initiale du mot Liber, est très gracieusement arrondie, tandis qu'elle est anguleuse dans l'é cole de Tours. Nous avons déjà vu cette initiative arrondie dans l'école chrysographique.

Certains entrelacs sont zoomorphes, c'est-à-dire composés d'animaux prodigieusement étirés en longueur et enchevêtrés savamment.

Enfin on remarque souvent, autour des cadres et des grandes lettres, les pointillés rouges et quelquefois verts que les manuscrits irlandais nous ont fait connaître, et les fonds sont occupés, dans les plus beaux de nos manuscrits, par des hachures de couleur tendre, qui forment une sorte de marqueterie très élégante.

Nous commencerons par délimiter, après M. Delisle, le lieu géographique des manuscrits franco-saxons en [général, puis nous passerons à l'examen de quelques manuscrits des Évangiles.

M. Delisle a eu la pensée de prendre pour base de sa recherche des manuscrits dont l'origine locale est à peu près certaine, les sacramentaires. Ces livres d'église, en effet, ne peuvent pas, suivant toute apparence, avoir été écrits très loin du lieu dont ils fixent la tradition liturgique. Or nous connaissons six sacramentaires franco-saxons. Plusieurs de ces livres peuvent être attribués avec certitude, d'après les commémorations de saints locaux qu'on y trouve, à des églises déterminées, savoir :

Le manuscrit de Stockholm , à l'abbaye de Saint-Amand , près de Lille ;

Celui de Reims, à l'église de Noyon ;

Le manuscrit B. N. 2290, à l'abbaye de Saint-Denis,

Et le sacramentaire de la bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg, à l'église de Tournai.

Le manuscrit dont un fragment est conservé à Vienne, appartenait à une église où saint Lambert était l'objet d'un culte particulier, peut-être à l'église de Liège.

Nous connaissons encore un sacramentaire franco-saxon, conservé à la bibliotlièque de Cambrai, et un recueil de canons qui fait partie de la bibliothèque de Laon et qui a été donné à l'église de cette ville par Didon, qui en fut évèque de 882 à 893.

Enfin les manuscrits bibliques que voici proviennent d'églises qui peuvent être déterminées :

La deuxième bible de Charles le Chauve provient de Saint-Denis ;

Les Évangiles de la bibliothèque royale de La Haye, de l'abbaye d'Egmond, en Hollande ;

Ceux d'Utrechi, de l'église Saint-Libuin, à Deventer;

Le manuscrit inachevé de la bibliothèque de Boulogne, de l'abbaye de Saint-Vaast d'Arras,

Et l'Évangéliaire n° 1045 de la bibliothèque d'Arras, de la même abbaye de Saint-Vaast.

n faut noter également un commentaire de saint Ambroise, conservé à la bibliothèque de Laon, et qui provient de la cathédrale de cette ville. Nous ne devons pas négliger ici, malgré son origine plus moderne, le manuscrit des Évangiles n° 309 de Cambrai, qui paraît une imitation des manuscrits franco-saxons et qui appartient sans doute à la fin du ix^ siècle, non plus que les Évangiles Hamilton 253, actuellement à Berlin, qui proviennent de Stavelot et qu'on dit être du x* siècle, ni le Psautier de Soignies, conservé à Leipzig, qui est encore plus récent, et les Évangiles de Cisoing (Lille 15), qui descendent jusqu'au xii" siècle. Je n'énumère pas ici les manuscrits dont la provenance est inconnue.

Ainsi le domaine d'influence de l'école franco-saxonne paraît se borner au nord de l'He-de-France, à la Picardie, aux Flandres et aux contrées au delà, ainsi qu'au pays wallon. Toutes les églises énumérées ci-dessus, excepté celles de Saint-Denis et de Deventer, appartiennent à l'ancienne province ecclésiastique de Reims.

Nous allons énumérer les manuscrits franco-saxons des Évangiles qui sont connus de nous. Ces manuscrits sont les suivants :

BibHothéque de la ville de Lyon, n" 357.

Bibliothèque nationale, n" 257 (manuscrit autrefois appelé à tort Évangiles de François II '). On voit dans ce manuscrit, avant la figure de saint Matthieu, une intéressante image du crucifiement. Cette représentation, fréquente sur les ivoires sculptés, est rare dans les manuscrits anciens. Le type reproduit dans notre manuscrit est exactement le même que dans le manuscrit 20 d'Angers, dont le texte est irlandais. Il est probable que cette image a été empruntée par l'artiste qui a décoré notre manuscrit à un original anglo-saxon.

1. On poiinail réserver le nom (PEyanj^'iles de François II au manuscrU A. 1. 13. •i° de la hihliolhôque Sainlc-Geueviève, qui porte au loi. 8 v", en blanc sur un fond d'eucre, une signature qui parait Cire celle de ce roi.

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