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ÉVANGILES FRANCO-SAXONS

Bibliothèque de Leyde, n° 48.

Bibliothèque royale de La Haye, n° 32 : manuscrit venu de l'abbaye d'Egmond, à laquelle il a été donné par Thierry II, comte de Hollande, mort en 988. Plusieurs publications ont été consacrées en Hollande à ce manuscrit, que le donateur a fait orner de son portrait et de celui de sa femme. Au jugement de M. le docteur du Rieu, ce manuscrit est des environs de l'an 900.

Musée archiépiscopal d'Utrecht, manuscrit venu de l'église Saint- Libuin de Deventer.

Bibliothèque de la ville de Tours, n° 23, manuscrit provenant de Saint-Martin de Tours.

Bibliothèque publique de Boulogne, n" 12. Ce manuscrit inachevé ne contient que l'Évangile selon saint Matthieu ; il provient de Saint- Vaast.

Tels sont les manuscrits de l'ancienne école franco-saxonne. Il faut mentionner après eux une série de manuscrits qui paraissent plus récents, mais qui prouvent que, longtemps après sa première floraison, la tradition franco-saxonne a maintenu son autorité dans les pays du Nord. Ces manuscrits sont les suivants :

Bibliothèque de Cambrai, n° 309. L'écriture de ce manuscrit paraît remonter à la fin du ix° siècle. La décoration est lourde et trahit l'imitation.

Bibliothèque royale de Berlin, manuscrit Hamilton 253, jadis à l'usage de l'abbaye de Stavelot. D'après M. de Seidlitz, ce manuscrit est du X® siècle. 11 est écrit en minuscule penchée.

Bibliothèque de l'Arsenal, n° 592, manuscrit du xi^ siècle, orné de représentations de l'Histoire sainte, peintes en couleurs empâtées. Ce manuscrit, au reste, ne rappelle que de loin l'école franco-saxonne.

Bibliothèque de Lille, n" 15, manuscrit provenant de Cisoing et écrit sous Calixte H (1119-1124).

Enfin le Psautier n° 774 de la bibliothèque de l'Université de Leipzig, est, dit-on, du xi® siècle. Ce manuscrit provient de l'abbaye cistercienne d'Altzelle en Saxe, mais, d'après M. Springer qui l'a étudié, il a été écrit pour l'abbaye de Soignies, en Hainaut. Les commémorations du calendrier et les miniatures consacrées à saint Vincent paraissent établir cette origine.

L'art franco-saxon, qui a régné au ix^ siècle dans les provinces belges, s'y est, on le voit, perpétué fort longtemps.

Revenant à l'école franco-saxonne primitive, nous établirons d'abord ce fait, que les manuscrits bibliques, chefs-d'œuvre des artistes de cette école, ne sont pas antérieurs à l'an 835.

Dans le plus grand nombre des manuscrits des Évangiles, on trouve à la suite du texte évangélique un Capitulare evangeliorum, c'est-à-dire un tableau des leçons évangéUques qui se lisent aux diverses fêtes et à tous

les dimanches de l'année, ainsi qu'aux principales solennités. Nous n'étudierons pas en détail ce catalogue des péricopes ecclésiastiques, après les belles études qui lui ont été consacrées par le regretté Ernest Ranke et par M. Corssen, qui en a parfailement classé les manuscrits '. Parmi toutes les variantes des manuscrits, nous n'en relèverons qu'une : la fête de la Toussaint, fréquente dans les manuscrits plus récents, ne se trouve mentionnée, à notre connaissance, que dans quatre manuscrits du ix° siècle-, et deux de ces manuscrits sont au nombre de nos plus beaux manuscrits anglo-saxons. Or la fête de la Toussaint, établie à Rome depuis une époque qui n'est pas bien déterminée, n'a été introduite dans l'empire franc qu'en l'an 835, par Louis le Débonnaire, sur l'exhortation du pape Grégoire IV ^ Les plus anciens des manuscrits franco-saxons ne sont donc pas antérieurs à cette date.

Pour le détail du texte, nous ne pouvons séparer nos manuscrits des Évangiles de la deuxième bible de Charles le Chauve, qui sera étudiée tout à l'heure. Voici comment les principaux manuscrits franco-saxons se comportent à l'égard des autres textes :

1° La deuxième bible de Charles le Chauve difière (sur 269 passages collalionnés) :

118 fois de la bible de Bamberg;

94 fois du Codex Vallicellianus ;

81 fois du manuscrit Harl. 2788 ;

72 fois de la bible de Saint-Paul ;

66 fois de la première bible de Charles le Chauve ;

62 fois de la deuxième main du Codex Adse ;

48 fois des Évangiles de Saint-Médard ;

42 fois des Évangiles de Lothaire, et 37 fois du manuscrit B. N. 17968.

2° Le manuscrit B. N. 257 se sépare (sur le même nombre de passages collationnés) :

72 fois du manuscrit Harl. 2788 ; 59 fois de la bible de Saint-Paul ; 45 fois des Évangiles de Lothaire;

43 fois des Évangiles d'Eb])on ;

41 fois des Évangiles de Saint-Médard, et

31 fois du manuscrit B. N. 17968.

3" Le manuscrit Lyon 357 s'éloigne (sur un nombre égal de passages) :

47 fois des Évangiles de Lothaire ;

1. E. Rauke, Bas kirchliche Pericopeas^tem, Biirlia, 1847; F. -II. Scriveucr, article Lecliouary, dans le DidioMinj of Christian Aiitlquities de W. Suiilh et S. Clieetham, t. lll, 18S0, p. 902 ; Ada-ïlandschn/t, p. 4L — hù Capitulare a oie publié par le P. J. Frouteaii, par E. Rauke et par M. K. Meuzol.

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