‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 228 sur 340 · Le « Codex Paulinus » et les Évangiles de Saint-Emmeran · texte numérisé non relu

Le « Codex Paulinus » et les Évangiles de Saint-Emmeran

Il nous reste à parler de plusieurs manuscrits exécutés avec un grand luxe, et que le dernier auteur qui ait traité de notre sujet, M. Janitschek, pense écrits dans l'abbaye de Corbie. Ils appartiennent en tous cas au nord de la France et ils ont été écrits sous le règne de Charles le Chauve.

La bible de Saint-Paul ou Codex Vaulinus fait partie, depuis les temps les plus anciens, du trésor de l'abbaye bénédictine de Saint-Paul sur la voie d'Ostie, ou du moins du trésor de l'Église de Rome. Sur le feuillet qui suit l'image de Charles le Chauve, on lit la formule du serment prêté à Grégoire YII par Robert Guiscard. Notre bible a quelquefois été appelée bible de Saint-Calliste, parce qu'elle a été longtemps déposée au couvent de Saint-Callisle, qui dépend de l'église Sainte-Marie du Transtévère. Saint-Calliste était l'ancien vocable de cette église, et les bâtiments qui y tiennent servent au repos des religieux de Saint-Paul, éprouvés par les fièvres paludéennes. Comment et par qui cette bible a été donnée à l'abbaye de Saint-Paul, nul ne le sait.

Le Codex Paulinus est, par son ornementation, un des manuscrits les plus riches que nous possédions. Malheureusement le goût et le style des représentations figurées qu'on y contemple ne sont pas à la hauteur de la prétention qu'elles affectent. Le frontispice représente un roi tenant un globe, sur lequel est inscrit un monogramme qui est composé, selon toute apparence, des lettres A. C. E. H et R liés, K. L. M. N. 0. R. S. V. X. On y peut lire, à peu près à coup sûr, les mots Karolus rex Cxsar ; les six premières lettres du nom (THirmentrudis paraissent compléter le monogramme, Hermentrude fut reine de 84-:2 à 869. Cette figure est accomgnéc de quelques vers qui commencent ainsi :

llex CfEli Dominus, soUla pietate redundans, Hune Karokim regem terrae diiexit herilem... NobiUs ad kevam conjuiix rie more venustat, Qua insiguis proies in regnuni rite paratur.

Ces vers sont suivis d'une dédicace, qui commence par ce vers:

Ingobertus eram referons et scriba fulehs.

Ingoberlus est connu dans l'histoire. 11 joua un rôle, en 820, dans la translation des reliques de saint Sébastien de Rome à Soissons, translation à laquelle est attaché le don des fameux Évangiles de Saint-Médard'. Quel est le souverain auquel Ingobertus a dédié cette bible ? M. Janitschek, reprenant une opinion émise par M. Schnaase, estime qu'il ne s'agit

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