Comparez p
:{ Dùmmler. Carmen LXX. Voyez plus haut, p 193.
\. Voyez en jiarliculier les Évangiles de Lolhaire et le manuscrit B. N. 2G1.
LE PSAUTIER DE CHARLES Li: CHAUVE. 297
A la fin du manuscrit, los deux copistes qui l'ont exécuté ont inscrit leurs noms et la date de leur travail :
Bis quadringenti vulitant et septuaginta
Aimi, quo Deus est Yirgirie natus lioiuo. Ter dénis annis Karolus regnabat et uno,
Guni codex actus illius imperio.
Hactenus undosum calaino descripsiinus sequor,
Litorls ad finem nostra carina manet.
Sanguine nos uno patris matrisque creati,
Atque sacerdotis servat uterque gradum.
En BeringariuS; Liuthardus nomine dicti
Ouïs fuerat sudor diffîcilisque nimis... K
Notre manuscrit a donc été terminé en 870 ou en 871. A ce moment, €n effet, l'année commençait à Noël, et les années du règne de Charles le €hauve se comptent à partir du 20 juin 840. L'un des deux frères qui l'ont <îopié, Liuthardus, nous est connu par une autre œuvre de sa plume. Dans le Psautier B. N. 1152, on lit, à la fin de la litanie, le vers:
Hic calamus facto l.iuthardi fine quievit.
Dans cette litanie on trouve mentionné lenom de lareine Hermintrude, qui mourut en 869. On voit dans le même manuscrit une image de dédicace à Charles le Chauve et une figure de David dansant, entouré des quatre autres psalmisles*.
On lit à la fin du (.( livre d'or » de Saint-Emmeran, entre les vers de Beringarius et de Liuthardus, un nom qu'une cryptographie transparente ne dierche pas à dissimuler^ : Domnis abbalis Hamvoldl. En tète du manuscrit, on voit l'image de Ramvold, qui fut abbé de Saint-Emméran de 975 environ à iOOi ; elle est accompagnée de ces deux vers :
Hune librum Karolus quondam perfecit honorus, Ouem nunc Hemrammo Banivold renovaverat almo.
Le nom et le portrait de Ramvold sont une addition de la fin du X® siècle.
Le texte de ce beau manuscrit n'a rien de commun avec les diverses recensions du texte évangélique qui ont été en usage sous les Carolin-
1. On lit à la fin de ce poème quelques mois on caractères tironiens. D'après Silvestre, ces notes répètent les noms des deux copistes.
2. H faut rîipjuocher de ce manuscrit un manuscrit plus ancien, le Psautier de l'empereur Lothaire, avec les images de Loîhaire, de David et de saint Jérôme, qui se trouve dans la cullcction de M. Th. Brooke. (Voyez les ouvrages cités par M. Delisle, Bibl. Ec. Chartes, t. LUI, 189?, p. 183]
3. Les voyelles sont marquées par des points, dont le nombre varie de un à cinq. Le V est considéré comme une consonne.
giens. C'est un texte mêlé, où l'on trouve les deux grandes interpolations de Matth., XX, 28, et de Jean xxi, G. L'une et l'autre se rencontrent dans les manuscrits irlandais ou anglo-saxons ; la première se lit également, sous la môme forme, dans divers manuscrits du nord de la France, lesquels paraissent tous avoir subi, de près ou de loin, l'influence des textes irlandais ou anglo-saxons '.
Il est temps de retracer les destinées de notre manuscrit. L'histoire en a été tracée par Colman Sanftl. Copié en 870 pour Charles le Chauve, le manuscrit était, paraît-il, à Saint-Denis peu après la mort de ce prince. En effet, l'empereur Arnoul (si c'est de lui qu'émane la pièce que nous citons) dit en parlant de Charles le Chauve : a Hoc opus mirandum prxdecessor meus Ludervicus S. Dionysio conlulit^ ». Il s'agit certainement ici de Louis le Bègue. Comme on l'a fait remarquer, ce prince, n'ayant pas été empereur, ne peut pas, à proprement parler, être regardé comme le prédécesseur de l'empereur Arnoul, mais prœdecessor, ici, signifie simplement c( ancêtre ». Il est probable que Lonis le Bègue a donné le manuscrit des Evangiles à Saint-Denis en exécution du legs de son père. Nous ne pouvons dire comment le précieux volume est sorti de Saint- Denis. Les renseignements eue nous trouvons sur ce point dans les auteurs ne concordent pas. L'empereur Arnoul, d'après les uns, Arnoul de Bavière ou Othon P', selon les autres, en fit don à l'abbaye de Saint- Emmeran. Le chroniqueur de Saint-Emmeran, Arnold, ordinairement bien informé, mais qui écrivait au xi^ siècle seulement, raconte que le Codex aureus fut échangé, vers 893, par l'abbé de Saint-Denis, Ebulon, contre la moitié du corps de saint Denis, qui avait été dérobée par la ruse du chapelain de l'empereur, et que c'est ainsi qu'Arnoul put l'offrir à l'abbaye de Ratisbonne. Ce qui est certain, c'est que Ramvold, abbé de Saint- Emmeran depuis 875 environ et jusqu'après l'an mille, a fait relier le volume par deux ouvriers nommés Aripo et Adalpertus (leurs noms sont inscrits sur la superbe couverture qui est conservée encore) et l'a fait orner de son portrait. Telle est l'histoire du « livre d'or » de Saint-Emmeran.
M. Janilschek estime que la bible de Saint-Paul, les Évangiles de Saint- Emmeran et le Psautier de Charles le Chauve ont été copiés à l'abbaye de Corbie. Je ne vois aucune raison à opposer à cette hypothèse, mais ce n'est qu'une hypothèse, assez plausible il est vrai. Depuis Adalard et Wala, Corbie était devenu un grand centre d'études; Odon, abbé de ce monastère, était le conseiller intime de Charles le Chauve. Il paraît également que nos trois manuscrits présentent avec le sacramentaire de Rodrade, abbé de Corbie, une réelle ressemblance (le sacramentaire de