‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 233 sur 340 · Voyez plus haul, p. 4ô et · texte numérisé non relu

Voyez plus haul, p. 4ô et

2. Ce texte est cilé dans une lettre d'mi jtrétre du xi** siècle à l'ablu' Uej:in\>ard, conservée par l'abbé .I.-B. Krans daus sa disserlation sur la Iranslalion de Saint-Peuis.

l'école de corbie. 299

liodrade ost de peu postérieur à 853). Mais si, jusqu'à présent, celte origine n'est pas démontrée, il n'en est pas moins à peu près certain que nos manuscrits, comme ceux de l'école franco-saxonne, ont pour patrie les plaines de la Neustrie et particulièrement les pays que nous appelons aujourd'hui la Picardie.

C'est donc dans les plaines du Nord que s'achève le cycle de l'histoire de la Bible sous les Carolingiens. Créé par Alcuin dans l'école palatine qu'il dirigeait sous les yeux de Charlemagne, l'art décoratif paraît avoir été transplanté par lui dans l'abbaye de Saint-Martin de Tours. Frédégise, le disciple chéri d' Alcuin, reprend sa tradition endormie depuis quelques années. Aidé par un grand artiste, Adalbald, et inspiré des plus beaux modèles de l'antiquité, il fonde à nouveau, sous le règne de Louis le Dénaire, l'école de calligraphie qu'Adalbald dote d'un style tout nouveau. Les quinze premières années du règne de Charles le Chauve furent sans doute l'époque de la plus grande splendeur de l'école de Tours. C'est de ce temps que datent, pour le plus grand nombre, les belles bibles qui sont l'ornement de nos bibliothèques, et qui semblent toutes écrites par une seule main. Mais l'invasion des Normands disperse les moines de Saint- Martin, et c'est dès lors dans la Neustrie que l'art de copier la Bible vient se réfugier. L'art décoratif irlandais avait rempli les couvents de ce pays de ses chefs-d'œuvre, et l'école palatine y avait laissé quelques-uns de ses plus beaux produits. L'art neustrien lut donc un art tout nouveau, une résurrection de la calligraphie dans le royaume des Francs. Mais ce fut le dernier éclat de la calligraphie carolingienne. Après le règne de Charles le Chauve, nous ne voyons plus, pendant plusieurs siècles, une grande œuvre d'art sortir des ateliers de nos monastères. Il appartenait aux Othons de créer, sur les bords du Bhin, un art nouveau, inspiré de l'antiquité chrétienne et de l'art byzantin. Quant à la France, elle a produit encore de beaux manuscrits de la Bible, mais il ne s'y est plus élevé aucune grande école d'art calligraphique avant la magnifique résurrection du règne de saint Louis.

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