LES CHAPITRES ET LES SOMMAIRES DES LIVRES DE LA BIBLE
. Dans toutes les bibles anciennes, les divers livres de la Bible sont, pour la plus grande partie, divisés en chapitres, et les rubriques qui résument le contenu de ces chapitres sont réunies en tête du livre, de manière à former une sorte d'abrégé ou de table des matières de ce livre. Les Latins nomment ces rubriques, à peu près indifféremment, tituli, brevis ou brèves, breviarium , capitula ou capitulatio, et nous leur donnons le nom de « sommaires » qui a sur celui de « capitulations » l'avantage de la simplicité. 11 faut pourtant remarquer que ces tituli ne sont pas toujours exactement des sommaires, car certains d'entre eux, peu nombreux et dont il est permis de tenir peu de compte, ne consistent pas en autre chose que dans l'indication des premiers mots de chaque paragraphe. L'usage des tituli remonte aux Grecs, qui nous en offrent, dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament, les plus remarquables exemples'. Chez eux, il a été longtemps d'usage d'écrire sur les marges le résumé des chapitres ; les Latins n'ont jamais connu cette coutume. Les chapitres des manuscrits grecs et les sommaires qui font corps avec eux ne remontent du reste pas tous très haut. On pense que ceux de l'Ancien Testament proviennent en partie du célèbre fondateur de la bibliothèque de Césarée, Pamphile (f 309) ; d'autres sont attribués à saint Jean Chrysostome. Quelques-uns des sommaires du Nouveau Testament sont l'œuvre, non pas d'Euthalius, (jue l'on fait vivre en 458 et qui n'a jamais existé, mais très probablement du diacre Evagrius le Pontique, un solitaire égyptien qui fut condamné comme partisan d'Origène et qui a daté son œuvre de 396 ^ Les derniers ont pour auteur André de Césarée, qui a écrit sur l'Apocalypse à la fin du v^ siècle. Les manuscrits grecs les plus anciens et les meilleurs présentent pourtant déjà un système complet de chapitres et de sommaires. Nous avons conservé, quant à l'origine des sommaires de la Bible latine, deux textes importants. Le premier est de saint Jérôme lui-même. Nous le trouvons dans le De viris illu^tribus \
1 . Sur les t'tXoi et les xî^àXaia du Nouveau Testament, voyez en particulier C.-R. Grcgory, Protegomeaa, p. 140, et Tédition du Nouveau Testament de Tregelles. Pour PAncion Testament, consultez la BiblioUieca Coisliniana de Montfaucon et la Synopsis S. Scripturse publiée par le même savant dans le tome VI de son édition de Chrysostome. Voyez aussi Daniel scciindam LXK, éd. C. Bucjatus^ Milan. 1788. in-4", p. 1 ; Ceriani, Mominien/a sacra et profana, t. Il, p. xiii et 2, Pédition du Codex Mexandrianvs, par .l.-J. Breitinger, t. lll, Zurich, 1732, in-i", Prolégomènes, et H. Middeldorpf, Liber IV Rcgiim, Berlin, 1835, in-4'', p. iv.
2. A. Ehrhard, Centralblalt fàr Bibliothekswesen, t. VIII, 1891, p. 38-3.