Ibidem, p
LA STICHOMÉTRIK. 317
de mesure sensiblement five et de la longueur d'un hexamètre homérique moyen; puis, que toute la littérature de l'antiquité, tant profane que sacrée — en se maintenant entre le iv' siècle avant J.-G. et le vi» siècle de notre ère environ, — a dû être uniformément évaluée en stiques '. »
« Il suffisait que le premier manuscrit d'une édition, pcmdant toute l'antiquité classique, fût exécuté à lignes normales, comme nos expéditions; puis, ce qui était aisé, qu'on en comptât les lignes. Le nombre des lignes était celui des stiques... 11 était forcément laissé aux copistes au moins une ou même, comme h nos expéditionnaires, deux syllabes de jeu par ligne. 11 n'y aurait pas alors à désirer une évaluation plus exacte que celle qu'on a obtenue dans l'étude qui précède pour la valeur du stique, à savoir environ 15 à 16 syllabes *. »
La stichométrie, qui n'est qu'un moyen d'évaluer la rétribution due aux libraires suivant la longueur des livres, doit être distinguée absolument de l'art de copier la Bible ou d'autres écrits, ainsi qu'on a dit à tort, c( stichométriquement d, c'est-à-dire en lignes inégales et dont la longueur se réglait sur le sens. La stichométrie ainsi entendue, ou plutôt ce qu'on a désigné, par abus, de ce nom, n'était pas autre chose, en principe, que ce que nous appelons la ponctuation. La transition entre cette manière ancienne de marquer les divisions du texte, et le système moderne, a occupé tout le moyen âge. Il ne faut pourtant pas croire que l'antiquité proprement dite ait connu ce mode de division: il suffisait des particules, dont les Grecs ont toujours fait l'usage le plus abondant et le plus précis, pour diriger les yeux et la voix du lecteur.
Je n'ai pas à retracer ici l'origine et l'histoire du système qui a consisté à écrire, d'abord certains livres poétiques de l'Ancien Testament, puis la Bible entière cyxr/rjôdv, -p6; ou xatà /.wXov, ou, suivant l'expression de saint Jérôme, per cola et commuta. Origène, saint Jérôme, Euthahus (ou plutôt l'auteur auquel on a donné ce nom) et Cassiodore ont appliqué à la Bible et développé cette méthode, déjà en usage de leur temps pour les œuvres des orateurs anciens ^ Les meilleurs manuscrits grecs et latins, le Codex Amiatinus en particulier, nous en offrent des exemples excellents, et la ponctuation des plus anciens manuscrits en minuscule conserve encore l'empreinte, assez exactement retenue, de l'écriture per cola et commuta, La distinction capitale qu'il y a lieu de faire