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3. S. Jérôme, préface d'Esaïe : Nemo, cum prophetas versibus videril esse descriplos, métro eos sestimet apud Hebrœos ligari, et aliquid simile habere de Psalmis vel operibus Satomonis ; sed, quod in Demostliene et Tiillio solet jieri, ut per cola scribantur et commata, qui utique prosa et non versibus conscripserunt, nos quoque, utilitafi lege nliu m provide iites, interprelafionem novam novo scribeiidi génère distinximus . — Cassidore, De Iiistilutione, préface : Quod nos qito/ue tauti viri auctoritate commoniti, sequendutn esse judicavimus, ut csetera distindionibus ordinentur.
entre l'écriture xa-à xroXov et la stichométrie, c'est que les lignes dont il s'agit dans la première étaient, suivant l'expression de Graux, des « lignes de sens », tandis que les lignes de la deuxième étaient simplement des « lignes de longueur ». Les lignes de sens étaient si bien chose réelle que leurs noms, colon et comma, sont demeurés dans plusieurs langues pour désigner les signes de ponctuation ; la ligne de longueur, au contraire, était souvent une pure convention. La stichométrie, qui se base sur ce (( système métrique )>, n'était plus, au temps où nous transportent les manuscrits de la Yulgate, que le souvenir incompris d'un calcul tombé en désuétude. C'était le résultat, souvent incorrect, d'une opération dont les facteurs étaient oubliés.
Au moyen âge, en effet, un mode de calcul plus sommaire avait succédé à la manière ancienne d'apprécier le travail des copistes. Tandis qu'en 301 l'édil de Dioclétien de pretiis rerum venalium réglait le salaire des écrivains sur le prix de la ligne *, les statuts des Universités admettent simplement, comme unité pour les manuscrits, la pecia, c'est-à-dire le cahier de quatre feuillets. A Bologne, un règlement fixait le nombre de colonnes, de lignes et de lettres que devait compter chaque pecia ', et il est probable [que partout un contrôle semblable s'exerçait sur le travail des écrivains. Quoi qu'il en soit, le principe de ce contrôle était changé et la ligne normale devait varier avec l'écriture du copiste ou plutôt avec l'écriture ordinaire du temps et du lieu. En outre et surtout, l'époque où la librairie redevint un commerce, c'est-à-dire l'époque de la fondation des Universités, est séparée par cinq à six cents ans au moins de l'époque romaine et, de Cassiodore au xii® siècle sans doute, l'art d'écrire ne fut pas un art vénal. Le travail des moines n'était aucunement tarifé, et les beaux livres représentaient bien plutôt, particulièrement au temps des Carolingiens, des présents offerts en reconnaissance pour des privilèges ou pour la faveur d'un grand personnage. C'est pourquoi les indications stichométriques n'ont pas eu, durant tout le moyen âge, d'autre raison d'être que de continuer la tradition des anciens. Dans les manuscrits, les chiffres qui marquent la stichométrie varient souvent, non pas dans les unités, mais dans les mille, sans qu'on rencontre aucun essai de corriger des erreurs aussi énormes. Depuis les Hébreux jusqu'à nos jours, il y a toujours eu quelque chose d'hiératique dans la méthode de copier, puis d'imprimer la Bible. La permanence de formules qui ne se comprennent plus et de détails qui n'ont plus leur raison d'être s'explique par le respect tout extérieur dont on entourait le texte sacré, tandis que les copistes, dans leur inintelligence, mutilaient ce texte outrageusement ou l'in-