Graux, p
2. Graux, p. 13S, d'après Savijniy. Sfafufa Arisfanim Pataviensium : De taxatinnc pcUarum secnndum taxalioncm sluiUi Bo no nie nais Jîrmamus quod petia conslifiialur ex scdecim columnis quavum quœlibcl conlineal LXll lineas et quolibet linea litteras XXXll.
LA STICHOMKTRIE. 319
lerpolaienl inconsciemment. La slichométrie est donc, dans les bibles du moyen âge, un héritage de la librairie romaine. Telle que nous la trouvons, à part les erreurs de copie, elle était usitée à Rome et à Carthage en des temps fort anciens, et les c'iiiïres mêmes que la librairie romaine nous a légués n'étaient parfois pas autre chose que l'ancienne stichométrie des Grecs.
Nous avons conservé un texte important, relatif à la stichométrie latine avant saint Jérôme'. Il ne nous occupera pas longtemps, car il n'a presque rien de commun avec le système qui s'est perpétué dans nos bibles manuscrites. C'est une liste des livres de la Bible, y compris quelques apocryphes, qui se lit dans le manuscrit grec-latin des Épîtres de saint Paul qu'on appelle Co lex Claro monta nus (B. N. grec 107, fol. 467 v°- 468 v°), entre l'Épître à Philémon et l'Épître auxHébreux^ Quoique cette liste soit écrite en latin et qu'elle soit insérée dans la partie latine du manuscrit, il est possible qu'elle soit traduite du grec et par conséquent les indications stichométriques qu'elle contient ne s'appliquent peut-être qu'aux manuscrits grecs. Au reste, ces indications ne concordent même pas tiès bien avec les stichométries grecques et elles sont un problème pour nous. Les chiffres stichométriques du Codex Claromontanus sont très rarement d'accord avec ceux que l'on trouve dans les manuscrits latins ^
Il en est tout autrement d'un texte retrouvé récemment par M. Mommsen dans un manuscrit du x" siècle conservé à Cheltenham^ Le manuscrit contient une traduction de la Chronique d'Hippolyte; on y lit, entre le tableau des Rois de Rome et la liste des Prophètes, la date de 359 : Eusebio et Hypatio coss. iCXf ab U. C. Après les noms des empereurs, on trouve une liste des livres de la Bible qui commence ainsi :
Libri qui sunt veteri' testamenti cum indiculis versuum. Incipit indiculum veterls testamenti qui sunt hbri canonici sic Geuesis ver. n.
1. Je ne mentionnerai que pour Técarter le texte publié par Arevalo {Sedulii Opéra, Uome, 1794, p. 429. Comparez Th. Zahn, p. 388). Nous ne pouvons guère considérer ce texte que comme une adaptation de la stichométrie grecque usuelle.
2. Versus scriptiirarum sanctaruni if a : Geaesis ve)[s]us .IIJID., etc. Ce texte a été publié en 1852 par Tischeudorf dans Tédition du Codex Claromoafanus. Le Codex SaïKjermanensis, actuellement à Saint-Pétersbourg (p. p. Belsheim, 1885), n'est qu'une copie très fautive du Claromontanus. Comparez Zahn, p. 157.
3. La slichométrie du Codex Claromontanus ne se rencontre avec les latins que pour les indications suivantes : Psalmi davitici ver. V (chiffre presque universel des manuscrits latins]^. — Maccabeorum sic. Lib. primus ver. IICCC (= mss. latins). — Lucam ver. IWCCCC {= arm.). — .\d Timotheum .t. ver. CCVIII (= B. N. 9).
4. Th. Mommsen, Zur lateinischen Stichométrie. Hermès, t. XXI, 188G,p. 142. Comparez Th. Zahn, ouvrage cité, p. 143, et W. Sanday, Studia biblica et ecclesiastica, t. III. Oxford, 1891, p. 217. M. Mommsen a complété sa découverte en publiant en 1890 [Uermes, t. X.\.V, p. G3G) le même texte, avec un certain nombre di' variantes, qui le rapprochent de Tusage courant, d'après le manuscrit 133 de Saiul-Gall, du ix° siècle.
Item indiculum novi testamenti Evauarelia IIIF. Matheum vr. UDCG
Cette table est suivie d'un Indiculum Cecili Cipriaiii, mais auparavant on lit les mots énigmatiques, et pourtant assez clairs dans leur sens, que voici :
Quoniam indiculum versuum in Urbe Roma non a[d] liquidum, sed et alibi avariciae causa non habent integrum, par singulos libres computatis syllabis posui ' numéro XVI versum Virgilianum omnibus libris numerum adscribsi.
M. Mommsen lit, en effaçant deux mots :
Computatis syllabis numéro XVI versum Virgilianum omnibus libris adscripsi *.
Voici quel paraît être le sens de ces mots : c( Puisque le tableau des lignes ne se trouve pas même exact à Rome, et puisqu'ailleurs, parla mauvaise foi des libraires, il ne peut être obtenu complet, j'ai marqué pour chaque livre le nombre de vers de Virgile auquel il correspond, en comptant le vers à seize syllabes. » Il est possible que ce catalogue ou plutôt ce tarif de librairie (car ce n'est pas autre chose) provienne de l'Afrique et en particulier de Carthage : Vindiculus des œuvres de saint Cyprien, qui suit la table des livres bibliques, peut le faire supposer.
Mais faut-il croire que ce précieux document remonte en réalité à l'an 359 ? La question est sérieuse, car si cette date était maintenue, il faudrait admettre que les chiffres qu'on trouve dans ce tableau et l'état de la Bible qu'il représente s'appliquent à des textes antérieurs à saint Jérôme. Pour accepter une date aussi ancienne, il faudrait avoir d'autres preuves que le voisinage d'un texte daté. Mais surtout le système stichométrique de notre catalogue est, trait pour trait, celui de presque tous les manuscrits de la Vulgate, et nous verrons tout à l'heure qu'il convient parfaitement à la Vulgate. Enfin le total des chiffres relatifs à l'Ancien Testament est suivi de quelques mots que nous devons signaler:
Erunt omnes ver. n. LXVIIIID.
Sed ut in Apocalypsis Johannis dictum est : viili XXHII senioros mittentes coronas suas ante Ihronum, majores nostri proi)ant hos iibros esse canonicos et hoc dixisse seniores.
M. Mommsen a déjà fait remarquer que ce texte rappelle le Prologus galeatus que saint Jérôme a composé pour les livres des llois'. Il n'est