ROYAUME DE LÉON
pourpré, en rouge, en blanc et en jaune, en forme de croix. Les canons des Evangiles sont inscrits sous une colonnade dont l'architecture est moresque et affecte la forme du fer à cheval. En tète des Épîtres de saint Paul on lit le proimium sancti Peregrini apiscopi et les canons de Priscillien. Après l'Apocalypse se lit un deuxième texte du Psautieu*, du reste incomplet : c'est le Psautier « hébraïque »; la traduction des Psaumes qui figure au milieu du manuscrit est au contraire le Psautier « gallican » ; celui-ci est, paraît-il, accompagné, sur les marges, de nombreuses variantes de l'ancienne version, de sorte que nous avons ici trois Psautiers en un seul manuscrit. Nous reconnaissons à ce trait l'amour des copistes espagnols pour les textes complets plutôt que corrects et leur goût des variantes marginales. Enfin le mot, tout espagnol, iVera, apparaît dans une note avec le sens de a numéro » '. C'en est assez pour que le lecteur, renonçant à l'opinion de D. Bernardo Caetani, qui appelle l'écriture du manuscrit ((lombarde», déclare, avec MM. Corssen et VVordsworth, que le Codex Cavensis est un pur manuscrit visigoth. En réalité, l'écriture de notre manuscrit est une superbe écriture visigothe. Silvestrea pensé qu'il remontait au ix'' siècle, et M. Wordsworth confirme cet avis; M. Corssen lui donne pour date la frontière du viii'' et du ix® siècle. La vérité n'est pas loin de l'une et de l'autre date.