‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 28 sur 340 · Royaume de Léon et haute vallée de l'Èbre · texte numérisé non relu

Royaume de Léon et haute vallée de l'Èbre

J'en viens à un groupe nombreux de manuscrits qui présentent un même texte, proche parent de celui des manuscrits qui viennent d'être décrits. Ils représentent, à proprement parler, avec les deux premiers, la recension espagnole : le nombre de ses représentants suffit à lui assurer ce nom.

La bibliothèque de l'Université centrale de Madrid est héritière du plus grand nombre des manuscrits du grand cardinal Cisneros, Francisco Ximenès; ces trésors avaient été réunis par l'éditeur de la Polyglotte dans la bibliothèque du Coleglo mayor de S. Ildefonso, c'est-à-dire de l'Université d'Alcalâ -. Au premier rang des manuscrits de Ximenès se trouvent trois superbes bibles, reliées aux armes de l'Université d'Alcala, qui sont celles du cardinal ; les deux premières seules sont en écriture visigothique. La deuxième et la moins ancienne de ces bibles (nous parlerons plus tard de la première) est inscrite sous le numéro 32; elle comprend la seconde moitié de l'Écriture sainte, des Proverbes à l'Apocalypse. C'est un très grand volume, dont l'écriture paraît remonter aux limites du ix® et

1. Comparez Delisle, Catalogne des Mss. Libri et Barrols, p. 11 et 283.

2. J. Villa-Amil y Castro, Catdlogo de los ms.s. existe ates en la Bibl. del noviciado (le la Universidad central, P. 1, Madrid, 1878. Comparez J.-S. Wood^ Journal of Philology, t. VII, 1877, p. 2Gi. Sur les bibles espagnoles en général, voyez J.-M. de Egiirén, Memoria desciptiva de los côdicss notables coaservados en los archivos eccleskisticos de Espana, Madrid, 1859.

du xe siècle. On voit, en tète de certains livres, des ornements de style mozarabe qui rappellent le Codex Cavemis. En tète du livre de Daniel on lit le premium bcat\i\ Esidori Spalenûs episcopi in libro Danielis prophète^ Les canons des Evangiles sont peints en quatre couleurs; l'art en est grossier et enfantin; les évangélistes y sont représentés avec une rare inexpérience; l'arc arabe en forme le couronnement. Les canons de Priscillien, avec le premium sancH Peregrini episcopi, précèdent les Epîtres de saint Paul. On ne sait où Ximenès avait acquis ce beau manuscrit.

A côté de la seconde bible d'Alcalâ il convient de mentionner le Codex ^milianeus, la bible de San-Millan, conservée à Madrid, à l'Académie de l'Histoire. Elle est, d'après P. Ewald, du x* siècle : ce jugement doit être accepté. Le volume est incomplet; il commence au milieu du Psautier, qui est représenté par la version hébraïque. On voit sur les marges, dans les Psaumes, de nombreuses notes exégéliques, et quelquefois la note in greco, qui introduit des variantes du Psautier gallican. Les canons des Évangiles sont inscrits sous des arcs arabes en fer à cheval, sous lesquels sont dessinés d'autres arcs arabes. Les emblèmes des évangélistes y sont dessinés grossièrement, sans doute d'une main postérieure. L'Epîlre aux Romains est précédée des sommaires des deux Épîtres aux Corinthiens, écrits d'une écriture plus fine, et des autres accessoires ordinaires du texte espagnol. Avant l'Interprétation des noms hébraïques qui fait partie de ces préliminaires, on lit les mots suivants, écrits d'une écriture postérieure et sur un lavage : Sub era DCCII per Q. On voit en marge des Épîtres de saint Paul des numéros qui semblent correspondre aux canons de Priscillien. La même écriture plus fine que nous avons remarquée, se reconnaît dans les sommaires des Épîtres aux Colossiens et au\ Hébreux; ils sont écrits après coup, mais dans un espace réservé à l'avance, celui des Hébreux après l'Épître elle-même. Nous devons à la môme main l'Épître aux Laodicéens, écrite en marge. L'abbaye de San-Millan, dont provient le manuscrit, est située dans le haut bassin de l'Èbre, non loin de Logroùo.

Après les Machabées, on lit, écrite en encre noire, verte et violette, la note qui a été reproduite en facsimile dans le recueil d'Ewald et Lœwe :

Tandem finitis ueteris instru

menti libris quos «ola catholica

in canone dininanim recipii

scriblurarum. ad euangelia

nouumque testamenlum

xpo iubantc peruenimus : am^n

per quisium monacum sanii

emilinni sub era. dgc. script:

Marlinus abbas in saiiclo e

miliano.

1. Ku lête de la Sapiencc ou trouve les mêmes notes que daus le Codex TofcNinus.

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