‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 29 sur 340 · LES BIBLES DE LÉON · texte numérisé non relu

LES BIBLES DE LÉON

Le texte des six premières lignes se retrouve dans la bible de la catbédrale de Léon et dans celle d'IIuesca. Les deux dernières lignes sont d'une autre écriture. Les deux précédentes, ou du moins celle qui commence par les mots : Per Qiiisium, paraissent écrites sur un lavage. Suit une liste d'abbés de San-Millan, ajoutée après coup.

La bible de la cathédrale de Léon est écrite d'une écriture assez fine; elle commence avec Ésaie. On y voit, aux feuillets 148 à 155 v°, les canons des Évangiles peints en couleurs vives (le vert dominant), avec les images des évangélisles fort grossièrement figurées. Mais l'ornementation du manuscrit tout entier est remarquable : au verso du premier feuillet, on voit une croix pattée avec les lettres A et Û, peinte en couleurs vives, et semblable à celle qui orne l'Antiphonaire de Léon; si je me souviens bien, on en voit également une semblable dans la Chronique des Rois d'Oviédo, appelée Codex Vigilanus, et conservée à l'Escurial. Cette croix, qu'on appelle la croix d'Oviédo, est à elle seule une marque d'origine. Au folio 2, un abaque, qui doit se lire : Maurus abbati librum Vimara presbiterfecit\ Au folio 3, une rose des vents fort curieuse, avec la croix pattée ; au verso, des images monstrueuses, au-dessous desquelles est écrit : Jkuannes ppsbs sci per. Folio 91 v° : Explicit Malacia propheta. Obsecro vos qui hec legeritis met Johannis peccatori meniinerilis, etc. Au folio 101, on lit un fragment, écrit d'une main un peu plus récente, de la vie de saint Froilan, évèque de Léon, puis, de la première main : Joannes d[i]ac[o]n[u]s scrp. Après l'Évangile de saint Jean (fol. 201 v°), on voit une longue peinture, plus que primitive, entourée d'une sorte d'entrelacs et comprenant quatre images intitulées : Maria ctim Gabriel — Maria cuM Jhesu — Ubi Jhesus inluminat cecum — Ubl Jhesus loquitur cum muliere Samaritana (en bas : puteum), et en face (fol. 202) une grande figure de toute la page, incroyablement grossière, représentant Maitkeus dans un cercle entouré de quatre rosaces. Autour du cercle est écrit : Joannes diaconus fecit et pinxit. Qui léger it or et pro peccatore si Christum habeas protectore et in omnibus adiutore, etc. Le texte qui suit est une sorte de commentaire sur les Évangiles'; il est interrompu par une image de saint Marc semblable à celle de Matthieu — • la tête de l'évangéliste repose sur un lion hideux — et par une figure de saint Luc, analogue à celle de saint Marc et entourée des mots : 0 leclor dum legis ora pro scriptore si Christum abeas protectore quando Dominum noster rogaberitis. Joannes dans fecit. Ce petit traité est suivi du traité d'Isidore de Séville : Incipit ortum et obituni apostoloriim..., et par des généalogies bibliques. Folio 217 : Explicit féliciter. Deo gracias. Obsecro vos, etc.

1. 3e transcris les 9 premières lettres, que je n'avais pas su lire, d'après une note du xviii^ siècle.

1. Commencement: Apis fabos de omaicjems Jloribus... Ce texte se retrouve dans le ms. Ji. N. 113.

HIST. DE LA VULGATE

Johannes diaconusscripsit. Qiiisquis quis legeril oret pro peccatore si Deum habeat protectorem. Après les Actes, on voit les canons de Priscillien, précédés du premhim sancli Peregrinl episcopi. En tète du sommaire de l'Épitre aux Romains, folio 233 v°, on lit : Obsecro qui hec legilis Vimarani peccatori meminerilis quando Dominum noslrum J/iesum C/iristum rogaberills. Enfin, au verso du dernier feuillet, dans un encadrement à entrelacs, de tons vert et rouge, on lit, en face d'un abaque effacé, la note suivante, rendue encore plus illisible parla couleur brune avec laquelle on paraît avoir voulu la faire revivre. Je la lis à Taide des anciennes transcriptions.

Sub Icjpi nomine complètes

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Plus bas, on distingue seulement le mot Félix.

Dans une description récente qui est écrite au commencement du volume, on lit que le manuscrit provient du monastère des saints Côme et Damien, dans le val de Torio. Le monastère d'Albarès est en effet, au témoignage de l'bistorien de Léon, Risco, le môme que celui des saints Côme et Damien. Ce couvent était situé sur le Torio, dans la vallée d'Abeliar, dans la banlieue de Léon. Si la date a été bien lue, le manuscrit est daté de l'an 920, et en effet l'an 6 du règne d'Ordoflo commence en 919. A ce moment, le monastère des saints Côme et Damien venait d'être fondé ; l'évèque Axila, son fondateur, s'y reposait dans la retraite \

Le Codex gothicus Legionensis, connu par les extraits de l'ancienne version qui sont copiés sur ses marges, n'est pas, comme le précédent, conservé à la catbédrale de Léon, mais dans les arcbives de la collégiale de San-Isidro. C'est une bible complète, dont l'ornementation présente un extrême intérêt. Il mérite, aussi bien que le premier manuscrit de Léon,

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