‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 30 sur 340 · Tailhan : reye nnslro · texte numérisé non relu

Tailhan : reye nnslro

A. Voyez Man. Hisco, dans Vl^spana sarjmf/a, t. XXXIV, 178i: .1. Tailhan. (hms le t. IV de.s Aoiirraur nir/diujrs du P. Cahier (KS77). p. 30G. Kn marge du fol. 3, on lit une note chiflrce, analogue à une autre note, tirée égalenienl d'tni nis. des SS. Cùme et Damien conservé à S. Isidro de Léon, qui a été deehillrée par Muùo/ y llivero {Pafeoyiajia vishjoda, 18SI, pi, xv).

LE CODEX GOTHICUS LEGIONENSIS. 19

d'être décrit avec quelque détail. Au premier feuillet, on voit Dieu, ou plutôt le Christ, entre les quatre évangélistes.

Folios 2 et suivants : In nomine D. N. J. C. incipit liber bihliotece in quo continentur libri sepluaginta duo e veteri et novo testamento quorum hec nolitia est.., (la table est écrite sous un double arc arabe). Suit la généalogie biblique, d'Adam à Jésus-Christ, avec de curieuses figures, puis, en belle capitale, dans un cadre à entrelacs :

Hec tuba terribilis mugit per competa mundi. . . Quisquis aiielaiitcr hic lectunis accesseris pro me Santio prsbro orare dignes forsan (sic) duitis {lisez : ut uitis) caream et ad omnium redemptorem sine confusione perueniam. Amen.

On remarque dans la Genèse l'image d'Adam et d'Eve vêtus de feuilles de vigne, et, parmi beaucoup d'autres images, une grande figure représentant le sacrifice d'isaac, avec la main divine et le bélier : Ubi Abraham obtulit filium suum holocaustum. Les canons des Évangiles sont sous des arcs arabes; en haut on voit les figures, assez grossièrement peintes, des quatre évangélistes. Les canons de Priscillien et le premium sancti Pèregrinl episcopi précèdent les Épîtres de saint Paul. Au troisième avantdernier feuillet, à la fin de l'Apocalypse, on lit :

Conscribtus est hic codex a notario Sanctioni preslDitero xiii idds Ils era DGCGGLXLYJiia', obtinente glorioso ac serenissimo principe Ordonio Oueto sublimis apicem regni, consulque eius Fredenando Gandesalbiz egregius comes in Castelia comitatui gerenti-, ObsecrO; etc.

Vera 998 correspond à l'an 960 de notre ère.

A l'avant-dernier feuillet se voit un remarquable et curieux ornement composé de deux arcs arabes en fer à cheval renversés et surmontés d'une pomme de pin. A l'entour sont peintes quatre figures; celles d'en bas portent les noms : Florentins confessor, Sanctius presbyter; puis on lit : Incipit prologus beati Hisidori Sp. in libro sedeca prophetarum... Les nombreuses citations de l'ancienne version latine qui sont en marge ne sont pas de la première main; elles paraissent pourtant à peu près contemporaines. Elles intéressent les Rois, les Chroniques et le livre de Job; il y a quelques variantes en marge de Josué, des Juges et du Psautier, qui est « hébraïque ». Tobie et Judith sont représentés par un texte ancien. Comme on l'a vu par la mention d'Ordofio II, ce manuscrit est léonais ; nous verrons tout à l'heure qu'il était au xii® siècle à San-Isidro.

Le manuscrit 2,2 de la cathédrale de Tolède nous retiendra moins

1. Je lis ainsi, d'après le P. Tailhan et d'après M. Béer (Schepss, PriscilUaims, p. xxxin), au lieu de dcccclxvui*, leçon d'Egurèn.

2. Voyez une note analogue à C3lle-ci et datée de 95 i dans Arevalo, S. Isidori opéra, t. II, p. 66.

longtemps. C'est le deuxième volume d'une bible qui en comptait sans doute (piatre. 11 commence avec Josué et s'arrête au verset 1 du Psaume Lxxvu ; l'écriture paraît du xi° siècle. Le Psautier est a hébraïque ». En marge du livre de Job, on remarque un grand nombre de variantes tirées de la première révision de saint Jérôme, faite d'après les LXX.

Le manuscrit A. 2 de la bibliothèque nationale de Madrid paraît également du xf siècle. En tète, trois feuillets contiennent les généalogies (le la l)ible; ils sont ornés d'arcs arabes et de cercles espagnols. Au verso du folio 1 est écrite une note du xvi'^ siècle, relative à l'incendie d'un couvent voisin de Snragosse, arrivé en 1494 : il ne faut qu'un coup d'œil dans VEspana sagrada de Florez pour reconnaître le couvent de San-Juan de la Peùa. Le manuscrit s'étend de la Genèse à l'Ecclésiastique; le Psautier est c( hébraïque »; les derniers mots sont ceux-ci : IncipH prologus beati Esidori Spalensis arpi i/i libro sedecim prophetarum ad cxplanandum. Nous avons déjà rencontré ce prologue dans la bible de San-Isidro de Léon.

Les manuscrits qui précèdent sont tous des manuscrits visigoths, reconnaissables à leur écriture caractéristique. Ceux qui vont suivre montrent au contraire l'écriture moderne ou française, qui a succédé en Espagne, vers le milieu du xi® siècle, à l'écriture visigothique.

On conserve au Museo arqueologico de Madrid une bible entière, écrite au xii^ siècle d'une écriture française dont certaines particularités sont néanmoins espagnoles. Sur le dernier feuillet, on lit, d'une écriture du xiY® siècle :

Ista biblia est capituli canonicorum ecclesie Oscensis, dulciflui Jliesu Kazareni, gloriosissime domine nostre Marie uirginis pli nati titiilo dccorate. Qnicumque inde ipsam aliciiauerit cum Datan et Abiron ad ima desceiidat Auerni, iiite luiiiis caduce [ms. : cadua) laberinto lablli consumato. Amsii. Bone Jliesu Christe, hec scribenti pariterque legenti fac, te semper amemus ardenter. Amen. Matili. xi'' : Amen dico uobis, id est fideliter et ueraciter.

Sur les pages blanches, on a écrit de nombreuses chartes et bulles, relatives à Iluesca; elles ont été étudiées par P. Ewald. J'ai à peine besoin de rappeler qu'Huesca est située au nord du royaume d'Aragon, sur le versant des Pyrénées. Parmi les curiosités que présente le texte de cette bible, je me borne à rappeler que les livres de Tobie et de Judith y figurent d'après une ancienne version.

La troisième bible d'Alcalà, conservée sous les numéros 33 et 3i à l'Université centrale de Madrid, est écrite en Espagne d'une écriture française qui paraît du xii*' au xiii'^ siècle. On n'en connaît pas la provenance. Le manuscrit est mutilé, il s'étend sur toute la Bible. On y voit les canons de Priscillien, incomplets. Le texte parait faire double emi)h)i avec h\ deuxième bible d'Alcalà.

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