Voyez Villa-Amil et le Journal of PJiifofo(/y, U. II
2. Fachnn est in d/c/nts jitdfcis juf/icuni, fada csl faniis in Icrra... Fin: David aufem (jcnvif Safonioncni .
3. F° 231 : Scciinhtr fiOri liisdcm Esdrc (erlius et quarhis... Liber terfius. Anno tricesimo raine civilatis earvm (sic) in liafritone ego Saladel qui et Ksdra. (IV EsDRAs, iii-xiv)... 23G v°:... siciit preccpif niici Dominus. LH)er Eadrc prophète qnarlus. Eccc loquere (IV Esdu., xy-\yi et i-ii)... a Domino Deo cidisti.
LE CODEK COMI'LUTRNSIS. 23
plus d'une fois sur les remarquables morceaux qui viennent d'être énumérés : ils sont importants tour à tour comme textes excellents de la Vulgate ou comme témoins des anciennes versions ; nous en retrouverons une grande partie dans le manuscrit 11553 de la Bibliothèque nationale (ancien n" 15 de Saint-Germain), mais moins complets et avec des variantes innombrables. Pour le moment je me borne à montrer, dans une note relative au passage II Mach., xii, 46, relatif à l'intercession pour les morts, la fdiation des divers textes des Machabées et leur altération '. Les Evangiles représentent la Vulgate, mais dans un texte mêlé. L'Épître aux Laodicéens suit l'Épître aux Hébreux, tandis que dans les autres manuscrits espagnols elle est placée après l'Épître aux Colossiens. Le texte des Épîtres catholiques est celui des manuscrits espagnols, mais avec une part d'éléments individuels, et celui des Actes présente des leçons qui ne se trouvent pas ailleurs. Après l'Apocalypse on lit un deuxième exemplaire du livre de Ruth, cette fois d'après la Vulgate; l'écriture de ce texte paraît semblable à celle du reste du manuscrit.
Nous avons dit que notre manuscrit provient de Tolède. Il ne sera pas sans intérêt d'ajouter que la grande et belle bible d'Avila, écrite au commencement du xiu^ siècle, et qui est conservée à la bibliothèque natio-
^ 1. Le célèbre passage II Mach., xii, 46, nous montre plusieurs traditions mélangées, sous Tinfluence incessante de la pensée dogmatique, ou plutôt de la doctrine de la prière pour les morts.
I. La première série de textes est le groupe des versions anciennes ; il se rattache directement au texte grec du Codex Vaticanus (B) :
ConipP. :... Sancta et salubris ex:ocjitatio. Ideoque exorabat pro mortuis illls qui peccaberaiit, ut a peccato solverentur .
Lyon 3ô6 : ... e^ salubris excocjitatio . Ideoque pro defunctis exorabat ut peccato solverentur .
Ambr. E. 2G inf.: ...et sanctani cogitationem. Uade pro mortuis exorare ut absolvereutur a peccato.
Metz 7*: Sancta ergo et salubris cogitatio. Pro defunctis exorabat ut a peccato solveretitur .
II. Le texte suivant, espagnol d'origine, reproduit le texte grec de Lucien le martyr: Leg\ aem. B. N. 93. 11505 : Sancta ergo et salubri cogitatione pro defunctis exorabat (leg^. œm. : exorat).^ ut a peccato solverentur {= B. N. G; var. . exorare).
III. La tradition des bons textes de la Vulgate est différente :
Am. cav. Mordr. Théod. B. N. 1. 2. 3. vall. 11533**. Genève l*. Berne A. 9 : Sancta ergo et salubris cogitatio pro defunctis exorare, lit a peccato solverentur.
IV. Le plus grand nombre des mss. espagnols flottent entre ces trois textes.
Toi. : Sancta ergo et salubris cogitatione pro defunctis cogitare, ut peccatis solverentur.
Leg-. compl- : Sancta ergo et salubris cogitatio pro defunctis cogitare, ut a peccatis solverentur [leg- : id pecc. solberenlur)
Ose* : Sancta ergo et salubris cogitatio pro defunctis exorare, ut a peccatis solvantur (2® m. : vel cogitare... solverentur).
V. Enfin les textes du xiii® siècle et la Vulgate actuelle, précédés par le ms. B. N. 94 (ix'^-x® siècle), font une règle de foi et un principe général de ce qui n'était qu'un éloge accordé à la pratique du Machabée :
Sancta ergo et salubris est cogitatio pro defunctis exorare, ut a peccato solvantur (Le ms. Bodl. auct. E. inf. 2*, du xii® siècle, occupe une position intermédiaire:... est cogitatio... ut a peccato solverentur).
nale de Madrid (E. R. 8), contient, au milieu d'un texte tout différent, le IV*' livre d'Esdras, dans un texte entièrement semblable à celui du manuscrit d'Alcalâ, et paraissant copié sur lui. Celte remarque confirme assurément l'origine castillane de notre manuscrit.
La bible en quatre volumes du maréchal de Noailles (Bibliothèque nationale, lat. 6) se distingue encore plus que la bible d'Alcalâ des autres manuscrits espagnols. Elle paraît remonter au x** siècle, mais elle n'est pas écrite en écriture visigothique. Le manuscrit de Noailles est, en effet, moins espagnol que catalan ; il provient de l'abbaye de Rosas, située sur la côte de Catalogne. Au folio 39 du tome III, on voit, sur un feuillet qui était resté en blanc, le facsimilc, très exactement fait au xii® siècle, d'un privilège d'Innocent II, daté du 5 décembre 1130, en faveur de l'abbaye de Saint-Pierre de Rodis. Les quatre volumes sont ornés de curieux dessins à la plume, en partie relevés de couleurs pâles. Ce remarquable monument de l'ancien art catalan mériterait une description. Nous nous bornerons à mentionner, dans l'illustration de la Genèse, l'abîme, figure noire et terrible, qui porte les poissons et les oiseaux de mer dans ses flancs; en tête de Jonas, la culuc[unta] Jone; dans les Machabées, la belle scène de ba'.aille oij figurent des éléphants portant de hautes tours. Le texte des premiers livres présente peu d'intérêt. Le tome II commence par le Prologus galeatus des Rois, suivi des imots : Incipit iitriusque leslamenli brevis collcctio a bealo ïsidoro episcopo édita. Le Psautier gallican est précédé des Dicta sancti Agustini de virtutilms Psalmorum; il est terminé par les Cantiques de la Rible et séparé du Psautier hébraïque par VExplanalio Florentii Gregorii de titnlis Psalmorum. Le vjlume III montre, en tête de chaque prophète, Vargumentum beali Isidori de ortu et obi tu ejusdem prophetx. Le chapitre xii du livre d'Esther, dont le texte est conforme à la Vulgate, est suivi de ces mots :
Hucusque prscmium. Que precedunt vol sequi debuerant in eo loco posita eraiit ubi scripta eraiit in volumine : nec ab illis direpta est substancia eorum, que in vulgata aeditione non reperiuntur, sedex hebraica veritate translata sunt. Explicit liber yEster.
En effet, les chapitres xiii-xvi ne sont pas copiés. Les livres d'Esdras et de Néhémie sont suivis de la « confession d'Esdras » (IV Esdr., vin, :20- 36). Le livre de Job est divisé en 35 a livres » et en 5 ou 0 parties; il est suivi du livre d'Esther, copié une seconde fois, également d'après la Vulgate, mais jusqu'à la fin. Puis on lit, au folio 120 v% en capitales, par lignes alternativement rouges et noires, la note que voici :
Hucusque completum est uetus testamentum id est omnes cannonicas scripturas. (juod fiunt libri xx". IIII°^ quas Iraiislull ego hieronimus prosbitor do hîubraica ueiitate. et in ialinuni eus uerli sennononi. sunnno studio, sunnuiupio cura per diuersos codiccs oberrans cediciones peiquisiui. et in ununi eollcxi cor-
Lx\. BIBLE DE ROSAS. 25
pus. et scribens transfiidi. fecique pandectem. Cetere uero scripturse quae non sunt cannonicic. set dicuntur œcclesiaslicie iste sunt. id est liber iuditli. tobias. libri machabeorum [en haut : ii"). sapiecia quaî dicitur salomonis. et liber ihesu filii syrach. Explicit in nomine patris. et filii. et spiritus sancti. Amen.
Nous retrouverons cette note dans le manuscrit de Saint-Germain (B. N. 11553), déjà mentionné'. Les livres de Tobie et de Judith sont reproduits deux fois, d'abord d'après la Vulgate, puis d'après une traduction ancienne, identique au texte que nous trouvons dans le manuscrit B. N. 11553, plusieurs fois nommé, ainsi que dans les bibles d'Alcalâ et de Huesca. Le texte du Nouveau Testament, qui occupe le tome IV, est une Vulgate ordinaire. Je fais exception pour le livre des Actes. Le texte de ce livre est encore la Vulgate, mais on y rencontre, dans le texte ou sur les marges, les leçons et les interpolations les plus originales. Du commencement du chapitre xi au verset 8 du chapitre xii, c'est purement un texte ancien, et du plus vif intérêt. Ce texte, qui fait évidemment partie de ceux qu'on appelle c( européens », présente plus d'une ressemblance avec celui des autres manuscrits espagnols, car le livre des Actes, aussi bien que les Épîtres catholiques, est particulièrement mêlé dans les textes expagnols. Il a surtout pour nous cet intérêt, que nous, en retrouverons plus tard un grand nombre de leçons dans les manuscrits copiés en Languedoc, ainsi que dans les traductions faites dans les idiomes du midi de la France. Le texte de la deuxième main, au contraire, pré.sente des ressemblances toutes particulières avec celui du Codex Laudianus{e). La deuxième main semble donc représenter plutôt un texte <.( italien». Nous nous en étonnerons d'autant moins, que le Codex Laudlanus paraît copié en Sardaigne, c'est-à-dire presque en face des côtes de Catalogne.
Ainsi nous avons pu déterminer deux groupes de textes espagnols. L'un et l'autre paraissent dériver du texte du Codex Tolelamis, qui, malgré son nom, nous ramène à Séville, le siège de saint Isidore, le centre de la civilisation romaine en Espagne. Le plus nombreux de nos deux groupes de textes a son centre dans le royaume de Léon, cette forteresse de la résistance aux Arabes, et il étend son influence sur la haute vallée de rEbre\ Le nom de l'évêque d'Avilâ, cher aux Espagnols malgré sa condamnation comme hérétique, figure en une place d'honneur dans toutes ces bibles. Mais, en touchant à l'Aragon et aux frontières de la Catalogne, le texte visigoth contracte des relations avec une autre recension que nous trouvons
1. Voyez J. Wordsworth, Old-lathi biblical texts, P. I, p. x.
2. C'est encore au haut cours de TÈbre qu'appartenait une bible qui était sans doute de la même famille et qu'Egurén a vue à TEscurial [Memoria, p. 45). Je Ty ai cherchée en vain. Elle contenait en marge des notes tirées de la collation avec les « LXX », avec Théodotion (« T ») et avec le grec (« gr. »). Elle portait à la fin la note suivante: Dedicata fuit cccicsia S. M. ValÂis Venariœ (Valvenera, 0. S. B.) a domino Roderico Calagurrilano cpiscopo sub era mccxxi (1183)... régnante rege Alfonso in Toleto et in tota Castella.
établie au ix'' siècle en Castille et au x'en Catalogne, et qui a déjà franchi bientôt la barrière des Pyrénées. Les manuscrits qui le contiennent sont plus particulièrement remplis du souvenir de saint Isidore de Séville. Il est inutile de montrer que le grand archev(3que n'en est pas l'éditeur, du moins sous la forme actuelle, car ce sont des découpures de ses livres qui en ont fourni les éléments*. J'ai laissé entrevoir, et je démontrerai dans la suite, que le texte catalan était entré en France dès le règne de Gharlemagne, et qu'au xm^ siècle il se retrouve dans les manuscrits languedociens. Quant au texte que nous appelons léonais, et qui fut à proprement parler le texte du royaume des Visigoths, nous le retrouverons, dès le VII® siècle, sur les bords de la Loire. C'est dire qu'il est beaucoup plus ancien que les manuscrits visigoths qui nous le conservent, et que nous étions en droit de classer les bibles espagnoles, malgré leur date récente, parmi les plus anciens textes de la Bible latine.