Deux mss., à tort : Christus
Canon xxxv : Quia, Cfuum carnibus et vino aliqui abstineant, nec judicari ah aliis debeant, nec ipsi alios judicare. . .
Canon xxxmi : Quia per beatam voluntariam pauperlatem, justi radicem iiialorum omnium avariliam respuant. . .
Quel est l'évêque, du nom de Peregrinus, auquel nous devons la recension orthodoxe de cette œuvre d'un hérétique? Nous ne le rencontrons sur aucune des listes d'évèques espagnols que nous possédons. Mais le nom de Peregrinus nous apparaît encore à deux endroits dans les bibles espagnoles. Un certain nombre de ces manuscrits, suivis par beaucoup d'autres ', mettent en tète des Proverbes une préface qui commence par les mots : Très libidos Salomonis, et finit par ceux-ci : Et ideo, qui legis, semper Peregrini mémento. En outre, la prière, commençant par Obsecro, qui suit la signature et la date dans la bible de San-Isidro, se termine ainsi : Et Peregrini f[iatres\ o karissimi mémento. L'homme dont la signature se rencontre en trois endroits de la môme bible ne paraît pas fort loin d'en être l'éditeur.
Peregrinus, l'éditeur probable d'une partie au moins de notre texte, ne serait-il pas un auteur pseudonyme? Nous serions d'autant plus porté à l'admettre, que nous retrouvons, dans deux manuscrits espagnols, le verbe peregrinari interpolé, avec une sorte de recherche, au commencement de l'Épître de saint Jacques-. Or nous connaissons (et c'est M. Schepss qui en a rappelé le nom) un auteur ecclésiastique qu'on a tout lieu de croire espagnol, qui a vécu au v® siècle, et qui semble avoir recherché le surnom de peregrinus : il s'agit de Bachiarius. Son livre de Fide se rencontre d'une manière remarquable avec plusieurs des traités de Priscillien. Pèlerin, voyageur et exilé pour sa conscience, il paraît s'être fait une gloire de son exil e-t un titre du nom « d'étranger ». Le mot àe peregrinatio se rencontre trois fois dans les neuf lignes que lui consacre Gennadius. Il aimait à s'appliquer le mot du Psaume xxxviii, v. 13 : Peregrinus ego sum, sicut omnes patres mei\ Ne serait-il pas permis de chercher en lui l'éditeur de la Vulgate et le continuateur orthodoxe de Priscillien? Celte hypothèse, nous l'avouons, n'est pas pour nous déplaire. Peut-être est-elle pourtant trop spécieuse. Quoi qu'il en soit, nous rencontrerons plus tard encore le nom de Peregrinus. Chose étrange, ce sera dans un manuscrit irlandais, le saint Jean de la collection Stowe. Mais nous pouvons considérer comme admis à la science que Peregrinus, ou l'auteur qui se cache sous ce nom, est l'éditeur de la recension espagnole des livres saints.