Ms. Cotton. Vesp. A
3. Voyez la Vie de Wilfrid, par Eadde, ch. xvi (Mabillon, .1.1. SS. 0. S. B., s. IV, I, p. 552).
LE CODEX AMIATINUS. 37
giles, écrits en lettres d'or sur pourpre, de la collection Ilamilton*. L'hypothèse de M. Wattenbach ne sera soutenue par personne qui ait vu le manuscrit de près, et M. Quaritch, qui a été quelque temps le possesseur de ce précieux document, a pris les devants sur la critique en l'attribuant aux premières années du règne de Charlemagne, donnant ainsi un bel exemple d'honnêteté scientifique et de désintéressement. C'est d'une bien autre découverte qu'il nous faut parler. Nous pourrons le faire brièvement, car elle est du domaine public.
Des fondations du siège d'York dans le Northumberland, aucune n'exerça une plus puissante influence que les deux abbayes sœurs de Wearmouth et de Jarrow. Le siège de Rome les dirigeait sans intermédiaire. Bède, qui avait été élevé à Jarrow, a consacré un livre tout entier aux voyages des abbés des deux monastères unis au tombeau des Apôtres. Parmi les trésors que Benoît Biscop et Ceolfrid rapportent à chaque fois de Rome, la Bible occupe toujours le premier rang. Cette Bible est la Vulgate, et néanmoins Ceolfrid avait également rapporté de Rome un exemplaire complet de l'ancienne traduction. Aussitôt après les premiers voyages des abbés de Jarrow et de Wearmouth à Rome, nous trouvons dans le Northumberland tout un groupe de manuscrits qui tiennent ensemble par beaucoup de caractères. L'un d'entre eux est le meilleur et le plus célèbre des manuscrits de la Bible latine, le Codex Amiatinus, aujourd'hui conservé, chacun le sait, à Florence.
C'est au commandeur de Rossi qu'est dû ce que M. Delisle a pu appeler «une découverte paléographique de premier ordre 5>. Depuis cent ans, la science s'obstinait, malgré les avertissements de quelques critiques qui n'étaient pas écoutés, à placer le Codex Amiatinus en l'an 541 environ et à l'attribuer à un certain Servandus, qui a laissé des traces de son passage au Mont-Cassin en cette année. Par une véritable divination, M. de Rossi a lu le nom de Ceolfrid sous le grattage de l'inscription effacée, et quelques mois après, à la grande confusion de tous ceux qui étudient la Vulgate et l'Histoire d'Angleterre, M. Hort nous montrait, dans un texte qui a été imprimé deux fois et qui est dans toutes les mains, dans la Vie anonyme de Ceolfrid, la dédicace du Codex Amiatinus :
Corpus ad eximii merito venerabile Pétri,
Quem caput ecclesioe dedicat alta fides, Ceolfridus, ÀDglorum extremis de fmibus abbas,
Devoti affectus pignora mitto mei....
Ne dites pas qu'il importe peu à l'histoire de la Vulgate, et que le Codex Amiatinus, rapporté à Rome en 716 par les serviteurs de Ceolfrid, n'était que la copie d'un autre manuscrit qu'il avait lui-même apporté de Rome : double voyage d'un texte qui retourne à son lieu d'origine. Le Codex