‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 46 sur 340 · Dubliu, Triiiitij Collège. A · texte numérisé non relu

Dubliu, Triiiitij Collège. A

Luc, verset 15, où on lit : Jn alio sic : Uemisi eum ad vos. Nam remisi vos ad illiim. On voit que la glose a été mise avant le texte. Il ne faut cependant pas croire que toutes ces leçons doubles soient propres au Codex Kenanensis. Ce n'est pas seulement le manuscrit de Kells où l'on rencontre des répétitions et des traductions doubles, ce sont en général les textes mêlés, et si j'ai insisté sur les doublets du Book of Kells, c'est que j'y trouverai tout à l'heure l'occasion d'un rapprochement intéressant avec l'un des manuscrits français les plus importants.

Le deuxième manuscrit d'Ussher ' est, comme les précédents, un texte mélangé, mais beaucoup plus rapproché de l'ancienne version, et où l'on rencontre un grand nombre de leçons purement irlandaises. Une de ses leçons (Matth., xxi, 29-31) ne se retrouve que dans le manuscrit de Rushvvorth et dans les manuscrits espagnols', et a conservé un texte très remarquable, qui est celui du manuscrit grec du Vatican (B). L'écriture ne paraît pas beaucoup plus ancienne que le x® siècle. Ce manuscrit n'est pas le premier et ne sera pas le dernier manuscrit irlandais qui nous amènera à tourner nos regards vers l'Espagne.

Le Stowe S. John faisait autrefois partie de la collection d'Ashbuniham-Place; acquis par le gouvernement britannique, il a été déposé par son ordre dans la bibliothèque de Royal Irish Academy. L'Évangile selon saint Jean, qui occupe les feuillets 1-11 du volume, n'a rien de commun avec le célèbre Missel Stowe, auquel il est accolé. Il appartenait à une église du Munster, peut-être à celle de Lothra, au comté de Tipperary. C'est un texte irlandais assez remarquable, mais qui n'est pas très ancien. Ce qu'il a à nos yeux de plus intéressant, c'est la note qui suit l'Evangile, au folio 11 :

Rogo quicumque hune librum legeris ut raemineris mei peccatoris scriptoris i[d est]' (ici un mot en écriture ogamique qui doit se hre sonid ou dinos^) peregrinus. Amen. Sanus sit qui scripsit et oui scriptam est. Amen.

Que signifie le nom de Sonid et quel rapport a-t-il avec le mot ou le nom de peregrinus ? Sonid est sans doute le nom du copiste. M. Wh. Stokes, et après lui le Rév. Mac-Carthy, ont pensé que ce nom était la traduction de sanus. M. d'Arbois de Jubainville, au contraire, veut bien m'assurer que ce nom ne peut signifier que « celui qui possède à fond l'art de tuer les gens ». Le professeur J. Rhys, d'Oxford, consulté également

Page 1