‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 6 sur 340 · XVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVIII PRÉFACE

bords de la Loire vers les plaines du nord. Leur texte est de basse époque el sans caractère, et tel qu'il convenait à des temps déjà éloignés de la réforme d'Alcuin. Après eux, Tépoque carolingienne n'a rien produit qui mérite l'attention. Le siècle de plomb a succédé au siècle qu'avait inauguré le couronnement de Charlemagne. Seuls, les bords du Rhin et les contrées voisines ont conservé le secret de l'art décoratif. Saint-Gall etReichenau d'abord, puis Cologne, Trêves et Bamberg ont produit, au dixième siècle et au commencement du onzième, des chefs-d'œuvre de calligraphie et de peinture. Mais ce n'est plus là notre sujet.

Notre étude est le premier travail dans lequel l'histoire de la Vulgate soit présentée avec suite et avec quelque ensemble. Nous avons pourtant été précédé, dans ces recherches, par beaucoup d'hommes considérables et d'excellents auteurs. Au moyen âge, ce sont Roger Bacon et sa pléiade et, avec des vues moins élevées, Hugues de Saint- Gher et les dominicains de Paris ; au xv!** siècle, il faut nommer Robert Estienne et le cardinal Antoine Carafa ; plus tard, Richard Simon, le P. Le Long, le cardinal Tommasi, Martianay, Vallarsi, Joseph Bianchini et surtout Pierre Sabatier et Richard Bentley. Eu ce siècle, nous nous rangeons à la suite de Tischendorf, d'Ernest Ranke, du P. Vercellone, de l'évêque Westcott et de M. Frilzsche, ces deux derniers auteurs d'excellents traités relatifs à notre sujet, de feu P. de Lagarde, de M. de Rossi, de M. Thompson, de M. Hort, le savant modeste et distingué qui vient d'être enlevé à notre amitié, du regretté évêque Reeves, du P. Denifle, de M. Delisle enfin, à qui il appartenait de traiter ce sujet et qui ne saurait y avoir renoncé. Deux ouvrages, parus en ces derniers temps, méritent de notre part une mention particulière. Le premier est le Nouveau Testament d'après la Vulgate, publié avec toutes les ressources de l'érudition et de la critique par l'évoque de Salisbury, M. J. Wordsworth, assisté de M. White. Le premier fascicule de cetle excellente édition, bientôt suivi de deux autres, a paru en 1889. Je me sens trop ra|)proché, par une respectueuse amitié, des auteurs de ce livre, pour pouvoir dire tout le bien que je pense de leur œuvre. L'étude du Codex aureus de Trêves, Die Trierer Ada-Handschrift, est également datée (le 1889. Sous les apparences d'une monographie, ce luxueux ou-

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vrage nous donne tous les éléments d'une histoire de la Bible au temps des Carolingiens. Un groupe nombreux d'hommes de science s'est associé pour cette publication, qui est, au point de vue artistique, un véritable chef-d'œuvre. J'aurai plus d'une fois à me prononcer dans un antre sens que les auteurs de ce livre, mais je tiens à dire que je leur dois une très grande part de ce que cette étude peut contenir de véi'ité. C'est en particulier à M. Corssen, l'auteur de la dissertation sur le texte des manuscrits, que s'adressent mes remerciements. Je n'ose penser aux lacunes qu'aurait présentées mon travail, si je n'avais eu son livre sous les yeux. Si nous différons quelquefois dans nos conclusions, il importe assez peu. Ce qui est à considérer, en une science aussi obscure et aussi nouvelle, c'est la bonne méthode et la sincérité du travail.

L'étude qui s'achève en ce moment a été préparée par des recherches longues et étendues ; en la terminant, j'en sens bien vivement les lacunes. J'ai vu le plus grand nombre des manuscrits dont je parle. Je n'ai pu étudier par moi-même ceux qui sont à Rome, et dont quelques-uns comptent parmi les plus importants, mais les descriptions et les collations extrêmement détaillées qu'en donnent les auteurs m'ont permis d'en avoir une connaissance suffisante ; en outre, des savants et des amis tels que l'évêque de Salisbury, le R. P. Denifle et M. White m'ont ouvert le trésor de leurs collations ou ont bien voulu augmenter les miennes au prix de bien des travaux. L'Angleterre et l'Irlande, qui sont la patrie de tant de beaux manuscrits, ont naturellement été la terre promise de mes recherches. Au Musée Britannique, à la Bodléienne, à Cambridge, à Dublin, à Durham, j'ai éprouvé plus d'une fois l'accueil amical des savants qui s'appellent Thompson, iNeubauer, Madan, Magnusson, Abbott et Greenwell. J'ai connu l'hospitalité anglaise, et il m'est doux de penser que c'est à un commun amour pour la Bible que je dois les heures passées dans l'enclos de Sarum età Auckland-Castle. A Saint- Gall, M. Idtensohn, qui vient de mourir, m'a reçu comme il aimait à recevoir ceux qu'attirait sa précieuse bibliothèque. Je dois rappeler également les services que j'ai reçus de beaucoup de bibhothécaires de la Suisse, de l'Allemagne et de l'Italie, de M. Th. Dufour, de M: Fritzsche et du R. P. Gabriel Meier, d'Einsiedeln, de M. Sieber, dont le nom restera, à côté de celui de Bradshaw, parmi ceux des

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