Voyez G. Schmidt, Histoire des Cathares, t. II, p
4. En tête du ms. B. N. 13152 (170 niillim. sur 120, xiii*'-xiv® siècle), on lit trois feuillets d'une summa brevis contra maaicheos palerinos et hereticos et circa passaginos et circumcisos et contra multos altos hereticos. A la fin du ms. B. N. 174 (190 millim. sur 135, xiv® siècle), on lit également, f° 181 v°, une summa contra he- 7'eticos et maniceos. Ce ms, paraît avoir appartenu à un franciscain prédicateur de TAragon.
Bibliothèque nationale 343, Nouveau Testament paraissant écrit au commencement du xiii*' siècle d'une écriture méridionale.
Bibliothèque nationale 341, manuscrit du Nouveau Testament, paraissant écrit dans le midi de la France vers la fin du xiii® siècle. 11 était en 1479 en Vénétie.
Les manuscrits qui viennent eiisuite sont un peu moins anciens que le plus grand nombre de ceux qui précèdent ; ils ne remontent pas plus haut que la seconde moitié du xiii® siècle. Ce sont des bibles complètes, et dont le texte a, du moins pour la forme, subi Tinfluence des textes parisiens. En effet, ils ont tous, marquée de la première main, la division en chapitres qui est encore aujourd'hui celle de la Vulgate ; néanmoins, pour le Nouveau Testament, leur texte est resté languedocien. Ces manuscrits sont les suivants :
Bibliothèque nationale 11932, bible copiée entre le xiii" et le xiv^ siècle, d'une écriture méridionale ou plutôt languedocienne. Une partie est peut-être écrite par un Italien. Cette bible appartenait en l'an 1600 à un chanoine de Rodez.
Bibliothèque nationale 16262, bible du xiii^ siècle, manuscrit français mais non parisien, provenant de la Sorbonne à laquelle il avait été légué par maître Robert Bernard de Normandie.
Il faut rapprocher de ces deux manuscrits celui qui est bien connu sous le nom de Codex Demidovianus. C'est une bible qui appartenait à la fin du siècle dernier à Paul Demidof Gregorovitch; elle provenait de la maison professe des jésuites de Lyon. Le texte du Nouveau Testament a été publié de 1782 à 1788 par C.-F. Mattliaei et Tischendorf en a donné la collation partielle dans son editio VJII critica major. Matthaei datait le manuscrit du XII® ou du xiii° siècle, mais, comme les chapitres modernes y sont marqués de la première main, il ne doit pas être antérieur au milieu du xiii® siècle.
La Bohême, rendez-vous des textes curieux et inusités, nous a légué un manuscrit du Nouveau Testament, copié sur papier au commencement du xv" siècle et qui reproduit un texte semblable au texte languedocien. Il est conservé à la bibliothèque comtale du château de Wernigerode, dans le Ilarz, propriété des comtes de Stolberg. Le manuscrit porte de nombreuses notes interlinéaires en tchèque ; une note, écrite de la même main qui a ajouté en tète la table des leçons, relate une famine arrivée en Bohème en 1-433 et 1434, l'année où « les frères » de Prague assiégèrent Pilsen.
11 n'y a guère lieu de douter que ce texte dépaysé n'ait été copié en Bohème sur un manuscrit méridional apporté par un Cathare ou plutôt par un Vaudois.
Les bénédictins citent quelquefois un manuscrit qui a disparu aujourd'hui et qui paraît avoir eu tous les caractères dos textes languedociens. Il appartenait à l'ahbaye de Saint-André d'Avignon, dont les murs for-
tifiés se dressent, dans Villeneuve, en face du château des papes'. Une collation de quelques passages de ce manuscrit, due à D. Estiennot, se trouve à la Bibliothèque nationale.
On trouverait sans doute, dans les régions voisines du Languedoc, un grand nombre de manuscrits qui, sans reproduire le pur texte languedocien, en ont néanmoins recueilli beaucoup de leçons. J'en puis citer quelques-uns, provenant de Lyon, de Vienne, d'Avignon et de Marseille.
B. N. 202 (xiii^-xiv® siècle, relié aux armes de Pierre de Villars, archevêque et comte de Vienne); Lyon 330 (xiii^-xiv^ siècle), seconde main ; 331 (même date); 333 (même date); 338 (du couvent des Augustins de La Voulte, même époque — ce ms. présente une ressemblance frappante avec le n° 330, auquel du reste le ms. 331 ressemble à d'autres titres); 345 (xiii" siècle); 347 (même date; des missionnaires de Saint-Joseph de Lyon); Marseille 250 (xiii® siècle, des frères mineurs); Avignon 80 (xiv® siècle; des célestins — ce ms. présente certaines ressemblances avec le précédent et avec les mss. 330 et 338 de Lyon '). Tous ces manuscrits ont certainement été écrits dans le midi de la France. Ce sont les documents de la fusion du texte languedocien avec le texte de Paris : ils marquent la fin de l'histoire des textes du Languedoc.
Je donnerai, dans une note, quelques-unes des leçons caractéristiques du texte languedocien. Je les cherche plutôt encore dans les versions provençales que dans les manuscrits latins, et je n'ai garde de négliger la bible allemande qui, comme on le sait, forme famille avec les textes languedociens \ Au reste, le présent chapitre sera, pour ainsi dire, continué dans celui qui sera consacré à la Bible de Théodulfe \ Je n'insiste pas sur
1 . Martianay, Remarques sur la version italique de l'évangile de saint Matthieu, Paris, 1695, p. xlvii; Calmet, Commentaire.
2. Dans les mss. Avignon, 80, Lyon 331 et Marseille 250, Osée est précédé d'nn texte commençant ainsi : Régule sunt hee (Mars. : hec) suh quibus significationibus... Dans les mss. Avignon 80, Lyon 330 et 338, l'argument des Romains commence ainsi : Quoniam (pour Romani) sunt qui ex Judeis...
3. Sur la Bible allemande, et en particulier sur la question du Codex Teplensis, voyez la belle publication de M. W. Walther: Die deutsche Bibelabersetzung des Mittelalters , Brunswick. 1889-1892, in-4°, et (^om^diX'QiXdi Revue historique, i. XXX, p. 167; t. XXXII, p. 184 (1886). et t. XLV (1891), p. 148.
4. Matth., XVIII, 15 : 342*. 16262. ms. provençal fr. 2425. vaud. : Aspicieas Jhesus in discipulos suos dixit Simoni Petro. — xx, 28 : 342*. 343. 11932. 16262. S. André, ms. prov. de Lyon : Vos autem queritis de pusillo crescere et de magnis majores esse. Intrantes autem ad cenam nolite, etc. — Marc, viii, 28: 11932. vaud.: Hieremiam . — Luc, ii. 33: 342. Lyon 333. ms. prov. de Lyon. fr. 2425. vaud. tepl.: Joseph et Maria mater ejus. — ix, 43, à la fin : 342*. 343. 11932. ms. prov. de Lyon. tepl. : Dixit Petrus: Domine quare nos non potuimus eicere illum? Quibus dixit: Quia hujusmodi genus nisi in orationibus et jejuniis non eicitur. — xviii, 28, à la fin : 343. 11932. 16262. fr. 2425. vaud. tepl.: Quid ergo erit nobis? — xxiii, 53, à la fin: Lyon 331**. fr. 2425. tepl.: Et jussit Pilatus tradi corpus ejus. — Jean, xiii, 24, après ei : 321**. 342*. 313. 11932. 16262. ms. prov. de Lyon : Interroga (343 : int. eum). — Ib., 25 : 343. 1 1932. tepl. : qui tradet te? — Act., iv, 8 : 321**. 342. 343. 16262. versions provençales, tepl. : seniores domus Israël. — vu, 24: 341. ms. prov. de Lyon**, vaud. : percussoque
HIST. DE LA. VULGATE. 6
les doublets dont sont remplis nos textes. Ils prouvent qu'en réalité ce sont des textes mêlés, résultat d'une compilation, et cette remarque, il faut le dire, diminue leur autorité et peut-être leur antiquité. Mais les leçons qui sont ainsi entrées en composition n'en sont que plus anciennes. Un texte ancien dispersé dans des manuscrits récents, tel est le texte languedocien.
cgyptio abscondit sabulo. — viii, 4, à la fin : 321. 3i2*. 343. 11932. Wernig. ms. proY. de Lyon. vaud. tepl. (cf. fr. 2426): circa (om. 342*) cioitates et castella Judée. — Ib., 38, à la tin: 202. 321. 3i3*. fr. 2425. tepl.: Spiritus sanctus cecidit svper eunuclmm. — ix, 7: 202. 321. 342*. 343. 11932: vidente.<i qui loquerelur et ait ad illos: Levate me de terra (cf. h). — x, 21 : 202. 321**. 342. 343. 11932. 162G2. ms. prov. de Lyon, tepl.: viros qui missi erant a Cornelio. — là., 26: 321. 342*. 1G262. ms. prov. de Lyon. vaud. tepl*.: qnid facis?... sicut tu. Devm adora (321* om. B. ad.). — xi, 1. à la fin : B. N. 6. 202. 321. 342*. 343. 11932, 1G262. ras. prov. de Lyon. fr. 2425. version catalane, tepl.: et magnificabant Deum (202: honorif. B.; 6. 321* om. et m. B.). Petrus igitur post multiim temporis voluit ire Jherosolymam et convocans fratres et confirmans (1G262: eos) egressus est copiosuin quoque verbum Jaciens per regiones docens eos (cf. œm. leg'.osc). — Ib., 27, à la fin : 342*. 343. 11932. 162G2. ms. prov. de Lyon. vaud. tepl.: eratque magna exultatio (342*. 1G262: ex. m.) congregalis Qiobis {cï. B. N. 6. 321). — xv, 2, à la fin: 202 (après a(/y. illos). 342*. 343. 11932. ms. prov. de Lyon. tepl. : Bicebat Paulus manere illos Haut credidcrunt. — Ib., 4, auprès Jerosolymam : 342. 343. 11932. 162G2: Paulus et Barnabas et qui cvm ïllis (342*. 11932: eis) erant. — xxvi, 32, à la fin: 321**. 341. 342* 343. 11932. 16262. Wernig. Lyon 347. Mars. 250. ms. prov. de Lyon, fr. 2425. tepl.: Sic judicavit itaque eum preses dimittere Cesari {nombreuses variantes — cf. h). — xxvin, 16, après Romam: 321. 342*. 343. 11932. ms. prov. de Lyon, tepl.: centurio tradidit vinctos prefecto. — Ib., 29 : 343 : Hec autem eo loque lit e iimnt Judei multas inter se habentes questiones (342*: habentes vel iiiquisiciones questionis; 16262: questiones habentes vel inquisitiones; 202: habentes questiones vel inquisicionem). — Ib., 30, à la fin : 202. 321. 343. tepl.: et disputabat cum Judeis et Grecis. — Rom., i, 17, âpvès scriptum est: 342. 313. 11932. fr. 2425 : in Abacuch. — Ib. : 342. 343. ms. prov. de Lyon: Justus autem meus ex fide mea vivet. — Ib., 29-31: 341: munnuratores , susurrones, bilingues... insipientes, sibi placentes ; 342*: malicia cordis, ^fornicatione, inpudicitia, avaritia, nequitia, ociosifate... helafos, inurmurafores, sibi placentes {nombreuses variantes). — iv, 18: 343 : Qui cum spem non haberet generandi credidit omnia posse Beum; 321**. 342*. 11932. 162G2, le ms. prov. de Lyon, fr. 2425 et tepl* . ajoutent en doublet les mêmes mots, un peu variés, en tête du v. 18. — I Cor., vi, 6, à la fin: 341. 342. 343. 11932. 1G262. Lyon 333. ms. prov. de Lyon. fr. 2425. tepl.: et non apud sanclos. — x, 17, à la fin: 342. 343. Wernig. fr. 2425. vaud. tepl.:unum corpus Christi .^umus. — II Cor., i, 23: 343. fr. 2425: cohoperatores et adjutores; 342* : vel cohoperatores adjulores (autres variantes). — vm, 18: 341. Lyon 333: Lucam fratrem (Lyon: Liicham/.); 342*. 343. 11932. 16262. ms. prov. de Lyon. fr. 2\1b'. fratrem nostrum Lucham. — Ib., 22, après Jraf rem noslrum: 341. 342* 11932. 'l6262. Lyon 330**. fr. 2425. tepl. : Apollô; y^uû.-. Timolio. — Col., i, 19: 312*. 343. ms. prov. de Lyon: plcniludinem divinilatis inhabilare corporaliter . — I Pierre, i, 20, après conslitulionem : 342*. 343. fr. 2425 : Ipse ergo et precognitus est et accepit gloriam quod Deus Verbum scmper pnssed/t sine inicio manens cum pâtre {toi. rof"'». B. N. 6. 321* : qui et precognitus est ante constitutionem mundi et novissimo tempore natus et passus est, etc.).