‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 74 sur 340 · Anciens textes des Évangiles · texte numérisé non relu

Anciens textes des Évangiles

Les manuscrits des Évangiles que nous allons passer en revue sont en partie très anciens par eux-mêmes et tous sont anciens par leur texte. La diversité en est extrême. Les textes des Évangiles usités en France avant l'époque de Charlemagne et qui, naturellement, se sont copiés assez longtemps après lui, comprennent toutes les variétés, depuis les purs textes (( européens » jusqu'à de bonnes Yulgates. Nous avons à peine à mentionner ici les manuscrits des versions anciennes. Le Codex Corbeiensis {p — B. N. 17225) et l'autre manuscrit de Corbie, texte mêlé de saint Matthieu qui est aujourd'hui à Saint-Pétersbourg (Bibliothèque impériale, Ov. 3 — ff^) en fourniraient les meilleurs types. Mais ce n'est pas notre sujet.

Tout auprès des textes anciens, nous devons placer un tout petit manuscrit qui est un de nos textes les mieux datés localement, le saint Jean de la cathédrale de Chartres (B. N. 10439). Il a été trouvé dans la châsse qui contenait la Sainte Chemise '. Ainsi, de même que le saint Jean de Stonyhurst a été enfermé, à ce que l'on assure, dans la châsse de saint Cuthbert, c'est également le quatrième Évangile qui a été choisi pour accompagner la relique miraculeuse qui était le palladium des Chartrains. Le volume était enfermé dans la Sainte Châsse au moins depuis le xi"' siècle, car la châsse avait été faite par un certain Teudo, qui travailla à la restauration de la cathédrale entre 1020 et 1037 ^ L'écriture est une onciale du viii® siècle ; le copiste a signé de son nom : Mavinws (les trois lettres en italique ne sont pas certaines). Le texte est inégal : au commencement, c'est un texte ancien, peut-être « européen » ou plutôt « italien » ^ ; depuis la fin du chapitre vi, il représente une Yulgate

1. La sainte Châsse fut ouverte le 13 mars 1712 par W^ de Mérinville. Le procèsverbal d'ouverture contient ces mots : Inclusa etiam in eadenï capsa reperimus... libellum ex membranis pergamenis quarum aliquse pufredine vifiatse suiif et aliquœ dissolutse, in quo Ubello legitur manu exaratum Evangelium S. Joannis, etc. (L. Merlet, Histoire des relations des Hurons et des Abanaquis du Canada avec N.-D. de Chartres. Chartres, 1858, p. 7G).

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