‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 91 sur 340 · Ar?n**. B. N. 6**. 202. 17250**. tepl · texte numérisé non relu

Ar?n**. B. N. 6**. 202. 17250**. tepl

geuse, car, dans le manuscrit de Wernigerode, nous la trouvons au milieu du verset 26 : et terminas hahilationis dédit hominibus eorum. Il est donc établi que le seul livre de la bible de Corbie qui montre des leçons espagnoles en une proportion appréciable ne les a reçues que par interpolation. Il en est sans doute ainsi des rares leçons de même nature que nous avons trouvées éparses dans le reste de la Bible. L'analogie du livre de Baruch avec le texte de Théodulfe, en particulier, doit nous faire penser que ce livre ne se trouvait pas dans l'original de notre manuscrit, et que le copiste l'a emprunté à quelque manuscrit méridional.

En somme, le texte de la bible de Corbie n'est nullement un texte espagnol. Le peu qu'il a d'éléments espagnols lui vient du dehors, et les soudures s'en voient encore. C'est par là que les textes de Corbie se distinguent de ceux de Saint-Denis et de Saint-Riquier.

Je ne dirai qu'un mot des sommaires de notre manuscrit. Ils sont, pour la plus grande partie, identiques à ceux de la deuxième bible de Charles le Chauve. Les sommaires des livres des Rois présentent une ressemblance toute particulière avec ceux qui se voient dans un autre manuscrit de Corbie, écrit au x^ siècle, B. N. H94G, et ceci est une raison de plus de penser que notre manuscrit a été copié à Corbie même '. Quant à la deuxième bible de Charles le Chauve, nous serons plus tard dans le cas de nous rappeler qu'il en a été fait mention à propos d'un manuscrit du nord de la France.

Le manuscrit 1190 de la bibliothèque impériale de Vienne a été regardé longtemps comme un monument daté de la calligraphie de l'abbaye de Saint-Vaast d'Arras. On y voyait, en effet, avec le nom de Radon, qui fut abbé de Saint-Vaast de 795 à 815 environ, la mention de l'incendie qui détruisit le couvent sous son administration. Aujourd'hui la critique conteste cette attribution. Nous devons donc l'examiner de près et considérer si elle doit être conservée ou rejetée.

Le manuscrit [présente tous les caractères de la paléographie du nord de la France. La date qu'on lui donne, aux environs de l'an 800, pourrait lui convenir; il paraît en effet dater du commencement du ix® siècle.

En tète (fol. 16 v°), après 15 feuillets formant un cahier à part et qui contiennent en particulier le Psautier gallican et les quatre premiers des cantiques de l'Ancien Testament, on lit deux poèmes d'Alcuin :

Li capite hibliotechœ ab Alcuino editi .

In hoc quinque hbri retineiitur codice Moysis... Dum primus pulcliro fuerat homo pulsus ab horto...

1. Si notre ms. a été écrit à Corbie. la chronique qui raccompajîne'a été copiée sur un DIS. (les États de Lottiaire.

Page 1