‹ Histoire des champignons comestibles et vénéneuxChapitre 118 sur 171 · Desv. Fl. de l’Anjou, p. 12. — Agaricus colubrinus · texte numérisé non relu

Desv. Fl. de l’Anjou, p. 12. — Agaricus colubrinus

Pers. Syn. 25S.

Cette espèce a quelque ressemblance avec la précédente, mais elle est infiniment plus petite dans ses dimensions. Le pédicule est long de trois ou quatre pouces, cylindrique, cotonneux, roussâtre, rarement tubéreux à la base; il porte quelques fragments d’une membrane légère qui couvrait les feuillets à leur naissance. Le chapeau est campanule ou de forme ovoïde, blanchâtre, parsemé de taches d’un rouge bistré, large de deux ou trois pouces, quelquefois crénelé ou lobé en ses bords. Ses lames sont blanches, libres et inégales.

On trouve cet agaric, en été et en automne, dans les endroits sombres et humides des bois. Il est d’une consistance molle, d’une odeur peu agréable; il passe pour vénéneux. On lui a donné le nom de coulemelle d'eau. On pourrait confondre l’agaric élevé avec celui-ci ; mais il faut remarquer que le premier a un collier mobile très-marqué , un parfum et une saveur de bon champignon , tandis que le second n’a rien d’agréable , et conserve à peine quelques vestiges d’un collier fugace.

Au reste, les botanistes ne sont nullement d’accord sur

les qualités de ce champignon : les uns disent qu’il est excellent, d’autres prétendent qu’il est très-vénéneux. Nous en avons mangé deux fois une petite quantité, et la digestion s’en est faite sans aucun trouble.

AGARIC DES TRONCS. AGARICUS CAUDICINUS.

Agaricus caudicinus . Pers. Syn. 271. Trattin. Fung. àustr. t. 7. — Agaricus mutalilis. Schæff. Fung. t. 9.

On distingue cette espèce à son chapeau de forme convexe, mamelonné, glabre, large d’environ trois pouces , d’un brun fauve, doublé de feuillets nombreux, un peudécurrents, de couleur ferrugineuse ; à son pédicule d’un jaune brun , fistuleux, hérissé d 'écailles, et muni d’un petit anneau fugace. Elle croît par groupes , en automne, sur les troncs d’arbres ou sur les vieilles souches.

On mange ce champignon en Allemagne, surtout en Bavière et en Autriche; mais il faut observer que l’espèce suivante lui ressemble , et passe généralement pour vénéneuse.

AGARIC ANNULAIRE. AGARICUS ANNULARIUS.

Agaricus annularius. Bull. t. 377. DC. FI. Fr. 548. — Agaricus polymyces. Pers. Syn. 269. — Agaricus melleus. Fl. Dan. t. 1015. Chev. Fl. Par. 1. p. 150. — Agaricus congrcgatus. Bolt. Fung. t. 140. — Agaricus slipilis. Sowerb. Fung. t. 10J.

L’agaric annulaire croît par groupes, formés quelquefois de vingt à trente individus réunis par le pied. On le rencontre , en automne , dans les forêts à terre ou tout auprès des vieux troncs.

Son chapeau, d’abord convexe, se déprime en vieillis-

sant. Il est large de deux à trois pouces, d’une couleur orangée ou fauve, taché vers le centre de très-petites écailles noirâtres. Les feuillets sont inégaux, d’un blanc jaunâtre, un peu décurrents. Le pédicule est long de quatre à cinq pouces, fibreux, cylindrique, glabre, quelquefois pelucheux, muni d’un anneau entier et redressé.

Il est peu de champignons aussi communs dans nos bois. On le rencontre aussi sur les grandes routes au pied des ormes. J’ai quelquefois compté jusqu’à soixante individus réunis en touffe. Quelques botanistes le regardent comme une variété de l’espèce précédente; mais il doit en être séparé et former une espèce particulière. Il en diffère par les écailles poilues du chapeau, par son collier très-distinct, redressé en forme de godet , et surtout par ses propriétés vénéneuses. Il a une odeur fade, désagréable, une saveur styptique, inhérente au gosier. Administré aux animaux, il a causé l’inflammation du canal alimentaire, et la mort.

AGARIC DU SUREAU. AGARICUS SAMBUCINUS.

Agaricus sambucimts . Cord. Champ, p. 199. — Agaricus albo ru fus. Pers. Champ, p. 191.

Ce champignon, que le docteur T hore nous a fait connaître, porte un chapeau toujours mamelonné, lisse, d’un blanc roux, large de trois pouces. Les feuillets sont trèsi décurrents, d’abord blanchâtres, roux dans leur vieillesse.

! Le pédicule est grêle * lisse , blanc , cylindrique , un peu courbé à sa base.

On le trouve aux environs de Dax, au printemps et en 1 automne, par groupes très-nombreux au pied des sureaux. On l’appelle vulgairement safiuquere , aloumères. Il a une

saveur douce, une odeur fort agréable, et il est très-recherché par quelques amateurs de champignons.

AGARIC ATTÉNUÉ. AGARICUS ATTENUATUS.

Agaricus altenualus. DC. Fl. Fr. suppl. 547.

Son pédicule est aminci à la base, et s’évase insensiblement jusqu’au sommet; il est long de deux à quatre pouces, quelquefois central, quelquefois excentrique, épais de deux lignes à sa base, de six à neuf au sommet, plus ou moins courbé, blanchâtre, plein, muni d’un collier rabattu. Les feuillets sont d’un brun fauve , inégaux , adhérents au pédicule, décurrents du grand côté quand le pédicule est excentrique, rentrant de toutes parts quand il est central. Le chapeau est convexe, charnu, sec, d’un blanc sale ou roussâtre.

Il croît en octobre sur les vieux troncs de saule. Suivant M. Decandolle, qui a le premier décrit exactement ce champignon , c’est un de ceux qu’on mange aux environs de Montpellier, sous le nom àepivoulade.

Micheli (Gen. plant.) indique une foule d’autres espèces qui paraissent appartenir à la même section , et qui sont presque toutes usuelles en Toscane ; mais elles sont encore peu connues des naturalistes. Au reste, l’Italie est la terre c’assique des champignons comestibles , et le nombre de ceux qu’on apporte au marché de Florence est prodigieux.

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