AGARIC ROUGEATRE. AGARICUS RUBESCENS
Agaricus nibesccns. Cord. Champ, p. 209.
Cette espèce, plus grande que la précédente dans toutes ses parties , a néanmoins avec elle quelques traits de ressemblance. Elle a un pédicule bulbeux à sa base, presque cylindrique dans le reste de son étendue , haut de quatre à
cinq pouces, d’un rouge pourpre, plus foncé à la partie inférieure , où l’on aperçoit à peine quelques vestiges du vol va. Ce pédicule est couvert dans sa longueur de petites peluchures , et pourvu d’un anneau large , épais et coloré. Le chapeau, d’abord convexe, s’évase ensuite, et acquiert environ quatre pouces d’étendue ; il est d’un rouge tirant sur le fauve ou d’un rouge pourpre , d’une nuance plus foncée vers le centre , taché de quelques écailles ordinairement aplaties. Les feuillets sont nombreux, larges, inégaux et d’un blanc de neige. La chair du chapeau est cassante , blanche intérieurement , rougeâtre à sa superficie.
On rencontre ce champignon dans les parties peu ombragées des bois , en été et en automne ; il est ordinairement solitaire. Suivant M. Cordier, on en fait une grande consommation en Lorraine , et particulièrement dans le département de la Meuse, sous le nom vulgaire de golmelle ou golmotte vraie. Il est essentiel de ne pas le confondre avec l’espèce précédente, qui est un poison.
AGARIC SOLITAIRE. AGARICUS SOLITARIUS.
Jgaricus solitarius. Bull. t. 10 et 595. DC. Fl. Fr. 560.
C’est une grande et belle espèce qu’on trouve presque toujours solitaire dans les bois couverts , en été et en automne.
Elle a un chapeau ordinairement très-ample , presque plane , avec un léger enfoncement au milieu , d’un bistre pâle , blanchâtre sur les bords , taché d’écailles proéminentes , épaisses , de la même couleur. Les feuillets sont blancs , très-larges et inégaux en longueur. Le pédicule
est droit, plein, épais, tuberculeux ou écailleux à la base, haut de six à huit pouces, pourvu d’un collier blanc, large, rabattu et comme plissé.
Ce champignon a une chair blanche , ferme , d’un goût exquis selon Bulliard. On le mange cuit sur le gril avec du beurre frais et du sel.
AGARIC BLANC FAUVE. AGARICUS FULVO-ALDICANS. N.
(PL 21, Fig. 1.)
C’est encore une belle et rare amanite dont aucun ouvrage n’offre la description exacte. Elle a quelques traits de ressemblance avec la précédente ; mais elle en diffère sous plusieurs rapports.
Son chapeau est orbiculaire , convexe , large de quatre à six pouces , d’un blanc fauve sur les bords , qui sont légèrement striés , d’une teinte plus foncée vers le centre , parsemé d’écaiiles plus ou moins larges , aplaties et roussâtres. Les feuillets sont larges, inégaux, blancs, recouverts en naissant d’une membrane de couleur rosée qui se déchire à mesure que le chapeau s’évase , et forme ensuite autour du pédicule un anneau large, légèrement denté sur les bords. Le pédicule est long de quatre à six pouces, d’un blanc rougeâtre , épais , écailleux et renflé à sa base , plus mince et marqué de petites lignes purpurines à son sommet.
Elle croît , en août et septembre , dans les lieux ombragés des bois. Je l’ai observée dans les bois de Porchefontaine, de Jouy, de Chevreuse, et dans la forêt de Marcoussis. Sa chair est blanche, ferme, cassante, d’un goût et d’une odeur qui n’ont rien de désagréable. Toutefois,
comme elle est voisine de quelques espèces très-pernicieuses, nous n’oserions pas en conseiller l’usage.
AGARIC CENDRÉ. AGARICUS CINEREUS. N.
(PI. 21, Fig. 2 et 3.)
Les ouvrages les plus récents ne font pas non plus mention de cette jolie espèce qui s’élève à la hauteur de trois ou quatre pouces sur une tige d’un blanc de neige , cylindrique, médiocrement épaisse, presque égale dans toute sa longueur, excepté à sa base, où elle se termine par une sorte de bulbe. Son chapeau est large d’environ trois pouces , arrondi , convexe , d’un blanc grisâtre ou cendré sur les bords , qui sont finement striés , d’une couleur brune et comme fuligineuse vers le centre , moucheté çà et là de pellicules blanches , les unes arrondies , les autres anguleuses. Les lames sont d’un blanc pur, très-nombreuses , inégales en longueur, et revêtues en naissant d’une membrane légère, blanche, transparente, qui se détache peu à peu à mesure que le chapeau s’évase pour retomber en forme de collerette vers le milieu de la tige.
C’est dans les terres légères , un peu sablonneuses , qu’on rencontre ce champignon , dont le port est très-élégant. Il se plaît surtout dans les lieux qui ne sont pas très -couverts, sur les pelouses un peu arides, sur la lisière des bois. Je l’ai trouvé dans les bois de Montmorency et dans la forêt de Saint-Germain. Il abonde dans les bois de Verneuil , dans la forêt de Loches (Indre-et-Loire). Sa chair, blanche, un peu friable, a un goût de moisi qui me fait suspecter ses qualités alimentaires.