‹ Histoire des champignons comestibles et vénéneuxChapitre 124 sur 171 · ORONGES A LA MILANAISE · texte numérisé non relu

ORONGES A LA MILANAISE

Vous épluchez et lavez vos oronges. Vous les coupez par fragments , et vous les passez à la casserole avec clu beurre, de l’huile , des fines herbes et de l’ail.

Lorsque les oronges sont cuites , vous ajoutez une suffisante quantité de consommé. Vous laissez mijoter sur un feu doux , et vous versez le tout sur des tranches de pain. C’est ce qu’on appelle à Milan ovoli in zuppetta, oronges en potage.

ORONGES A l’italienne.

Vous faites cuire les oronges avec du beurre et un peu de sel. Lorsqu’elles sont cuites, vous les servez avec une sauce composée d’amandes douces , d’ail , de gros poivre , d’huile et de jus de citron. Cette espèce de moutarde blanche avait assaisonné les oronges d’un prélat célèbre sous le règne de Napoléon.

Le cardinal Caprara aimait les oronges en homme friand. On lui en expédiait de Gênes dans de petits barils d’huile ; mais elles avaient perdu une partie de leur parfum. On lui apprend qu’il y en a de fraîches dans les bois de Fontainebleau. Son éminence dépêche bien vite vers la forêt son cuisinier, qui trouve de fort beaux champignons sous un groupe de pins. Il les prépare avec une sauce à l’italienne, et il les sert au cardinal.

A l’aspect de ce ragoût, son éminence se croit à Rome, et son œil brille de béatitude. Mais, ô douleur! c’était la fausse-oronge. Ses funestes effets ne se firent pas longtemps attendre. L’art vint au secours du cardinal, et lui sauva la vie.

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