‹ Histoire des champignons comestibles et vénéneuxChapitre 129 sur 171 · Ô HISTOIRE DES CHAMPIGNONS · texte numérisé non relu

Ô HISTOIRE DES CHAMPIGNONS

malheureuse ressemblance a donné lieu à de nombreux empoisonnements .

Elle est blanche dans toutes ses parties , enveloppée à sa naissance d’un volva de la même couleur. Son chapeau est légèrement convexe , large de deux à quatre pouces , d’un blanc mat , souvent taché par quelques fragments du volva , et quelquefois un tant soit peu teint de jaune vers le centre. Les lames, toujours blanches, sont recouvertes en naissant d’une membrane légère qui se détache ensuite et reste adhérente autour du pédicule , où elle forme un collier mince, assez large. Le pédicule est plein, cylindrique , bulbeux à sa base , haut de trois à six pouces.

Les dimensions de cet agaric sont très-variables suivant les lieux où il croît; il est ordinairement d’une jolie forme et d’une couleur propre à séduire ceux qui connaissent peu les champignons. On l’a souvent pris pour le champignon de couche ou des prairies , et surtout pour la variété connue sous le nom de boule de neige , laquelle croît également dans les bois. Voici les caractères essentiels qui distinguent ces deux espèces différentes. Le champignon des prairies n’a point de volva, tandis que cette membrane laisse toujours quelques traces sur le chapeau ou à la base du pédicule de l’agaric vénéneux. Le premier a la surface sèche ; on peut le peler aisément; il a d’ailleurs une saveur agréable et une odeur aromatique qui ressemble un peu à celle du cerfeuil . Le second a la surface un peu humide ; la peau adhère fortement à la chair et ne peut s’enlever. Il exhale une odeur désagréable , vireuse , et sa saveur, d’abord peu sensible , devient ensuite très-âcre*. Les feuillets du

* Cette espèce , suivant Paulet, a l’odeur du champignon ordinaire. Nous pouvons affirmer que c'est une erreur. Tous les individus que nous avons observés,

Comestibles èt vénéneux.

champignon comestible sont d’un blanc rosé ou d’un violet tendre ; ceux de l’espèce vénéneuse sont constamment blancs. Ce dernier caractère est si évident, si palpable , qu’il est impossible avec un peu d’attention de confondre ces deux espèces.

Les trois espèces que nous venons de décrire , et que plusieurs botanistes regardent comme des variétés de l’agaric bulbeux de Bulliard, sont très-remarquables par leurs qualités nuisibles ; elles contiennent , ainsi que la fausseoronge , une matière grasse très-délétère.

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