‹ Histoire des champignons comestibles et vénéneuxChapitre 138 sur 171 · LYCOPERDON CISELÉ. LYCOPERDON GÆLATUM · texte numérisé non relu

LYCOPERDON CISELÉ. LYCOPERDON GÆLATUM

Lycoperdon cœlatum. Bull. t. 430. DC. Fl. Fr. 715. — Lycoperdon bovista. Pers. Syn. 141. — Lycoperdon gemmatum.

Schæff. Fung. t. 189.

Ce lycoperdon , un peu moins volumineux que le précédent , tient fortement au sol par une large touffe de fibres radicales. Il est sessile, rétréci à sa base, arrondi au sommet, blanchâtre ou un peu roux, ordinairement ciselé par des tubercules élargis à leur base, ou crevassé par de petits carreaux polygones. Sa chair, d’abord blanche , ensuite cendrée ou un peu jaunâtre, se convertit en une masse pulvérulente qui s’échappe par le sommet du péridium.

Il croît, en été et en automne, dans les bois peu couverts et sur les pelouses. On le rencontre fréquemment par un temps pluvieux. Préparé convenablement , il peut servir aux mêmes usages que l’amadou ordinaire.

SCLÉRODERME. SCLERODERMA.

Péridium coriace , lisse ou raboteux extérieurement , charnu , spongieux , pulvérulent à l’intérieur. Graines agglomérées , de couleur pourpre ou brune , entrelacées de filaments peu nombreux.

SCLÉRODERME VERRUQUEUX. SCLERODERMA VERRUCOSUM .

Scleroderma verrucosum . Pers. Syn. 154. Chev. Fl. Par. 558. — Lycoperdon verrucosum. Bull. Champ, t. 24. DC, Fl. Fr. 715.

On distingue aisément cette espèce à la forme arrondie de son péridium ; à sa racine composée d’appendices nombreux réunis en larges touffes , et dont le collet est profondément sillonné ou plissé ; à sa surface jaunâtre ou fauve , quelquefois lisse , mais plus souvent toute couverte de verrues aplaties. Sa chair, d’abord blanche , prend une teinte bleuâtre, et devient ensuite d’un brun foncé. Le péridium est épais , ferme et persistant ; il offre çà et là de petites perforations d’où s’échappe par jets une poussière noirâtre, très-fine et inflammable.

Ce scléroderme est commun, en automne, dans les bois, dans les prés et dans les terrains sablonneux. D’après Vaillant , il est mortel pris intérieurement. Sa poussière irrite vivement les yeux et les narines.

SCLÉRODERME DES CERFS. SCLERODERMA CERVINUM.

Scleroderma cervinum. Pers. Syn. 156. — Scleroderma fui vum. Chev. Fl. Par. 1. p. 561. t. 10. f. 6. — Lycoperdon cervinum. Linn. Syst. veget. ed. 15. p. 1019. — Lycoperdon tuberosum. Mich. Gen. plant, t. 99. f. 4.

Ce champignon, entièrement dépourvu de racines, vient sous terre, et ressemble en quelque sorte à une truffe. Il est d’une forme arrondie ou oblongue , à peu près de la grosseur d’une noix. L’enveloppe corticale est dure , coriace, granuleuse, d'un jaune fauve; elle renferme une chair, d’abord compacte et d’un blanc rougeâtre, ensuite

pulvérulente , d’un brun noir, et mêlée de filaments floconneux.

On le trouve, en automne et en hiver, enfoui dans les terrains sablonneux, principalement dans les forêts de sapins, en France, en Italie, en Suisse et en Allemagne , où on lui donne le nom de truffe du cerf. Il exhale une odeur très- forte , comme spermatique. Bien que les bêtes fauves et surtout les cerfs recherchent avec avidité ce champignon, l’homme ne saurait en faire usage avec sécurité; son odeur presque virulente n’annonce point des qualités salubres. Au reste, on lui attribuait, il n’y a pas encore bien long-temps, une vertu aphrodisiaque, et quelques charlatans en composaient en Allemagne une teinture qu’ils vendaient au poids de l’or à quelques jeunes efféminés ou à quelques vieillards maniaques.

Tous ces détails mycologiques un peu monotones , tous ces faits d’empoisonnement racontés sur un ton lamentable vous fatiguent la tête , vous attristent ; voici un portrait de fantaisie qui vous déridera peut-être un peu le front.

Page 1