QUATRIÈME TRIBU
BOLÉTACÉES. BOLETACEÆ.
Champignons d’une substance charnue , coriace ou subéreuse , munis d’un hyménium poreux , formé de tubes
sporulifères. Chapeau de forme variée, pédicule ou sessile. Dans quelques espèces, l’hyménium est soudé avec le chapeau, et forme avec lui un corps presque homogène ; dans, d’autres, on peut l’en détacher facilement.
liYPODRYS. llYPODHYS.
Champignon charnu à pédicule latéral. Hyménium formé de tubes libres , cylindriques , renfermant les sporules.
HYPODRYS HÉPATIQUE. HYPODRYS HEPATICUS.
Bolctus hepalicus. DC. Fl. Fr. 297. Pers. Syn. 549. Schæff.
Fung. t. 116-120. — fiolelus buglossum Fl. Dan. t. 1039. —
Fistulina buglosso'ides. Bull. Champ, t. 464 et 497.
(PI. 2, Fig. 4.)
Ce champignon, à qui Solenander a donné le nom d hypodrys dans ses consultations de médecine , parce qu’il croît au pied des chênes , varie dans sa forme et ses dimensions ; il est charnu , mollasse , d’un rouge brun , plus ou moins lobé , sessile , ou fixé latéralement à un pédicule très-court. Sa face supérieure est d’abord parsemée de papilles, qui, vues à la loupe, se présentent sous la forme de rosettes pédicellées , et disparaissent avec l’âge. Les tubes qui recouvrent la face intérieure sont grêles , inégaux , séparés les uns des autres , blancs , puis jaunâtres et comme frangés à leur orifice ; ils répandent une grande quantité de sporules rousses.
On trouve l’hypodrys hépatique sur les vieilles souches, le plus souvent au pied des vieux chênes. Il est commun dans l’a forêt de Saint-Germain, non loin de Poissy, où je l’ai observé, plusieurs années de suite, vers la fin de sep-
tembre. Je l’ai également récolté dans les bois de Marly et de Yaucresson. On le désigne en France sous les noms de foie de bœuf, langue de bœuf, glu de chêne. En Toscane , on l’appelle lingua di castagno , rossa buona. Sa substance est épaisse , veinée , rougeâtre , d’un goût un peu acide , sans odeur déterminée ; elle ressemble à la chair fraîche des animaux ou à la pulpe de betterave cuite.
Par son volume et sa saveur agréable , ce champignon doit être mis au nombre des espèces alimentaires les plus utiles. Un seul individu peut fournir amplement de quoi faire un bon repas ; toutefois on recherche de préférence ceux qui ne sont pas trop développés, comme plus tendres et d’une digestion plus facile.
Après l’avoir épluché, lavé et bien essuyé, on le passe à l’eau bouillante , et on le fait cuire avec du beurre , du persil , de la ciboule , du poivre et du sel ; on ajoute ensuite des jaunes d’œufs. On le mange également cuit sous la cendre , et coupé par tranches , en y ajoutant une liaison.
A Vienne , en Autriche , on le mange coupé par petites tranches en guise de salade, avec la chicorée et la mâche. On le fait également cuire avec de la viande, et on y ajoute de la crème ou du suc de citron.