POLYPORE TUBÉRASTRE. POLYPORUS TUBERASTER
Polyporus esculentus. Mien. Gen. plant, p. 131. t. 71. f. 1. —
Tubercisler fungos ferens. Boccon. Mus. t. 500. Bat. Fung.
Arim. t. 24. — Bo'elus inber aster. Jacq. Collect. Austr.
suppl. t. 8 et 9.
Ce champignon, si renommé en Italie , croît aux environs de Naples , sur une espèce de tuf volcanique , trèsporeux , de nature argileuse et calcaire , qui lui sert pour ainsi dire de matrice.
Sa racine forte, tubéreuse, vivace, quelquefois d’un volume considérable , offre à sa superficie une matière blanchâtre, fongueuse, d’où s’élèvent presque en tout temps des champignons. On transporte d’un pays à l’autre cette racine , appelée vulgairement pierre à champignons , pieira fungaia, sans qu’elle perde sa faculté reproductive. On la place ordinairement dans un lieu chaud et humide , et , à l’aide de quelques arrosements, elle se couvre de champignons en très-peu de jours. A Naples et à Florence , on la tient dans les caves. On pourrait la conserver en France dans une serre tempérée.
Dans les premiers moments de leur naissance, ces champignons sont blanchâtres, finement peluchés el à peu près
semblables à des pousses d'asperge. Peu à peu le chapeau s'arrondit et prend une teinte fauve ou dorée; ensuite il s’évase en parasol , se creuse en entonnoir, et acquiert quelquefois huit à dix pouces d’étendue. Les pores sont blanchâtres, anguleux et décurrents. Le pédicule est un peu renflé à la base et au sommet , haut de quatre à cinq pouces , et d’une teinte flavescente.
Les amateurs de champignons cultivent avec soin , en Italie , cette espèce de polypore qui leur offre un mets des plus délicats. Sa substance est charnue , d’un goût et d’un parfum très-agréables. On peut l’apprêter comme les morilles ou le champignon de couche. A Naples , on le coupe par petites tranches qu’on fait cuire dans du lait, et frire ensuite au beurre ou à l’huile.
POLYPORE BLANCHATRE. POLYPORÜS OVIlYUS.
Boletus ovinns. Scheff. Fung. t. 121. — Boletus a!b>dus.
Pers. Syn\ 515.
Ce polypore a un chapeau blanchâtre , large d’environ trois pouces , glabre , convexe , légèrement déprimé dans le centre , un peu sinueux , d’une consistance charnue et fragile. Sa face inférieure est recouverte de pores fort petits , d’abord blanchâtres , ensuite d’un jaune dé citron. Le pédicule est blanc, court et cylindrique.
Il croît par groupes dans les bois de sapins , en Allemagne , où il est employé comme aliment.
POLYPORE DE CARINTHIE. POLYPORÜS CARlNTHIACÜS.
Boletus carinthiacus. Jacq. Collect. Austr. 1. p. 542 et 544.
— Boletus subsquamosus. Pers. Champ, p. 40.
Cette espèce se plaît également dans les forêts de sapins ; on la trouve en Suède et en Autriche , dans la Carinthie.
Son pédicule est blanchâtre , plein , cylindrique , légèrement renflé à sa base , quelquefois réticulé à son sommet. Son chapeau est d’un blanc de neige , inégal , lobé , sinué ; avec l’âge il prend la forme d’un entonnoir, et sa peau , qui est très-tendre, se déchire en petites écailles. Les pores sont blancs , petits , irréguliers.
Ce champignon , d’une substance compacte et charnue , n’a rien de malfaisant. On le mange dans la Carinthie sous le nom de herrenschwamm.
TOLYPORE OMBELLÉ. POLYPOMJS UMBELLATÜS.
Boletus umbellatus. Schæff. Fung. t. ni. Pers. Syn. 519. — Fungus umbellatus. Barrel. icon. 1269.
a. Boletus ramosissimus. Jacq. Fl. Austr. 2. t. 172.
D’une souche courte , épaisse , s’élèvent vingt à trente pédicules poreux , charnus , portant un nombre égal de chapeaux , larges d’un à deux pouces , en forme d’entonnoir, bistrés à leur face supérieure, blancs en dessous, presque disposés en ombelle.
Le bolet de Jacquin , qui paraît une variété de celui-ci , en diffère par ses chapeaux plus ramassés , moins grands , convexes , presque ombiliqués et d’une couleur brune.
On trouve ces deux espèces ou variétés en Allemagne ; elles ont toutes les qualités qui distinguent le polypore en bouquet et autres espèces alimentaires.
Si le groupe des polypores nous offre des espèces usuelles et d’une bonne qualité , on y trouve aussi des champignons vénéneux ou du moins suspects. Il faut en général se défier des polypores qui ont un pédicule latéral, et ne jamais faire usage des espèces dont la texture est très-coriace.