Pers. Champ, p. 234. Desv. Fl. Anj
(PI. 9, Fig. 1 et 2.)
Ce beau champignon se montre en automne sur la lisière des bois ou dans les bruyères. Il croît abondamment dans les bois de Sainte-Geneviève , de Meudon , de Gonart , de Satory, de Ville-d’Avray, etc. Il est très-reconnaissable à son chapeau orbiculaire , bombé , ordinairement très-ample , de couleur orangée ou fauve , quelquefois d’un rouge brun ou d’un roux très-tendre , doublé de tubes allonges , très-fins, d’un blanc matou de couleur paille à leur orifice; il son pédicule élevé, blanchâtre, couvert de petites écailles rousses , quelquefois très-épais , quelquefois renflé au milieu ou d’une grosseur égale , excepté au sommet, où il est un peu plus mince.
On lui donne vulgairement les noms de roussile , gyrole rouge , etc. Sa chair est blanche , parfois d’une teinte rosée, un peu visqueuse , surtout après les grandes pluies. Au reste , il n’a rien de malfaisant , et, malgré le témoignage défavorable de Bulliard, on peut le manger sans crainte , ainsi que l’espèce précédente, ayant soin d’employer de préférence les jeunes individus dont la substance est plus ferme et plus savoureuse. Paulet dit lui avoir trouvé un goût d’oronge. Lorsque les ceps sont rares , j’en fais également usage; mais quelle différence entre la délicieuse oronge et ce champignon d’une qualité assez médiocre! On l’apprête d’ailleurs comme les ceps ; mais comme il a peu de parfum , il faut en relever le goût en ajoutant de la
muscade râpée ou autre substance aromatique. L’huile d’olive et une- pointe d’ail le rendent aussi plus sapide.
BOLET GROUPÉ. LOLETUS CIRCINANS.
Uolelus circinans. Pers. Syn. 50d. Chev. FI. Par. 1. p. 264. — Boletus grcimilatus. Linn. Spec. 1647.
Ce bolet a un chapeau d’un jaune fauve , charnu , convexe , large de trois à quatre pouces et un peu visqueux. Les tubes, recouverts en naissant d’une membrane épaisse, sont anguleux , un peu granuleux à leur orifice , et d’une couleur jaunâtre , ainsi que le pédicule; celui-ci est court, épais, un peu aminci vers sa base , et parsemé à sa partie supérieure de petites écailles noirâtres , plus ou moins apparentes.
On trouve ce champignon en automne , dans les pâturages ombragés , et surtout dans les bois de pins , où plusieurs individus se réunissent et forment une espèce de cercle. M. Chevallier l’a observé autour du Plessis-Piquet., et M. Persoon , sous les pins de Trianon. Je l’ai retrouvé moi-même plusieurs années de suite au petit Trianon , et toujours à peu près à la même place. Je l'ai également observé sur les gazons de Bagatelle , à l’ombre des pins. Sa chair est molle , d’un blanc jaunâtre , d’une saveur fade, d’une odeur qui n’annonce pas un champignon salubre. Je n’en conseille point l’usage.