AGARIC LACTAIRE DORÉ. AGARICUS LACT1FLUUS AUREUS
Jgaricus laclifluus aureus. Pers. Champ, p. 220. — slgarlcus lacl i fl mis ruber . Trattlv. Fung. austr. t. 15.
Ce champignon est connu dans les Vosges sous le nom Vulgaire de vache , à cause du suc laiteux qu’il répand , et, en Italie, sous le nom de latlajnolo dolce. Il a un cha-
COMESTIBLES ET VÉNÉNEUX, peau large de trois à quatre pouces , d’abord globuleux , ensuite légèrement déprimé , mais toujours un peu mamelonné au centre, rougeâtre ou d’un brun orangé. Les feuillets sont jaunâtres , inégaux , un peu écartés les uns des autres. Le pédicule est épais , cylindrique , blanchâtre ou d’une couleur de chair nuancée de brun. Il croît , en été , dans les friches et sur les pelouses.
La chair de cette plante est fine et délicate. Aussitôt qu’on l’entame, elle donne une liqueur très-douce et abondante qui invite à en faire usage ; aussi est-elle très-recherchée dans les Vosges, dans le département de la Meuse, en Autriche et en Bavière. On la mange à Vienne , cuite avec de la crème ou du beurre , et assaisonnée avec du sel et des fines herbes.
Ce champignon a quelque ressemblance avec Yagaricus lactifluus de Linné. Suivant Plenck , celui-ci , d’une texture un peu ferme , acquiert par la cuisson un goût très-agréable. Il est très-gélatineux , très-nutritif , mais un peu difficile à digérer. On le mange en Allemagne, assaisonné avec du beurre et du persil. (Bromatologia, p. 83.)
Mais le même auteur dit, dans sa Toxicologie , qu’un autre agaric , dont la couleur et la forme sont à peu près les mêmes., est très- mal faisant ; c’est Yagaricus venenaius de Krapf, qui ne diffère du premier que par lacreté de son suc laiteux.
Une femme qui en avait fait usage eut de violents vomissements , et resta languissante pendant une année. Elle était tombée dans le marasme, et son état paraissait désespéré lorsqu’il survint des sueurs copieuses qui produisirent une crise favorable. Une autre femme et sa fille, ayant mangé des mêmes champignons assaisonnés avec de l’huile,
du vinaigre et du poivre, éprouvèrent l’une et l’autre des vomissements et des douleurs déchirantes dans les entrailles. La fille mourut , et la mère courut les plus grands risques.