AGARIC EN DEMI-GLOBE . AGARICUS SEMI-G LOUATES
Jgaricus semi-globalus. Pers. Syn. 407. Bull. Champ, t. 566.
f. 4. Sowerb. Fung. t. 248. — Jgaricus glulinosus. Curt,
Fl. Lond. t. 69.
Cette espèce a un chapeau charnu , hémisphérique , un peu visqueux et d’une couleur jaunâtre. Les lames sont adhérentes au pédicule , très-larges , horizontales , noirâtres ou nébuleuses. Le pédicule est allongé , blanc ou jaunâtre , muni d’un anneau fugace. 11 croît dans les bois et dans les prairies, sur la fiente des bêtes de somme.
D’après Sowerby, cette espèce est malfaisante. Comme elle vient dans les prés , on pourrait la prendre pour le champignon comestible , avec lequel elle a d’ailleurs quelque ressemblance; mais elle en diffère par son pédicule long et mince , par ses feuillets larges , tachetés , par son chapeau luisant et visqueux.
Nous pourrions inscrire encore au rang des champignons
vénéneux ou suspects l’agaric- larmoyant [agaricus lacry mabundus. Bull. t. 194), à chapeau campanulé , brun ou fauve, à feuillets jaunâtres, tachetés, recouverts en naissant d’un tissu arachnoïde ; l’agaric fimetaire [agaricus comatus. Sowerb. t. 189), à chapeau blanc , en forme de massue , parsemé d écaillés soyeuses ; enfin quelques autres espèces qui croissent dans les bois sur les vieilles souches , sur les fumiers , le long des chemins ; mais ce serait multiplier inutilement les descriptions ; la section des coprins ne renfermant que des agarics fugaces , et dont toute la substance se résout rapidement en une pulpe noire , il n’est guère possible de les prendre pour des espèces usuelles.
Au reste , le professeur Decandolle [Essai sur les propriétés médicales des plantes) met tous les coprins au rang des champignons malfaisants. Leur ténuité, leur altération rapide , leur goût douceâtre et quelquefois âcre , doivent faire proscrire leur emploi culinaire.
Vous nous avez suivi, cher lecteur, dans nos courses , et vous avez pu observer avec nous les lactaires et les coprins. Quittons ces groupes malfaisants , et allons cueillir, dans les bois de Gonart ou dans les prairies de Bue , ces jolis champignons d’un blanc de neige , qui font la joie du bûcheron et du friand des villes.
Nous voici sur le sommet de la colline. Reposons-nous un instant sur la pelouse ; tout nous y convie , et jetons un coup d’œil sur la campagne. Quel doux ombrage ! quel site enchanteur ! Vous voyez au couchant , à travers le feuillage des bouleaux , les belles arcades de Bac illuminées par les derniers rayons du soleil ; à l’est le village de Jouy, avec ses riantes prairies arrosées par la Bièvre, et une foule
de maisonnettes blanches, posées çà et là sur les coteaux. Mais qu’est devenu ce beau parc qui dominait la vallée? Une hache sacrilège en a fait un désert. Plus d’arbres, plus de bosquets, plus d’ombrages ! Le château seul est debout: on dirait une citadelle que le canon de l’ennemi n’a pas encore foudroyée.
Hélas , le parc de la Cour Roland , planté sur la hauteur du coteau voisin , ce joli parc où le cèdre du Liban se marie avec le suave tilleul , où j’ai passé des heures délicieuses, où j’ai cueilli tant de morilles, tant de boules de neige , tant de mousserons d’automne , va peut-être subir le même sort ! Puisse quelque nouveau seigneur le sauver delà destruction! Qu’il vienne, il pourra rêver paisiblement au milieu de ses bocages ; nous ne lui demanderons pas d’où il vient.
Détournons un instant nos regards pour les porter vers le sud sur le petit hameau des Loges , sur sa petite église, et sur son petit clocher assis sur un petit coteau. O le joli paysage! La cloche argentine retentit dans les airs , les fidèles accourent , l’encens fume , et sa vapeur odorante monte au ciel , avec la prière du pasteur et l’arome des fleurs de la vallée.