DC. Fl. Fr. 448. — Agaricus niveus. Schæfe. Fung
On appelle ainsi cet agaric par allusion à son chapeau, qui est ordinairement d’un blanc pur. Ce chapeau est d’abord convexe , ensuite plane et ombiliqué , large d’environ deux pouces , strié et semi -transparent sur les bords , qui sont un peu rabattus. Les feuillets sont peu nombreux, entremêlés de demi-feuillets, et décurrents. Le pédicule est lisse , plein ou fistuleux , plus épais au sommet que vers la base.
Ce champignon est d'une texture ferme ou molle , suivant les lieux où il croît. On le rencontre ordinairement, vers la fin de l’été , dans les friches , dans les bruyères et sur les bords des bois. Il est rarement solitaire; il forme presque toujours des groupes plus ou moins nombreux. On
le mange dans quelques campagnes sous les noms àe mousseron, de petite oreillette. En Italie on l’appelle piccolo mousseron.
Vous avez parcouru la foret de Gonart , vous avez une belle provision de ceps, de chanterelles; gagnez le carrefour du Christ , et comptez , si vous voulez , vos richesses mycologiques. Dirigez ensuite vos pas sur cette pente douce qui est devant vous , et que le soleil dore de ses rayons. Le châtaignier, le chêne, le bouleau vous offrent leur ombrage, et la pelouse sa verdure avec ses petits champignons aux teintes virginales. Voyez ce mélange de perles et d emeraudes que le pinceau ne saurait rendre ; voyez surtout cette petite coupe à demi transparente que la nature a modelée avec tant de grâce, mais n’y touchez pas, vos doigts pourraient la flétrir.
« Et moi je l’enlève , s’écrie Mycophile ; c’est un délicieux mousseron qui parfumera mes ragoûts. » Et à l’instant même la pelouse est déshonorée, et toutes ces petites coupes qui faisaient sa parure tombent sous le scalpel du gourmand.
AGARIC AMÉTHYSTE. AGARICUS AMETHYSTEÜS.
Agaricus amethysteiis. Bull. t. 570. f. 1. Pers. Syn. 465. DC.
Fl. Fr. 458. Bolt. Fung. t. 65. Huds. Fl. Angl. p. 612.
Larb. Fung. 2. 204.
(PI. 15, Fig. 3.)
Ce joli champignon , d’un violet améthyste en naissant, devient ensuite d’un blanc grisâtre. Son chapeau est convexe, hémisphérique, légèrement déprimé au centre, comme velouté à sa surface , large d’environ deux pouces. Les lames sont larges , peu nombreuses , un peu décurrentes
COMESTIBLES ET VÉNÉNEUX, sur le pédicule, et d’un violet plus ou moins foncé. Le pédicule est grêle, allongé, plein, fibrilleux, de la même couleur que les feuillets.
Il est assez commun., en automne , dans les bois taillis , où il croît ordinairement en groupes de deux à quatre individus. Sa chair est mince, colorée en violet, peu savoureuse , mais point malfaisante. J’ai mangé plusieurs de ces petits champignons cuits sur le gril avec du beurre, du poivre et du sel. Les Italiens l’appellent vedovino color del principe. Ils ne le mangent point , ils le croient nuisible , si ritiene noeivo ; mais ils se trompent.
Il faut voir sur la mousse , au bord des petits sentiers , cette jolie miniature dont les teintes sont si délicates. Cherchez-la , par un beau jour d’automne , dans le vallon de Bue, vous la trouverez, non loin du carrefour des Petits- Champs, sous de magnifiques fougères. O la charmante retraite où vous n’entendez que le bruit du désert , le gémissement des bouleaux et le doux murmure de la Bièvre, où vous trouvez à chaque pas des plantes qui vous embaument, où le grand liseron, ce beau parasite, enlace la reine des prés , et la couvre de ses corolles d’ivoire.
Cueillez sans crainte dans ce joli paysage l’agaric améthyste, que vous pouvez mêler à tous vos ragoûts. Je ne le connaissais pas bien encore , il y a quelques années. Mieux étudié , je le place maintenant à côté des mousserons. Vous le trouverez dans tous les taillis , dans toutes les vallées , depuis Versailles jusqu’à Saint-Lambert. Un autre jour je vous parlerai de Saint-Lambert , de ses belles prairies , de ses mousserons délicieux , et du Père Sylvi , vieillard octogénaire, riche, bienfaisant, et que j’appellerai le père des pauvres , Quel beau nom !
AG ARIC TIGRÉ. AGARICUS TIGRIJSUS.
Agaricus tigrinus. Bull. Champ, t. 70. Pers. Syn. 458. DC.
Fl. Fi‘. 452. Soyverb. Fung. t. 68. Larb. Fung. 2. 195.
Cette espèce est blanche et tonte mouchetée de petites peluchures brunes qui lui donnent un aspect tigré. Son chapeau est large de deux à trois pouces, mince, arrondi , un peu déprimé au centre avec les bords plus ou moins rabattus. Les feuillets sont blanchâtres, assez étroits, nombreux, inégaux et décurrents. Le pédicule est court, cylindrique, mince, plein, un peu tortueux, et tigré ainsi que le chapeau.
On trouve ce champignon , en .été et en automne , ordinairement disposé par groupes sur les vieilles souches de l’orme. Il est agréable au goût et à l’odorat. On le mange dans quelques localités. En Italie il porte le nom de fungo tigrato buono.
AGARIC EN ENTONNOIR. AGARICUS INFUNDIBULIFORMIS.
Agaricus infundibuliformis. Bull. Champ, t. 286 et t. 555.
DC. Fl. Fr. 455. — Agaricus gilvus. Pers. Syn. 448.
Son chapeau est large de quatre ou cinq pouces, toujours creusé en entonnoir, plus ou moins sinué sur les bords , luisant , humide , et d’un blanc jaunâtre ou grisâtre. Les feuillets sont minces , étroits , inégaux , blanchâtres , souvent rameux et légèrement décurrents sur le pédicule , qui est lui-même plein, épais, tantôt allongé et tantôt trèscourt , fibreux et velu à la base.
Cet agaric croît en automne dans les bois, sur des amas de feuilles sèches, auxquelles il adhère au moyen de fibrilles
radicales nombreuses. Il répand une odeur forte, mais agréable. On peut l’employer comme aliment.
L’agaric luisant (agaricus splendens. Pers. Syn. 452) est également comestible. On le reconnaît à son chapeau charnu , déprimé , luisant , de couleur de cire ; à ses lames minces , nombreuses , blanchâtres et décurrentes ; à son pédicule allongé , élastique et velu. On le trouve dans les bois de chêne ; il a un goût agréable.
§ VIII. GYiINOPE. GYMNOPUS.
Pédicule plein. Chapeau charnu , ordinairement convexe, et dont les feuillets ne noircissent point avec l’âge.
AGARIC ANISÉ. AGARICUS ANISATUS.
Agaricus anisatus. Pers. Champ, p. 250. — Agaricus odorus.
Bull. 1. 176. DC. Fl. Fr. 468. Fries. Syst. mycol. 1. p. 90.
Desv. Fl. de l’Anjou, p. 10.
(PL 15, Fig. 4.)
Cet agaric exhale, surtout par un temps sec, une odeur agréable, pénétrante, analogue à celle de l’anis. Son chapeau est plane, un peu mamelonné au centre, large de trois pouces, d’une couleur verdâtre ou bleuâtre; sa surface est sèche et se pèle facilement. Les feuillets sont blancs, inégaux, un peu décurrents. Le pédicule est plein, cylindrique, mince, un peu élargi au sommet, long d’environ deux pouces, blanc ou légèrement verdâtre.
Il croît tantôt solitaire, tantôt par groupes peu nombreux, en août et septembre , dans les taillis et dans les bois de pins.
Bulliard dit qu’il a un goût très- agréable. Nous n’avons
lti
pas eu occasion d’en faire usage ; mais son odeur forte et
très-volatile nous fait douter un peu de ses bonnes qualités.
AGARIC FICOÏDE. AGÀRÏCUS FICOIDES.
Agaricus ficoïdcs. Bull. Champ, t. 587. f. 1. DC. Fl. Fr. 465.
— Agaricus pratensis . Pers. Syn. 504. — Agaricus miniatus.
Sowerb. Fung. t. 141.
Son chapeau est ordinairement rougeâtre ou couleur de brique , d’abord convexe , ensuite aplati , un peu sinué en ses bords, proéminent au centre, charnu, doublé de lames d’un blanc grisâtre ou roussâtre, peu nombreuses, arquées, inégales et décurrentes. Le pédicule est cylindrique, épais , assez court , d’une couleur blanchâtre.
On le rencontre, en été et en automne, dans les bois peu couverts , dans les prés , sur les pelouses , solitaire ou réuni par groupes de deux ou trois individus.
Il a une chair ferme , épaisse , colorée intérieurement , peu sapide , d’une odeur peu agréable.
AGARIC BLANC D’IVOIRE. AGARICUS EBURNEUS.
Agaricus eburneus. Bull. t. 118. DC. Fl. Fr. 466. Pers. Syn.