‹ Histoire des champignons comestibles et vénéneuxChapitre 98 sur 171 · AGARIC NÉBULEUX. AGARIC U S NEDULARIS. N · texte numérisé non relu

AGARIC NÉBULEUX. AGARIC U S NEDULARIS. N

Agaricus nébularis. Batsch. Fung. f. 193. Vers. Syn. 3 49.

Poir. Encycl. suppl. 200. — Agaricus mollis. Bolt. Fung.

(PI. 15, Fig. 5.)

On trouve communément ce champignon , en automne , au bord des bois. 11 croît tantôt solitaire, tantôt par groupes de deux ou trois individus, sur des amas de feuilles à moitié pourries.

Son chapeau est large de deux à quatre pouces , légèrement concave ou plane, mais toujours proéminent, mamelonné au centre, d’un beau gris , comme farineux à sa surface. Les feuillets sont nombreux , inégaux , à peine décurrents, blanchâtres ou d’un gris pâle. Le pédicule est long de trois à quatre pouces, plein, cylindrique, renflé en massue à sa base , à peu près de la couleur des lames.

Il a une chair blanche , épaisse , ferme , d’une odeur et d’une saveur qui se rapprochent de celles du champignon de couche. Je l’ai souvent cueilli dans le bois des Célestins, et j’en ai régalé les aimables convives qui se réunissent chez M. Jordan, à la ferme de Porchéfontaine , tout près de Versailles.

AGARIC MOUSSERON. AGARICUS ALRELLUS.

Agaricus albellus. Schæff. Füng. t. 78. DG. Fl. Fr. 470. — Agaricus mouceron. Bull. Champ, t. 142. — Agaricus pal lidus. Sowerb. Fung. t. 143. — Agaricus prunulus. Fries. Syst. mycol. 1. p. 193. Chev. Fl. Par. 1. p. 193.

(PI. 16, Fig. 1—3.)

Cette espèce , si renommée pour son parfum suave , et généralement connue sous le nom de mousseron, a été dé-

crite par un grand nombre de botanistes , qui sont loin d 'être d’accord sur ses caractères distinctifs.

Son chapeau est d’un blanc mat ou d’un jaune très-pâle, large d’environ deux pouces dans son parfait développement , lisse et sec à sa surface , d’abord sphérique , puis convexe, très-charnu, et ondulé sur les bords, qui sont un peu repliés en dessous. Les feuillets sont nombreux, trèsétroits, presque linéaires, un peu décurrents, blancs à leur naissance, puis d’un léger incarnat. Le pédicule est plein, charnu , très-court , renflé et velu à la base , de la même couleur que le chapeau.

On rencontre ce mousseron, vers la fin du printemps, dans les près montagneux, dans les bois , les friches, etc. Il est commun dans nos départements méridionaux , dans les Alpes, dans les Pyrénées, où son usage est très-répandu. Il croît par groupes composés d’un assez grand nombre d’individus ordinairement rassemblés en cercle. L’herbe ou la mousse au milieu de laquelle ils croissent est plus touffue, d’un vert plus foncé. Leur parfum se répand au loin et annonce leur présence. J’en ai quelquefois cueilli jusqu’à quarante épars çà et là dans le même lieu sur les collines du Haut-Languedoc. On les appelle mous sairous dans les départements de l’Hérault , du Tarn , de l’Aveyron, etc.

Ces petits champignons ont une chair blanche, épaisse, ferme, d’un goût et d’un parfum délicif 'ix. On les conserve desséchés , et il s’en consomme à Par s une assez grande quantité sous le nom de mousserons de Provence. On les appelle aussi 7nousserons blancs , champignons muscats. Les meilleurs nous viennent des Bouches-du-Rhône , de 1 Isère et des Pyrénées. Ceux qu’on récolte aux environs

de Barèges sont extrêmement recherches par quelques amateurs, mais ils sont rares. M. Corcelet nous a dit les avoir vendus jusqu’à 30 francs la livre.

Les mousserons que Césalpin a fait connaître sous le nom d eprunuli semblent peu différer de notre espèce. Ils portent un petit chapeau de forme globuleuse , d’un gris cendré , doublé de feuillets blancs , très- étroits , très-fins. On les trouve en Italie le long des haies, au milieu des buissons; leur chair est blanche, cassante et très-parfumée.

Le professeur Balbis parle, dans une note adressée à M. Persoon , d’un mousseron rare et délicieux qu’il a trouvé dans les parties montueuses de la vallée de Stafora, non loin de Bobbio, et qui correspond à Y agaricus prunuïus. Il porte le nom de spinaroli. On le mange frais avec une sauce très- relevée; mais on le fait aussi sécher pour en parfumer les ragoûts , et on le vend dans- le pays jusqu’à 15 francs la livre.

Un autre mousseron qui a une grande affinité avec ceuxçi a été signalé par Micheli, qui compare son odeur à celle de la farine de froment fraîchement moulue. Ces divers mousserons sont peut-être autant d’espèces distinctes, mais ils sont tous d’un goût Irès-délicat.

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