RÉSUMÉ
195. Je résume cette prélace historique, en y ajoutant quelques réflexions.
196. En définitive, dans des discussions multipliées durant plus de quinze ans, nous avons, Ampère, Frédéric Cuvier et moi, passé en revue toutes les connaissances humaines qu'Ampère a classées clans son Essai philosophique.
222 LA PHILOSOPHIE NATLllELLE.
197. Ampère, tout en reconnaissant la méthode a POSTERIORI, comme essentiellement scientifique, s'affranchissait assez fi^quemment de ses régules, entraîné qu'il était sans s'en rendre compte à lui-même par la méthode a priori. Si son assurance à afBrmer des propositions nullement démontrées me frappait souvent, j'en trouvais les causes dans sa disposition à généraliser, qui ne lui permettait pas de recourir k une critique g'énanle, et dans l'abondance avec laquelle sa vaste mémoire lui sug*g*érait des faits qu'il savait présenter de la manière la plus ingfénieuse à l'appui de ses thèses.
La disposition à g'énéraliser d'un esprit aussi élevé n'était jamais plus curieuse ni plus instructiv(» à observer, que quand un ami, la connaissant bien, hii parlait d'une prétendue découverte faite à l 'étrangler, contraire aux choses les mieux assises en physique et en chimie ; Tesprit d'Ampère, loin de sentir le besoin de soumettre la proposition nouvelle à la critique, la recevait comme une vérité, et une théorie improvisée témoig*nait à la fois de son estime pour le g'énie de l'auteur de cette prétendue découverte, et du besoin que son imagination lui faisait sentir de franchir les bornes posées paP un raisonnement rig-oureux pour s'élancer dans l'espace.