AUCUNE SCIENCE EXPÉRIMENTALE N'EST EXEMPTE D*HYPOTHÉSE
lîl . Il n'existe pas de science qualifiée d'expérimentale qui se compose uniquement de propositions démontrées; toutes se trouvent dans la nécessité de recourir actes hypothèses qui ne sont que des probabilités, propres àlier entre elles lés propositions dont l'exactitude est susceptible d'être démontrée conformément aux règ-les de la méthode expérimentale telle que je viens de la définir (ch. II).
C'est cette nécessité qui a conduit à imaginer les agents qu'on a nommés fluides impondérables, à savoir, la lumière, le calorique, le fluide électrique et le fluide magnétique, pour représenter la cause des phénomènes de lumière, de chaleur, d'électricité et de magnétisme.
L'hypothèse du calorique perd tous les jours de sa probabilité dans l'esprit des ptiysiciens; et aujourd'hui il n'en est pas un qui admette l'existence d'un fluide impondérable essentiellement lumineux, comme le pensait Newton. On attribue g^énéralement les phénomènes lumineux aux mouvements vibratoires d'un éther répandu dans l'espace, de même qu'on admet que le phénomène du son résulte 4es mouvements vibratoires de l'air. Nous disons qu'un corps est lumineux quand ce corps met l'éther qui se trouve entre lui et nos yeux en vibration, de même que nous disons qu'un corps est sonore quand il met en vibrations d'une certaine vitesse l'air compris entre lui et nos oreilles; la lumière, comme le son, envisag^éede cette manière, est un phénomène dynamique.
22. Beaucoup de g*ens du monde ont donc une idée exagférée de l'exactitude de la chimie et de la physique, lorsque, les envisageant à l'instar des .Sciences mathématiques pures^ ils les considèrent comme uniquement formées de propositions démontrées s et on petit ajouter à ôe que je viens de dire que, au début même de l'étude de ces sciences, en parlant de la matière, indépendamment des nombreuses modifications qu'elle présente dans les différents corps que les organes de nos sens nous
rendent sensibles, on part d'une hypothèse, quand on la considère comme formée de parties discontinues appelées corpuscules, molécules, atomes, d'une ténuité si ^ande qu'elles sont individuellement invisibles, et d'un diamètre bien plus petit que la dislance qui les sépare les unes des autres , quoiqu'on reconnaisse cependant que cette distance échappe par sa petitesse à nos moyens les plus précis de mesurer rétendue ; mais il y a nécessité, pour l'enchaînement des propositions, la clarté des idées, et pour intéresser celui qui veut étudier la science, de recourir à une hypothèse, qui ne peut compromettre la vérité, lorsqu'on la donne pour ce qu'elle est et qu'on la distingue ainsi des propositions que Ton croit vraies parce qu'on a la conviction de les démontrer telles à l'aide de raisonnements déduits de J'observation de faits contrôlés par l'expérience fch. JJ).
DEUXIEME LIVRE