ARTICLE 8. — OUÏE
540. Le sens de l'ouïe a bien plus d'importance que les précédents, si Ton considère les relations que la parole établit entre les hommes.
' On distingue 1^ sons articulés de la parole d'avec les sons musicaux.
Dans les sons musicaux, on distingue la graviié et Vacuitéy Yintensité et le Hmôre.'
541. La musique s^dresse à l'ouïe, et par un ensemble de sons simultanés qui doivent être karwofiietix, et par une suite de som harmonieux qui doivent être mélodieux. Les sensations de l'ouïe tiennent donc de \a simultanéité qui est fharmoMe^ eXAe la mccessivité qui est la mélodie.
L'impression des sons sur l'ouïe est toute mécanique.
INDÉPENDANTES DU^R HISTOIRE j^E LA CHIMIE. 311 ARTICLE 4, — VUE.
342« Le sens de la vue est peut-être le plus élevé sous le rapport de rintelligence, à cause de cette multitude.de notions qu'il nous donne. N'oublions pas que le mot idée a pour étymologie i^^a, image, de sorte que toute idée claire, nette à l'esprit, se rapporte à la perception d'une image. Rappelez-vous maintenant les nombreux dérivés du verbe voir^ et vous sentirez combien tout ce qui se rapporte à la mie a eu d'importance dans la partie philosophique du langa^.
545. On a comparé bien souvent les couleurs avec les sons; mais, depuis longlemps, j'ai insisté sur la ^raj:\de différence qui les distingue; s'ils se ressemblent relativement aux vibrations que l'on attribue aux corps sonores et aux corps lumineux; si, dans des imagées présentant diverses couleurs, on peut dire ''que l'ensemble en est harmonieux à l'instar de sons simultanés, rien dans la vue des couleurs ne correspond à la mélodie des sons, et enfin ajoutons qu'il n'existe pas entre deux sons la relation exprimée en optique par l'expression couleurs complémentaires, c'est-à-dire deux rayons lumineux de couleurs diverses reproduisant de la lumière
blanche par leur mélange. Gonséquemment, rien dans la perception des sons musicaux ne correspond à ce que j'ai nommé le contraste simultané des couleurs.
544. Le contraste simultané des couleurs est rég'i par une loi très-simple, portant à la fois sur les sortes de couleurs vues simultanément et sur Félévation de leur ton, pu , en d'autres termes, leur intensité, leur valeur. Il consiste en ce que deux couleurs juxtaposées, vues simultanément, apparaissent les plus différentes possibles, et cette différence porte .à 4a fois sur la couleur même et sur le ton, si Tune est claire et l'autre foncée. Par exemple, supposons un ruban de couleur orangée juxtaposé à un ruban de coulçur violette, l'orang^é a pour complémentaire le bleu^ comme le violet a pour complémentaire \e jaune. Eh bien! Torang'é près du violet paraîtra plus yawie, et le violet plus bleu que vus séparément ; et si IHm d'eux est plus foncé que l'autre, il le paraîtra encore davantag*e, tandis que le plus clair paraîtra plus clair qu'il n'est réellement. Cette loi n'a pas d'exception. Maintenant, pour faire apprécier à tout lecteur qui n'est pas physicien la valeur du mot contraste, il suffit de lui faire remarquer d'abord que, d'après le lang»ag*e des artistes et celui des gens du monde, Torang^é se compose de Jaune et de rouffe.
INDÉPENDANTES D'UNE HISTOIRE DE LA Clir\IIE. 'M:^
comme le violet de rouffeel de blefi; ensuite que, dans la vision simultanée des deux couleurs, c'est le rouge, la couleur commune à Torang-é et au violet, qui s'affaiblit à partir de la ligne de juxtaposition. Conséquemment, Vorangé et le violet juxtaposés paraissent plus différents que s'ils étaient vus séparés l'un de l'autre. Nou^ formulerons la loi, en définitive, en (lisant,
Qu'en voyctnt deux couleurs différentes juxtaposées^ les modifications sont exprimées ainsi :
1* La cùmplémentaire de tune paraît à fceil s'a-joutera la couleur de f autre;
2* Si les couleurs ne sont pas au même ton, la couleur claire paraît plus claire, tandis que la couleur foncée p&rûîtplus foficée.
Comme je l'ai fait remarquer, si tous les sens présentent des contrastes de simple différence qui ont quelque analog*ie avec le contraste de ton, aucan autre sens que la vue n'a présenté jusqu'ici un phénomène correspondant à celui du contraste simultané des couleurs proprement dites (1).
(i) Voyez mes ouvrages :
I® La Loi de contraste simultané des couleurs (iSSp); 2** Théorie des effets optiques des étoffes de soie (1846); 3* Exposé d'un moyen de définir et de nommer les couleurs f après une méthode précise et expérimentale ^ etc. (1861).