Gobbett's Pol. Reg, 30 juin 1804 (vol. V, p
2. Lord HoUand, Memoirs of the Whig Party, vol. I, pp. 264-265.
3. Batler's Réminiscences, vol. I, pp. 187-188; Ghalmers, an Inquiry..., 1803, p. 245. Gf. Diary of lord Colchester. 19 juin 1806 (vol. II, p. 71) : In talking of books upon political economy, he said (as I often heard him say in debates) that he had but littlo faith in Adam Smith or any of them, their reasons vvere so plausible but so inconclusive. That... in Greece arts and arms engrossed the whole efforts of the human mind; and their progress and eminence in those pursuits had probably been the greater for their abandonment of ail other pursuits, such as engaged modem nations in commerce, manufactures, etc.
consisté dans une ligue de grandes familles territoriales et de gens d'affaires contre la gentry tory, de même le party tory reconstitué par William Pitt a été, cent ans plus tard, une ligue de la gentry et des gens d'affaires contre les grandes familles whigs.
Ce n'est d'ailleurs pas seulement à la Chambre des Communes, c'est encore à la Chambre des Lords, que l'action révolutionnaire du parti tory, depuis l'avènement de George III, s'est exercée. Jusqu'en 1760 le nombre des pairs n'avait guère varié. Il y avait cent cinquante pairs temporels en 1688, cent soixante-dix-huit en 1719, et en 1760 cent soixante-quatorze seulement. Ces cent soixante-quatorze pairs représentaient l'élite des vieilles familles anglaises. Leurs titres remontaient presque tous à une date antérieure aux débuts de la dynastie régnante. L'esprit whig dominait dans ce petit cercle. Pour étendre son influence, George III imagina de recourir à un procédé strictement constitutionnel. Si d'une part il créait un nombre de pairs suffisant pour noyer, dans la Chambre Haute, la majorité whig, si d'autre part il faisait de ces promotions la récompense de services rendus à la Chambre des Communes par les clients du nouveau pair, il fortifiait du même coup sa position dans les deux Chambres. Peu d'années s'écoulèrent sans amener la création de nouveaux pairs. On en fit jusqu'à sept en 1761, huit en 1780, onze en 1776 : au total, quarante-trois de 1760 à 1784, sans compter cinquante-neuf pairies irlandaises, qui ne confèrent point par elles-mêmes le droit de siéger à la Chambre des Lords. William Pitt, continua, mais en lui donnant plus d'ampleur encore, le système inauguré par George III. Il était dépourvu de préjugés aristocratiques, indifférent aux qu stions de personne, passionné seulement pour la possession du pouvoir. Leader incontesté de la Chambre des Communes, il manifesta sa volonté d'exercer le môme empire à la Chambre des Lords, lorsqu'au cours d'une môme session il fit de son intime ami et collaborateur Grenville un pair, puis le leader de la Chambre Haute *.
Pendant les dix-sept ans que dura son premier ministère, William Pitt créa quatre-vingt-quinze nouveaux pairs, sans compter soixantedix-sept pairs irlandais'. Sur ce nombre, on trouve des légistes, des marins, des soldats, quelques diplomates. Mais les promotions nouvelles
i. Yonjçe, Life of lord Liverpool, vol. I, pp. 14-13; Stanhopc, Li/c of Pitt, vol. Il, pp. 73-77.
2. Presque tout lo marquisat dnto de i'adiniriislrnlion do Piti. Il y avait un seul iiinr(|uis anglais en 1784 : il y on eut dix en 1801. Il n'y avait pas de marquis irlandais Il la première date : il y en eut neuf en 1801 (John llampden junior. The Ariatocracy of En'jland : a liislory for llie people, 1840). —Cf. Life of U'Uberforcc vol. III, p. 412 : lettre à Kanriali More, l.'i juillet 18011 :... do you kuow thaï far more^lhan half of Ihe nohility holli of Kiif^laiid and Ireland has been raised to llirir [)resent élévation since l came iiilo public, life?
s'expliquent, dans la majorité des cas, par des considérations politiques et électorales : on calculait, dès 1792, que neuf, parmi les pairs récemment créés, nommaient, ou faisaient nommer par leur influence, ving-t-quatre membres de la Chambre des Communes. Généralement les titres vont à des membres d'anciennes familles. C'est ainsi que le deuxième fils du duc de Northumberland devient comte de Beverley; Sir James Lowther, baron de Lonsdaie; Mr. Henry Lascelles, baron de Harewood. L'aristocratie anglaise peut encore admettre, sans trop se scandaliser, que Robert Clive, l'aventurier militaire, le grand conquérant des Indes Orientales, soit pourvu d'une pairie irlandaise; que son fils, maître de cinq sièges parlementaires dans le Shropshire et le Montgomeryshire, entre dans la pairie avec le titre de comte de Pow^is. Mais d'autres promotions, assez nombreuses pour provoquer l'indignation des contemporains, sont achetées purement et simplement à prix d'argent et de services politiques par des individus dépourvus de mérite et de race * : la grande promotion de 1797, qui portait sur seize noms, a semblé particulièrement choquante à cet égard. L'antiquité apparente de certains titres fait illusion, et dissimule la nouveauté du brevet. Un Mr. Thomas Orde, ayant épousé la fille naturelle du duc de Bolton, mort sans héritiers légitimes, relève le nom : il n'y aura plus de duc de Bolton, mais il y aura un Baron Bolton. Mr. Robert Smith, banquier de Londres, membre influent de la Chambre des Communes, s'aperçoit que « Smith » était au xvii'' siècle le nom patronymique des lords Carrington : Pitt fait de lui un pair, sous le nom de Baron Carring ton.
La multiplication des pairies se poursuit sous le ministère Addington, sous le deuxième ministère Pitt, sous le ministère de tous les talents. En cinq années, vingt-huit nouvelles pairies anglaises, une pairie irlandaise. Depuis l'avènement de George III, le nombre des lords a presque doublé. Puis le mouvement se ralentit. Des ministres
1. Voici la liste, saas doute incomplète (les généalogies nobiliaires sont d'une interprétation souvent difficile) des nouveaux riches, anoblis sous le règne de George III, que nous avons réussi à dresser. Pairies irlandaises : 1762, baron Waltham of Philiptovvn (John Olmius) ; 1789, baron Eardley of Spalding (Sir Sampson Eardley, formerly Gideon) ; 1789, baron Cloncurry (Sir Nicholas Lawless, Bart); 1790, baron Caledon (James Alexander); 1792, baron Oxmantown (Lawrence Harman Parsons); 1796, baron Huntingfield (Sir Joshua Vanneck, bart.); 1796, baron Carrington (Robert Smith); 1797, baron Teignmouth (Sir John Shore, bart.); 1800, baron de Blaquiere (John Blaquiere); 1800, baron Henniker (Sir John Henniker, bart.); 1806, baron Rendlesham (Peter Isaac Thellusson). — Pairies anglaises : 1761, baron Melcombe (George Bull, fils de Bubb Dodington; 1796, baron Gvvydyr (Peter Burrell); 1797, baron Carrington (Robert Smith); 1797, baron Bolton (Thomas Orde-Povvlett). Il faut mettre à part en réalité, comme la pairie de Clive, la pairie irlandaise du baron Teignmouth, 1797; Sir John Shore, parti de très bas, est parvenu en passant par les bureaux de la Compagnie des Indes Orientales.
médiocres, timides, conservateurs, cessent de fabriquer des nobles par l'ournées. En 1810 un orateur du parti gouvernemental constate que, depuis trois ans, si on laisse de côté les pairies militaires, elles-mêmes peu nombreuses, le ministère a fait seulement deux pairs nouveaux'. De 1810 à 1812, la loi ne confère pas au Régent le pouvoir de créer des pairs ^. Viennent ensuite les énormes promotions de 1814 et de 1815 ^. Mais elles ne présentent à proprement parler un caractère politique. Elles s'expliquent surtout par la nécessité où se trouve le gouvernement de récompenser tant de soldats vainqueurs.
Nous ne saurions cependant négliger, au point de vue même où nous nous plaçons en ce moment, les pairies d'origine militaire. Nous ne saurions négliger davantage les pairies d'origine judiciaire, qui se font de plus en plus nombreuses. Les unes et les autres tendent à modifier profondément le caractère de la Chambre des Lords. Ce n'est plus une caste fermée, ou presque fermée : suivant la formule en cours dans la France napoléonienne, elle « s'ouvre aux talents ». C'est même à cet égard un usage caractéristique que celui qui prévaut, depuis l'avènement de George III, de permettre aux amiraux et aux généraux anoblis, d'ajouter à leur nom de famille, quand ils choisissent un titre de noblesse, non pas un nom de terre, mais un nom de victoire : Napoléon s'est inspiré de cette coutume anglaise. Ne poussons pas d'ailleurs trop loin le parallèle entre la noblesse de George III et la noblesse de Napoléon. L'aristocratie, dans le système de Pitt, s'ouvre à l'intrigue plus encore qu'au mérite ; et, dans la mesure où elle s'ouvre au mérite, c'est seulement au mérite administratif. Les savants, les hommes de lettres, les artistes restent exclus. Il n'en est pas moins vrai que la notion d'aristocratie se modifie en Angleterre. « Dieu tout-puissant, écrivait Selden au xvii" siècle, ne peut faire un gentleman » ; et Bailey, dans l'édition de 1707 de son dictionnaire, ne faisait que commenter la boutade de Selden, lorsqu'il définissait un gentleman, « un homme qui a reçu sa noblesse de ses ancêtres et non de la munificence d'un prince ou d'un État* »>. Il arrive, au début du xix" siècle, qu'un gentleman refuse de changer le vieux nom de famille qu'il tient de ses ancêtres, contre; un nom de lord (ju'il recevrait de la grâce du monar(iu(' '. La