Co. Cork; Wakedcld, Ireland, vol. I, pp. 2.'i0-25l
5. Wnkefleld, Ireland, vol. I, p. 270 : beaucoup des descendants de ces colons protestants ne tirent pas plus de 20 I. de revenu annuel de leurs terres.
lique, il arrive souvent qu'ils se convertissent afin d'appartenir à la religion qui convient à leur ordre ^ Un abîme sépare, en Irlande, l'aristocratie des gros propriétaires, anglais et protestants, et la masse des tenanciers, irlandais et catholiques.
Trop peu nombreux pour organiser à la
campagne une vie sociale digne de ce nom, AGENTS ET , . . „ , .
TENANCIERS ^^ propriétaires n habitent pas sur leurs
terres : ils passent le plus de temps possible, et parfois leur vie entière, à Dublin, à Londres, dans des villes d'eaux, ou bien encore sur les domaines ruraux qu'ils peuvent posséder en Angleterre. Cet absentéisme, qui va s'aggravant depuis les premières années du siècle, produit des effets détestables. Les rouages de la vie administrative ont peine à fonctionner; il est tel comté où il se trouve tout juste assez de propriétaires pour constituer un grand jury. Sans attaches avec le sol, les landlords ont un seul souci : tirer, avec le moins de peine possible, le plus d'argent possible d'une population aussi éloignée d'eux par les mœurs que les nègres de la Jamaïque peuvent l'être des planteurs qui les exploitent. Ils s'en remettent donc, pour gérer leurs biens, à des hommes d'affaires, des avoués de petit bourg, des « agents », qui, payés à tant pour cent sur le revenu de la terre, pressurent, au nom de leurs maîtres, les cultivateurs du sol. A l'époque dont nous nous occupons, grâce à la hausse de toutes les denrées alimentaires, grâce à la « loi de Sir John Newport », qui, depuis 1806, permet la libre exportation en Angleterre et en Ecosse des céréales d'Irlande^, la rente foncière a été montant sans cesse^; il n'en faut pas davantage au landlord pour se persuader que l'agriculture irlandaise est en progrès, et que le pays est heureux. Confiant dans l'augmentation du rendement de ses terres, il emprunte à son agent. Voici le propriétaire à la merci de celui qui est censé gérer son bien dans son intérêt, les tenanciers mis dans l'impossibilité d'en appeler de celui-ci à celui-là, condamnés à passer par toutes les exigences de l'agent, à lui porter leurs pots-de-vin ainsi qu'à sa femme,
1. Bonn, Englische Kolonisation in Irland, vol. H, p. 174 : 4 800 conversions au protestantisme de 1703 à 1788, la plupart dans les hautes classes. Cf. les statistiques de Wakefleld sur le nombre des propriétaires catholiques (Ireland, vol. II, pp. 630-1).