‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 107 sur 387 · Wakodeld, IreUmd, vol. I, pp. 31 S) sifrj · texte numérisé non relu

Wakodeld, IreUmd, vol. I, pp. 31 S) sifrj

3. Arthur Young, Tour in Ireland, Part II, p. 10. i.'Wak.'deld, Ireland, vol. 11, pp. TiV.ïA), 754-.",. 5. Wttk.-llfild, Ireland, vol. 1, p. 28.1.

que le fermier intéressé par la longueur de son bail à la bonne exploitation de sa ferme, choisit de propos délibéré, la méthode de culture la plus rationnelle. Mais il faut voir comment ces contrats à long terme sont rédigés, il faut voir comment ils sont appliqués.

Toujours ils sont réduits à leur plus simple expression. Le propriétaire n'élève pas de bâtiments sur sa propriété, ne dépense rien pour la mettre en état : c'est la terre nue, ou peu s'en faut, qu'il livre au tenancier'. Le bail expiré, il ne tient aucun compte, dans l'immense majorité des comtés irlandais, des droits acquis par le fermier occupant. Aucune négociation à l'amiable. La ferme est mise aux enchères, et cédée au plus offrant. D'une manière immédiate le propriétaire paraît y gagner, puisque sa rente monte. En réalité et à la longue il y perd, puisque le fermier n'a aucun intérêt, lorsqu'approche la fin de son bail, à ne pas épuiser la terre qu'il cultive, et qu'il sait devoir lui être enlevée d'autant plus sûrement qu'il l'aura cultivée avec plus de prudence et qu'elle excitera plus de convoitises chez les enchérisseurs.

Le fermier n'est pas même laissé libre, par le contrat, de se consacrer tout entier à la culture de la terre qu'il loue : le propriétaire semble préoccupé de trouver en lui un ouvrier, et un ouvrier au rabais, autant qu'un fermier. Par écrit ou verbalement, ou simplement par l'effet d'un accord tacite, le tenancier s'astreint à travailler sur la réquisition du maître, soit à un salaire très bas, soit même à titre gratuit 2. Aux exigences du maître, nous avons vu que l'agent ajoutait les siennes. Propriétaires et agents, quand ils font les honneurs de leurs terres à des visiteurs étrangers vantent cette bonne volonté du peuple indigène. Mais les agronomes anglais qui inspectent l'Irlande sont très loin d'admirer ces mœurs d'esclaves. Souvent même, pour éviter des frais de timbre, ou simplement par indolence, et par horreur des complications légales, les tenanciers ne signent pas de contrat écrit. « Si Votre Honneur, dit le tenancier au propriétaire, veut bien prendre note du marché sur son livre, cela me suffira^. » On conçoit quelle peut être, dans ces conditions, la sécurité du tenancier illettré vis-à-vis du propriétaire ou de son agent. Insouciance et rapacité sont les deux traits caractéristiques des choses d'Irlande.

Une ferme irlandaise offre un spectacle dégoûtant*. Pas de jardin : une simple cour boueuse, entourée d'un mur bas en pierres sèches. Ni porte, ni grille : si on veut fermer l'entrée, on y jette une char-

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