Wakcfliild, Ircland, vol. \, pp. :\m, MVt, \W
2. Wnk('(l(îld, Ircland, vol. \, p. 278. — Voir (lussi, sur lo Hystôrnt! (h; la cotiimuiwiutidf villnjr*;, Ti^he, Kilkmny, pp. 418-42(»
:{. \Vak.'ll.>ld, Ireland, voL I, p. 2.TI.
pommes de terre*. Le petit locataire du dry cot, le cotter s'engage en retour à travailler pour le fermier à raison de 5 d. par jour. Il arrive d'ailleurs le plus souvent, au bout de l'année, que c'est le petit coiter qui est débiteur de celui aux gages de qui il travaille. Tout finit donc par se régler selon ce qu'on appdle le système des conveniences'^, sans l'intermédiaire de la monnaie, par un simple échange de services. Le plus riche cède un peu de terre, en échange de quoi le plus pauvre donne son travail ; le plus pauvre est à bien peu de chose près le serf du plus riche.
Cependant le travail accompli par les coiters est médiocre. Obligés de partager leur temps entre leur coin de terre propre et la ferme de celui qui les emploie, ils travaillent pour leur maître à contrecœur et sans continuité. Alors le fermier inaugure un système nouveau. Il réduit au minimum les dimensions du bien qu'il exploite directement, et réussit à se passer presque entièrement de travail salarié. Il découpe le reste en corn acres, qu'il loue à raison de six ou dix guinées par acre et par an. Il devient en quelque sorte un landlord de second degré, et touche, sur la plus grande partie de sa ferme, des revenus sans travail. Le seul problème est maintenant pour lui d'exiger, pour la location de ces lopins de terre, plus d'argent qu'il n'en doit lui-même au propriétaire. Cessant d'être un chef d'exploitation, il est devenu ce qu'on appelle un middleman, — le middleman exécré.
Le propriétaire et son agent ne sont pas défavorables à cette transformation du fermier en middleman. La terre y perd assurément; ce n'est même plus la petite culture qui prend la place de la grande ou de la moyenne culture, c'est l'exploitation naine à la place de la petite exploitation. D'année en année, un misérable paysan, cultivant à la bêche un carré d'avoine et un carré de pommes de terre, laisse le sol plus appauvri. Mais qu'importe à l'imprévoyance irlandaise? Le propriétaire ne court aucun risque. Le middleman vient-il à ne pas payer son fermage, le propriétaire garde le droit de saisir le bétail des soustenanciers, quand bien même ils seraient, de leur côté, en règle avec le middleman. Celui-ci paie d'ailleurs en général exactement. Le prix du blé montant sans cesse, la conjoncture est favorable. Il a conclu avec le propriétaire un long bail, avec des sous-tenanciers des baux plus courts ^ Pendant que la somme versée par lui deux fois
1. Sur les cotters, voir Wakefleld, Ireland, vol. II, p. 740. — Cf. Arthur Young, Tour in Ireland, pp. 304, 357, 373; et Part II, p. 20; et Curwen, Observations... on Ireland, vol. I, pp. 220, 251-2.