Sinclair, ScoUand, vol. l, pp
:i. Hindair, Scotlund, \ol. I, pp. 102-4, qui cilo les lois, 20G(n. il, ( , ,in, . . .;i ; KKii,,. m, c. 51.
expressément renouvelée Les économistes, ardents promoteurs de la politique des inclosures, ^ont loin d'être favorables aux entails. Ils préconisent le régime du capitalisme agricole, non de la féodalité foncière. Ils aiment les puissantes entreprises agricoles, où de grosses avances de capitaux provoquent une production intense ; mais ils ne veulent pas que les fonds d'exploitation soient immobilisés par les combinaisons des juristes entre les mains do l'héritier, peut-être incapable, d'une vieille famille. Ils demandent que la terre s'échange et circule aussi facilement que n'importe quel fonds de commerce, afin d'être toujours à la disposition des plus riches et des plus aptes; et Romilly a été leur avocat lorsque, pour ses débuts parlementaires, il a déposé en 1807 un projet de loi en vertu duquel les biens-fonds pourraient être saisis pour dettes au même titre que les biens mobiliers^. Les progrès qu'accomplit le régime des grands domaines s'expliquent par le développement du capitalisme moderne; il est naturel qu'ils soient compensés, d'une manière au moins partielle, par la décadence des institutions féodales. Décadence extrêmement lente : un Parlement de propriétaires fait ce qu'il peut pour la retarder. Décadence réelle cependant, et masquée seulement par le succès de la politique d'inclosure.
Lentement disparaît la classe des petits cultivateurs indépendants, des yeomen : une séparation radicale tend à s'effectuer, en Angleterre et en Ecosse, entre ceux qui possèdent le sol et ceux qui le cultivent. Dans la concurrence du marché, avec les variations rapides des cours, le petit cultivateur dénué de capitaux est hors d'état de résister longtemps à une baisse de prix. Cependant le gros propriétaire, le gros fermier, résiste, puis, ayant résisté, rachète, à la première bonne récolte, la terre du petit cultivateur ruiné : il peut même être assez riche pour racheter sur son capital, sans attendre le retour d'une saison favorable ^ Mais ce n'est pas à dire que, pour cette raison, la propriété
1. Vingt et un ans après la mort de l'individu qui existait au moment de la création de l'entail, Charles Butler, Réminiscences, 3' éd., vol. I, p. 61. — Cf. Humphreys, Observations on ... english laws of real property, 1826, pp. 28 sqq.
2. Le projet de loi est repoussé : mais un second bill, plus modeste, est voté (47 Geo. III, sess. 2, c. 74). — Voir Diary, 10 janvier, 28 janvier, 18 février, 11 mars, 18 mars, — 20 avril, 14 août 1807 {Memoirs of Romilly, vol. Il, pp. 173, 177, 180, 184, 186, 198, 222). — H. of C, 28 janvier, 18 février 1807 (Pari. Deb., vol. VIII, pp. 561-851). — Cf. H. ofC, 29 avril 1814 (Pari. Deb., vol. XXVII, pp. 592 sqq.).
3. A vrai dire, cette proposition, vraie dans sa généralité, doit être qualifiée. La décadence de la classe des yeomen, rapide au xviii" siècle, semble se ralentir pendant les années de prospérité agricole qui se terminent précisément en 1815. Après 1815, elle va se précipiter. Mais en 1815 les petits cultivateurs sont encore nombreux non seulement dans le Nord-Est et le Sud-Ouest, mais dans le Suffolk et le Cambridgeshire, et aux approches de la capitale. Ils n'ont pas diminué dans le Kent (cf. De Foe, Tour, éd. 1724, vol. 1, p. 38, et Boys, Kent, 1796, p. 26). Ils occupent un tiers de la superficie dans le Berkshire (Mavor, Berkshire, 1813, p. 113). Leur nombre irait croissant dans l'Essex, suivant A. Young (Essex, 1802, p. 23). — Cf. Hasbach, Hist. of the agr. labourer.
foncière tende à se concentrer, en Grande-Bretagne comme en Irlande, entre les mains d'un nombre extrêmement restreint de possesseurs. 7 800 propriétaires pour les 25 620 milles carrés que contient l'Ecosse *, c'est évidemment très peu; seulement il faut considérer que, pour apprécier équitablement l'étendue moyenne du domaine écossais, on ne saurait comprendre dans une même statistique les terres fertiles des Lowlands, où la propriété est assez divisée, et les déserts incultes des Highlands, où la constitution d'immenses latifundia n'entraîne aucun dommage pour la production agricole. En Angleterre la division est plus grande. Il existe assurément d'énormes domaines, restes de la féodalité, produits de la spoliation des monastères. Le duc de Bedford, le duc de Devonshire, le duc de Norfolk commandent en maîtres sur des territoires qui, rapprochés, couvriraient des comtés entiers. Dans l'Oxfordshire^, le Warw^ickshire^, le Derbyshire*, on signale des domaines dont la superficie atteint 25 000 acres, dont le revenu atteint 25 000 livres sterling. Mais, dans la plupart des comtés, le plus haut revenu d'une terre dépasse rarement le chiffre de 12 000 1., 10 000 1., 8 000 1. ; après quoi, c'est une gradation insensible de revenus moindres. Gilbert Wakefield caractérise bien l'état de la propriété foncière en Angleterre quand il déplore, pour l'Irlande, l'absence « de ces propriétaires de second ordre, minor proprietors, si fréquemment rencontrés en Angleterre, qui possèdent des terres dont le revenu va de 200 1. à 1000 1.^ ». En fait cette dispersion relative de la grande propriété n'a rien de surprenant; elle résulte naturellement des caractères que présente l'aristocratie britannique.
Cette aristocratie est maîtresse de tous les rouages du gouvernement. Elle domine les deux Chambres, dispose de toutes les places de l'administration centrale, constitue toute l'administration locale. Mais ce n'est pas une aristocratie fermée. Depuis 1688 les financiers, les banquiers,
pp. 7.3 sqq. n., 106; et surtout A. H. Johnson, The disappearance of the small landowner. chap. VIII, qui, en se fondant sur les rôles de la contribution foncière, distingue, dans l'histoire de la décadence de la classe des petits propriétaires, trois périodes : r xvii' siècle jusqu'en 1785 : diminution du nombre des yeomen; 2" 1785-1802 : pas de diminution; tendance à l'augmentation, sauf dans le Lancashire, où l'industrie cotonnière attire les yeomen; 3° 1802-1832 : diminution. Il y a lieu seulement de se demander si le choix des périodes est heureux. L'année 1815, non l'année 1802, constitue une date critique dans l'histoire de l'agriculture britannique.
1. Sinclair, ScoUand, vol. I, p. 89 : Large properties, or estâtes above £ 2000 of valued rent, .31)0; — .Middling properties, or estâtes from £ 2000 to £ 500 of valued rent, 1 077: — Small properties, or estâtes under £ 500 of valued rent. G 181. — Estâtes lielonging lo corporati- hodies, 144. — Soit un total de 7 798.
2. Davis, Oxfordshirc, p. 11. — Young, Oxfordshire, p. 10. .3. Murray, Warwickshire, p. 25.