Ilowitt, Rural Life of England, 1840, p
2.Mavor, Berkshire, 1813, p. 416; Young. Norfolk, 1804, p. 484; Ratchclor, Ucdfurdsliire, 1808, p. 580.
rations les poussent d'ailleurs, au lieu de payer leurs domestiques à l'année, à les payer soit à la tâche, soit pour un laps de temps très court, au mois, à la semaine, à la journée K La disparition des petites fermes entraîne la disparition des ouvriers qualifiés; le progrès du machinisme agricole tend à les rendre moins utiles. Le système des Poor Laws crée un droit à l'assistance en faveur de tout indigent « établi », pendant un an au moins, dans la paroisse; les fermiers qui paient les frais de l'assistance publique ont donc intérêt à empêcher que les ouvriers séjournent douze mois dans la même localité^. Enfin les valets de ferme sont exigeants en fait de nourriture. Le matin, de la viande froide, du fromage, du pain et de la bière. A midi, de la viande rôtie ou bouillie et du pudding. Le soir encore de la viande'. Crabbe, dans un de ses petits poèmes rustiques, nous montre la fille du fermier, élevée à la ville, épouvantée, écœurée, par ces bestiales ripailles. Il est plus simple et moins coûteux de payer à l'ouvrier qui travaille chaque jour aux champs un salaire sur lequel il vivra comme il pourra. « Pourquoi, demande Cobbett, les fermiers ont-ils cessé de nourrir et de loger leurs ouvriers comme ils faisaient jadis? C'est qu'ils ne peuvent les entretenir en dépensant aussi peu d'argent qu'ils leur donnent en salaires. Voilà la véritable cause du changement *. »
Ces ouvriers agricoles ne sont pas également nécessaires pendant toute la durée de l'année. Il y a des époques critiques — la fenaison, la moisson — pendant lesquelles brusquement le fermier a besoin, pour quelques semaines ou pour quelques jours seulement, d'une offre abondante de travail. Afin de répondre ù ces demandes intermittentes de main-d'œuvre, il se crée, à travers le Royaume-Uni, des mouvements réguliers de migration ouvrière. Le Bedfordshire envoie des ouvriers faire les foins aux environs de Londres : il demande des moissonneurs
1. Travail aux pièces. Tuke, North Riding, 1800, p. 285. — Sur la comparaison du travail aux pièces et du travail au temps dans l'agriculture, voir Sinclair, Scotland, vol. III, pp. 247-248, note. — Travail à la journée. Bailey, Durham, 1810, p. 262 : pour la moisson, les ouvriers sont ■< hired every morning, by a kind of auction in every village, one farmer bidding against another, and very often (either from necessity or pique) to very extravagant lengths. — Dans le Cornwall, dans le Devonshire, les fermiers recourent souvent à des parish apprentices (Worgan, Cornwall, 1815, p. 159; Vancouver, Devonshire, 1813, pp. 359-361). Sur les parish apprentices, voir plus bas, p. 264.
2. Eden, State of the Poor, vol. I, p. 347, qui cite le Dr. Burn, History of the Poor Laws, 1764. — Cf. Stevenson, Dorset, 1812, p. 454 : It is said to be prévalent to hire servants for only eleven months, for the purpose of avoiding additional incumbrances on the parishes. — Et Poor Laws Report, 1817, Min. of ev, pp. 69, 88-89.
3. Voir Donaldson, Northamptonshire, 1794, p. 45. — Cf. Parkinson, Jluntingdonshire, 1813, p. 285; Middleton, Middlesex, 1798, pp. 388, 283; Driver, Hampshire, 1794, p. 27; Vancouver, Hampshire, 1813, p. 383. Les servants sont moins bien nourris dans le Nord que dans le Sud.