‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 129 sur 387 · Rural Rides, 20 oct · texte numérisé non relu

Rural Rides, 20 oct

au Northamptonshire et au Buckinghamshire'. Tous les ans, l'île de Wight voit arriver, du Dorsetshire et du Somersetshire, sept ou huit cents moissonneurs : et, comme l'île de Wight est proche du grand port militaire de Portsmouth, propriétaires et fermiers prennent en temps de guerre toutes les mesures nécessaires pour mettre leurs moissonneurs à l'abri de la presse 2. Les ouvriers de la ville savent qu'en cas de chômage ils trouveront du travail sur les fermes qui avoisinent les grands centres industriels : de sorte que le prix de la main-d'œuvre hausse ou baisse dans la campagne selon que l'industrie prospère ou languit'. Les parties pauvres et arriérées du royaume envoient tous les ans des ouvriers chercher de bons salaires dans les provinces riches et bien cultivées. Les Highlands de l'Ouest de l'Ecosse fournissent de la main-d'œuvre aux fermes de l'Est et du Sud. Dans l'Ouest de l'Angleterre, ce sont les pauvres gens des montagnes galloises, et principalement du Gardiganshire, qui viennent par troupes, les Companies of Ancient Britons, comme on les appelle*. Un cheval, sans bride et sans selle, les accompagne ; il est enfourché successivement par l'un et par l'autre, et la fatigue de la route est ainsi diminuée pour tous. Un homme de la troupe sait assez d'anglais pour servir de guide et d'interprète. On les exploite : un foreman, un « marchandeur », traite généralement avec le fermier, et s'occupe ensuite de recruter au rabais la maind'œuvre nécesssaire. Depuis quelques années, ces Gallois « tempérants, laborieux, portés à la reconnaissance », « faciles à irriter, faciles à contenter », viennent en moins grand nombre. En revanche, les Irlandais affluent, mal vus parce qu'ils gâtent les salaires, mal vus aussi parce qu'ils sont tapageurs et querelleurs : des rixes, souvent sanglantes, s'élèvent sans cesse entre eux et les indigènes.

Le gros fermier ne saurait se contenter cependant, pour exploiter son domaine, de cette masse flottante d'ouvriers. Il lui faut un certain nombre de travailleurs sédentaires, qu'il ait toujours sous la main. Le village ou le bourg voisin les lui fournissent. Malheureusement les hommes actifs et intelligents cèdent à l'attraction des grandes usines et des grandes villes; ceux qui restent, ce sont les plus indolents et les plus insouciants. De sorte que les créateurs du système des grandes fermes, après avoir encouragé la disparition des petits propriétaires, des petits tenanciers et des domestiques à demeure, commencent à se demander si leur intérêt ne leur ordonne pas de réagir

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