Ann. Iteg., 1810; Chron., pp
crise, extrêmement grave, ébranle les établissements métallurgiques. Dans le Staffordshire, le chômage réduit des milliers d'ouvriers à la misère; aucune révolte cependant, et très peu de déprédations ^ Au pays de Galles, les patrons abaissent les salaires et les ouvriers se mettent en grève. Ils forment un cortège, et parcourent tout le district, débauchant les ouvriers sur leur passage, éteignant les fours. Mais après une bagarre au cours de laquelle il y a, du côté des grévistes, plusieurs blessés et un mort, le mouvement reprend une allure pacifique, bien que le nombre des manifestants aille toujours grossissant : ils finissent par être une véritable armée de dix ou douze mille hommes. Quand un patron leur offre du pain, du fromage, de la bière, ils refusent la bière : « s'ils s'enivraient, ils pourraient commettre des actes qu'ensuite ils regretteraient^. » Cette première crise, qui éclate en 1816, prend en quelque sorte au dépourvu la population des deux régions : ni dans le pays de Galles, ni dans les Midlands, les ouvriers métallurgistes ne sont mûrs pour l'insurrection.
Le pays de Galles ne se borne pas à préparer "i^AcimES^^DEf^ ^' ^^' ^" ^^''^'- " f^^rique. C'est en vendant OUTILS ^^^ canons qu'Antony Bacon, au temps de la
guerre d'Amérique, a fait sa propre fortune et la fortune de la région minière du Glamorganshire. Il reste vrai pourtant que la majeure partie du fer en barres produit autour de Merthyr Tydvil et de Pontypool est chargée à Cardiff et à Newport, sur des bateaux qui remontent la Severn jusqu'à Stourport, aux confins du Shropshire et du Staffordshire. Là viennent se concentrer les fers gallois, les fers du Lancashire, les fers du Cumberland, pour être travaillés dans les manufactures des Midlands. La région elle-même est d'ailleurs riche en fer et en charbon. Les industriels, plus étroitement groupés que ne le sont en général les industriels anglais ', y ont fondé une série d'établissements dont la concurrence aux établissements gallois devient sérieuse. Ce sont des entreprises où le métal — fer, étain, plomb, zinc — passe par une série d'états divers, depuis le moment où il arrive de la mine, jusqu'au moment où, transformé en boucles de souliers, en clous, en objets de quincaillerie, en socs de charrue, en pistons et en cylindres de machines à vapeur, il est livré
1. Sauf une journée de troubles assez sérieux à Wolverhampton, Ann. Rcg,, 1815 Ghron. pp. 89-90, 15 nov.