Baines, Hi$t. of Ijincashire, vol. II, p
4. Report... on... State of Ckildren, 1810 : 64 d'après Mr. G. A. Lee, p. .3.^7 (52 en 1802); 70 d'après un autre témoin, .Mr. Nathaniel Gould, «i Manchester, Salford, Ilulmo et (Mmrlton (p. 324).
.'). Report... on... State of Ckildren, 1810, pp. 372-373.
ouvrier suppose, en machines, l'avance d'un capital d'environ 100 1.», c'est un capital de plus de 20 000000 1. qui est engagé dans les filatures de la région. Un contemporain estime, en 1817, que 110000 000 de livres de coton brut sont annuellement employées dans les manufactures, donnant 99687 500 livres de fil de coton. Gela fait, suivant ses calculs, à raison de 300 journées de travail par an, 6 645 833 broches, 110763 ouvriers, 20 768 chevaux-vapeur 2.
Les Mémoires de Robert Owen nous offrent le tableau saisissant de cette époque fiévreuse ^ : Manchester, entre 1790 et 1800, tel qu'il nous le dépeint, fait songer à une colonie nouvellement fondée, où chaque jour affluent les immigrants, ce que l'Angleterre compte de plus entreprenant et de plus aventureux. Les fondateurs d'usines sont presque tous gens de peu, yeomen ou fermiers des environs, petits boutiquiers ou petits artisans, simples ouvriers parfois *. Car la richesse, en même temps qu'elle civilise, énerve et efféminé : un homme qui ne sortirait pas du peuple n'aurait pas l'énergie, -disons, si l'on veut, n'aurait pas la brutalité nécessaire pour triompher de la résistance violente qu'oppose à la réalisation de ses plans la masse de la population locale. L'usine bâtie, on ne sait si elle ne sera pas incendiée, saccagée, à la première crise, par les ouvriers de la région. Il faut la transformer en citadelle, passer des jours et des nuits sous les armes. Il faut quelquefois céder la place, et s'en aller bâtir une autre usine dans un pays neuf, où l'on n'a pas à redouter l'animosité d'artisans depuis longtemps installés. Mais, pour ceux qui réussissent enfin, c'est la puissance et la richesse. On occupe deux cents, cinq cents, mille ouvriers. A côté de l'usine s'élève bientôt un château, dont la façade orgueilleuse, le mobilier fastueux, sont un défi jeté aux vieilles familles, débordées par le flot montant de cette nouvelle civilisation. Les Juges de Paix, les Squires, autorités naturelles du pays, les fermiers qui sont leurs clients et leurs alliés, se plaignent que la multiplication des usines couvre le pays d'indigents, et augmente à leurs dépens les frais de l'assistance publique. Quand une émeute éclate, quand les usines et les maisons des nouveaux riches sont menacées, les propriétaires fonciers sympathisent parfois secrètement avec l'émeute, et le Juge de Paix, s'il ne va pas jusqu'à encourager directement les artisans révoltés, ferme du moins les yeux, invoque son
1. Holland Hoole, Letter to lord Althorp, in Defetice of Cotton Factories, p. 5 : cité par Baines, Lancashire, vol. II, p. 154.