WardiMi, f.inm Trade, pp. .381, O'.K
pour fabriquer de la grosse toile à voiles ». Le tissage, en 1815, se fait encore à la main, dans les villages.
L'industrie de la laine est une des plus vieilles industries du royaume. Elle a toujours été entourée de la sollicitude du Parlement, considérée comme la source principale de la richesse britannique : les exportations de lainages représentaient, vers 1750, le tiers de la valeur totale des exportations anglaises. Tant qu'a duré la guerre avec la France révolutionnaire et impériale, la demande constante de drap pour les fournitures militaires a atténué les crises : les salaires ont haussé. Les fabricants, dès le début du xix* siècle, attribuent l'avance qu'ils ont prise, dans l'industrie de la laine, sur leurs concurrents français ou flamands, à la supériorité de leur outillage-. Cependant les progrès du machinisme, plus rapides ici que dans l'industrie de la toile, sont moins rapides que dans l'industrie du coton. Il se passe en somme pour l'industrie de la laine, prise dans son ensemble, ce qui se passe, au Lancashire, pour le tissage du coton. L'industrie cotonnière est une industrie jeune, qui a dû créer, depuis un siècle, son outillage tout entier. L'industrie de la laine, parce qu'elle est assise sur d'anciennes traditions, oppose plus de résistance aux innovations techniques. Quelque désir que les capitalistes éprouvent de forcer la production, ils doivent tenir compte de l'attachement manifesté par les ouvriers pour leur vieille organisation et leur vieil outillage. Le mécontentement et la turbulence des artisans de la laine ne cessent pendant les quinze premières années du siècle, de retenir l'attention du Parlement : aussi disposons-nous de documents nombreux pour apprécier l'état de l'industrie lainière dans les deux régions où elle se concentre, depuis que la décadence économique du Norfolk est consommée : certains comtés du Sud-Ouest, Gloucestershire, Somersetshire, Wiltshire, et le West Riding du Yorkshire.
Les machines commencent à pénétrer dans la région du Sud-Ouest : mais les résistances ouvrières en rendent l'introduction difficile. Ces machines ne portent d'ailleurs que sur les phases préparatoires et finales de la fabrication : cordage et filature, apprêtage et teinture. Le gigmill, qui est destiné à rendre plus rapide et plus parfaite une des opérations de l'apprêtage, et contre lequel les ouvriers s'insurgent, n'est pas même une machine : c'est un simple métier perfectionné '. L'eau