LES MOYENS DE TRANSPORT
Pour opérer la transmission des matières L'INDUSTRIE DU premières aux lieux où l'industrie les élabore,
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INTÉRIEURES ^^^ lieux OÙ ils seront consommés, pour lancer
de tous côtés une armée de commis-voyageurs, pour recevoir les nouvelles du monde entier, les industriels et les négociants réclament des moyens de communication multiples et rapides. Pourtant l'industrie du transport est en retard, vers 1815, sur les autres industries anglaises. Les inventeurs, sous la pression d'un besoin urgent, cherchent des machines nouvelles. Mais ils n'ont pas fait encore les découvertes décisives, ou, pour parler plus exactement, ils les ont faites, mais elles ne sont pas encore entrées dans la pratique.
1. Felkin, Hosiery and Lace, pp. 171 sqq., 240 sqq. — Ann. Reg., 1816; Ghron., p. 100.
S'agit-il des communications intérieures ? Dès le xvii'= siècle, les Anglais ont commencé à les perfectionner. Ils ont établi le système des iurnpike roads, qui permet de lever sur les passants les fonds nécessaires à la réfection des routes. Ils ont amélioré la navigabilité des petites rivières, au lit peu profond, qui sillonnent les campagnes anglaises. Plus récemment, Teiford, le grand constructeur des routes écossaises, a inauguré une ère nouvelle lorsque, suivant les conseils de Thomas Paine, il a introduit le fer dans la construction des ponts. En 1815. John Macadam est nommé Surveyor General ofthe British Roads : il va pouvoir appliquer sur une grande échelle les fruits de seize années d'étude. Les services de transport ont, en même temps, fait de sensibles progrès. Dès le milieu du xviii* siècle, on se réjouissait de pouvoir faire en dix ou douze jours, au lieu de trois semaines, le trajet de Londres à Edimbourg. Dès mail-coac/ies, organisés en 1784 par Palmer pour le transport simultané des lettres et des voyageurs, ont brusquement abrégé les distances : Edimbourg n'est plus désormais qu'à soixante heures de Londres. Puis la vitesse des mail-coaches a été elle-même dépassée. Aux approches de 1815 une véritable frénésie de vitesse s'empare des entreprises concurrentes ; et les protestations de la presse contre les courses auxquelles se livrent les cochers des slagecoaches ne semblent avoir fourni qu'une excellente réclame à ces entreprises. Entre Londres et Leeds, un stage-cocch fait Te trajet en vingt et une heures, gagnant douze heures sur le mail-coach ', Mais, en fin de compte, la route sur laquelle on roule, la voiture qui passe, ressemblent de fort près à la route et à la voiture dont disposait un contemporain des Stuart ou des Tudor, peut-être môme d'Alfred le Grand ou de Jules César. Tout le progrès accompli consiste à fournir normalement, par tous les temps, en toutes saisons, à jours et à heures fixes, la vitesse qu'un voyageur ne pouvait autrefois fournir que par exception. Aussi paie-t-on de plus en plus cher ces vitesses de plus en plus grandes. Passées les limites du district métropolitain, où le port d'une lettre coûte 2 d. seulement, les tarifs postaux ont toujours été en augmentant. Une lettre envoyée de Londres à Chester, qui coûtait 4 d. au début du xviii» siècle, coûte 6 d. à partir de 1784, 8 d. à partir de 1786, 10 d. depuis 1812 ^
Une seule invention technique, empruntée à la France du xvii'^ siècle, a réalisé, dans l'industrie du transport, une économie indiscutable de