H. of C, 17 avril 1812 (l'nrL Drh., vol. XXII, p
7. Voir le texte complrt i\v l,i D., ln.iiioii, Pari. Deb., \m|. WIII. pp. 710-718 n.
triomphale : une foule de cinquante mille personnes y prend part». Quelques mois plus tard, lorsqu'ont lieu les élections générales, Brougham, qui a mené toute la campagne, se porte candidat à Liverpool contre les candidats tories, Ganning et le général Gascoyne. Il n'est pas élu, mais peu s'en faut : et cette élection disputée est considérée comme un signe que le monde des affaires, sur la question de la liberté commerciale, se brouille avec le parti gouvernemental. Or, depuis 1688, le pouvoir a toujours gouverné d'accord avec le monde des affaires.
Cependant la victoire remportée en 1812 PROGRES pg^j. jgg partisans de la liberté commerciale
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LIBRE-ÉCHANGISTE '' ^'^ P^' ^"^ ^^^^«^^'^ véritable. Disons, pour
(l8l3-l81o) nous exprimer d'une manière plus exacte,
qu'elle a été remportée quelques jours trop tard. Lorsque sont abrogés, le 23 juin, les Orders in Council, il y a cinq jours que, de l'autre côté de l'Atlantique, le gouvernement des États-Unis a déclaré la guerre à l'Angleterre''. Deux années s'écouleront avant que des relations pacifiques soient rétablies entre les deux nations. Le marché sud-américain ne suffit pas à compenser la perte du débouché qu'offrait le territoire des États-Unis aux marchandises anglaises ; il regorge des produits que l'on y précipite en masse et sans discernement. Où donc trouver un débouché nouveau? En Asie peutêtre : mais on se heurte ici au monopole de la Compagnie des Indes Orientales. Les partisans de la liberté commerciale en poursuivent l'abolition.
L'Angleterre possédait jadis de grandes corporations mercantiles, dont les membres, pourvus de monopoles exclusifs, organisaient le commerce avec les pays étrangers, fondaient des établissements coloniaux. A mesure que le pouvoir de l'État s'est renforcé, et que le gouvernement est devenu capable de protéger directement, par ses consuls, ses marins, ses soldats, ceux de ses nationaux qui résident à l'étranger, ces compagnies privilégiées ont toutes disparu, sauf une, qui garde une singulière importance : c'est la Compagnie des Indes, V United Company of Merthants of England trading to the East Indies. Sans doute ses droits souverains ont subi des limitations. A l'assemblée des actionnaires, the Court of Proprietors, au conseil d'administration, the Court of Directors, a été superposé en 1785 un Board of Control, composé de six membres, nommés par le pouvoir exécutif, et dont le
i. Leeds Mercury, 11 juillet 1812. "^
Président fait partie du Cabinet. La Compagnie garde cependant, sous réserve du contrôle ainsi établi, le droit de construire des forts, de nommer des gouverneurs, de battre monnaie, d'établir des tribunaux, de lever et d'entretenir une armée. Sans doute encore les privilèges économiques de la Compagnie ont été restreints ^ En 1793, on lui a imposé l'obligation de mettre tous les ans, à bord de ses navires, trois mille tonnes à la disposition du commerce privé. Mais la Compagnie conserve toujours le monopole de la navigation entre le Royaume-Uni, rinde et la Chine; et c'est toujours dans les magasins de la Compagnie que doivent être déposés, pour y être mis en vente publiquement, tous les produits importés de l'Extrême-Orient. La Compagnie possède une flotte de 115 vaisseaux, montés par près de 10000 marins; elle fait vivre, autour de ses docks et de ses magasins, entre le pont de Londres et Blackwall, une population de 50 000 âmes. Aux Indes, elle gouverne un territoire de 380000 milles carrés, une population de 60000 000 d'habitants, une armée de 150000 hommes. On estime qu'elle représente un capital total — stocks, immeubles, docks, vaisseaux, fortune privée de ses 2 000 actionnaires et de tous ceux qu'elle emploie — de 21000000 1.^. La Compagnie des Indes, dans un pays d'où le régime corporatif a totalement disparu, constitue une colossale anomalie.
Or la charte de la Compagnie expire au début de 1814. Depuis 1808 les négociations sont engagées entre la Cour des Directeurs et le Président du Board of Control pour déterminer à quelles conditions le contrat sera renouvelé entre la Compagnie et la nation. Les droits politiques de la Compagnie ne sont pas sérieusement discutés : si le pouvoir exécutif essayait d'exercer une autorité plus directe sur l'administration de l'Inde Britannique, l'Opposition protesterait contre cet accroissement dangereux du « patronage » et de 1' « influence de la Couronne ». Mais, en revanche, l'opinion demande qu'on en finisse avec le monopole économique; et c'est ce qui arrive en 1813, après dix-huit mois de débats passionnés. La Compagnie des Indes conserve encore le monopole du trafic et de la navigation avec la Chine. Mais le commerce avec l'Inde est ouvert aux commerçants et aux armateurs de tous les ports anglais.
Il ne serait pas vrai de dire, sans restriction, que tout le monde des afi*aire9 s'est insurgé contre la dernière des corporations : la Compagnie a su se créer parmi les marchands un groupe d'adhérents. Si l'on a(M*,orde à tous les ports le droit de commercer avec l'Inde, < ( si le |n)rt de