Tooke, Hist. of Priées, vol. I, p
2. Tooke, Ilisl. of Priées, vol. II, pp. 28-30 : les chiffres sont ceux du 28 février et du 31 août.
3. Weekly aceounl of the markel priées of Gold, First and Second Reports of the Lords' Committce, 181U, appendix, p. 330 : 18 fév. : 3 1., 8 s., 0 d. ; 23 août : 4 1., 11 s., 0 d.
4. Nombre moyen des billets en circulation. Premier trimestre 1815 : 27 298 290 1.; 2° trimestre : 27 103 440 1.; 3" trimestre : 27 171 430 1. ; i" trimestre : 26 074 570 1. — Premier trimestre 1816 : 26 573 280 1. ; 2' trimestre : 26 363 240 1. ; 3^ trimestre, 27 233 700 1. ; 4« trimestre : 26 129 040 1. (Pebrer, Taxation, p. 251.) — A partir de la fln de 1815 le prix de l'or suit un mouvement de baisse constante, dont voici les étapes; 15 sept. 1813 : 4 1. 9 s. 0 d. ; 13 oct. : 4 1. 3 s. 0 d. ; 15 déc : 4 1. 2 s. 0 d. ; 9 avril : 4 1. 1 s. 0 d. ; 23 avril : 4 1. 0 s. 0 d. ; 9 juillet : 3 1. 19 s. 0 d. ; 8 oct. : 3 1. 18 s. 6d. (Weekly aceount of the market priées ..., ibid,, p. 350). — Pour se tirer de la difficulté, les bullionistes veulent qu'on tienne compte aussi de l'émission des billets des banques privées. Mais ici les billets sont remboursables. Les bullionistes essaient en conséquence de démontrer que la quantité des billets do banque non remboursables règle la quantité des billets des banques privées (Ricardo, High Priée of Bullion, Works, pp. 282-283. — Report of Bullion Committee, pp. 67 sqq. — King, Thonghts ... 2' éd. 1804, pp. 106 sqq. — Voir en réponse les observations de Bosanquet, Praetieal Observations, 2" éd., 1810, pp. 72 sqq.). — Suivant notre thèse (v. plus bas pp. .333 sqq.), il serait plus exact de dire que la Banque est entraînée à une émission exagérée de papier-monnaie par les émissions exagérées des country banks.
tionnels de sage administration qu'elle avait observés pendant toute la durée du siècle passé.
Les directeurs de la Banque affirment — non sans fondement, sembie-t-il — que leurs émissions de billets ont toujours été réglées sur les demandes normales de l'escompte*. Ils affirment même avec insistance quïls s'attachent toujours, quand on leur apporte du papier à escompter, à s'entourer de plus de précautions que ne font en général les banques privées, quand il s'agit de tenir compte de F « intérêt public^ ». Toute la question sur laquelle les polémistes de 1810, presque exclusivement préoccupés par les problèmes de la circulation, ont précisément négligé de porter leur attention, est de savoir si la pratique des banques en matière d'escompte — des banques privées aussi bien que de la Banque d'Angleterre — est aussi sage qu'elle est conforme à la routine traditionnelle, et si elle est de nature à prévenir les crises commerciales, avec ou sans paiement en espèces. Il y a eu crise en 1797, avant la suspension du paiement en espèces, puisque c'est cette crise elle-même qui a provoqué la suspension; et des crises se produiront encore après qu'en 1819 les buUionistes auront obtenu l'adoption de leur remède^. C'est dans la manière dont se trouve organisée la production nationale sous la présidence des banques d'escompte, qu'il faut chercher l'explication de ces crises répétées, et de l'émission exagérée du papier-monnaie elle-même.
Toute la production moderne repose sur le crédit. Le grand producteur, le vendeur en gros achètent à crédit, celui-là les matières premières de son industrie, celui-ci les marchandises qu'il veut écouler. Chacun donne à son fournisseur, en recevant livi-aison, une simple promesse de payer, valable pour le jour où, à la fin de la campagne, il aura achevé de produire et de vendre. Cette promesse de payer devieftt elle-même un objet de commerce, un moyen, pour celui qui Ta reçue, de payer ses dettes avant l'échéance. A, fabricant de bateaux sur la Clyde, achète son bois à crédit à B, propriétaire de forêts en Suède. C, armateur de Stockholm, achète ses bateaux à crédit au constructeur de la Clyde. Une lettre de change permet à A
1. Gold liallion Report, Min.of Ev., p. 131 : déposition de J. L. Greffulhe : « The Bnnk paper of tliis counlry ia issued whon cniled for, in exchanpe for valuabie securilics, in which respect it is essentially distinct froin whnt I call ii foreed pap(!r, which inay be iHsued hoth without !iinit« and without any security ^v^latever. » L'opinion du mcrehant GrefTulhe n d'autant plus de poids ipi'il n'r-st pas lui-même responsable de l'administration de la l'.,iiiqiir. i;(i-^iii(|ii('i, l'raclkal Observations, 1810, 2' éd., pp. 4!) sqq.
2. Ibid., p. 189; déposition de Mr. Whitmore. gouverneur de la Banque. — Cf. H. ofC, 2 mars ISI.'i : discours de Haring {Pari. Deb., vol. XXIX, p. I 108).
3. Meinoirs of Sir John Sinclair, vol. II, p. 271 : If lh(! |)anic of 182") liad occurred in our strugglo witli Napoléon, (;rcat Brilain vvnuld now he a proviru r of l'nuiie.
de transférer à C la dette qu'il avait contractée envers B : un double transfert d'or, entre la Suède et l'Angleterre, puis entre l'Angleterre et la Suède, est ainsi rendu inutile. Les banquiers, entre les mains de qui se concentrent et par l'intermédiaire de qui se transfèrent les lettres de change, ont donc pour fonction sociale, moyennant une sorte de courtage, de réduire autant que possible, dans les transactions commerciales, l'usage du numéraire, et de rétablir, sous une forme plus compliquée, le régime primitif du troc, et de l'échange en nature des produits. Ou plutôt c'est ainsi que le crédit fonctionnerait, et tel serait le rôle des banquiers, s'il n'existait que des producteurs indépendants, ou des groupes de producteurs associés selon une règle d'égalité. Il ne pourrait survenir dans un monde économique ainsi constitué, que des crises partielles, simples perturbations locales, dues à une mauvaise récolte, ou à une expérience technique malheureuse. Une crise générale de surproduction serait inconcevable. Il y aurait nécessairement équilibre de l'offre et de la demande, et réciprocité des services.
Mais la nouvelle société industrielle, qui réclame, au début du xix" siècle, l'assistance des banques, est fondée sur un principe différent. Ceux qui font usage du crédit sont des chefs d'industrie sous la direction desquels travaillent des ouvriers salariés, en d'autres termes, non autonomes. Les produits d'utilité commune qu'ils jettent en masse sur le marché, ils ne peuvent pas les écouler dans la société même dont ils font partie; car il faudrait alors que leurs ouvriers fussent assez payés pour racheter tout le produit des usines où ils travaillent : le bénéfice du capitaliste s'évanouirait du coup. Il faut que les industriels fassent la conquête des pays étrangers, qu'ils y vendent plus qu'ils n'y achètent, ou, pour parler plus exactement, qu'ils échangent des produits industriels contre de l'or. Toute la série des emprunts se trouve donc, en quelque sorte, aller dans un sens unique, depuis le premier jusqu'au dernier vendeur; et le dernier vendeur vise à payer sa dette en obtenant à l'étranger de l'or contre la marchandise qu'il fournit. Or un échange ainsi constitué — des marchandises contre de l'or — ne peut se prolonger indéfiniment ni entre deux individus ni entre deux pays. Il faut qu'un jour ou l'autre les acheteurs manquent de l'or nécessaire pour payer les produits qu'on leur envoie : les voilà débiteurs insolvables. Les produits qui continuent à arriver engorgent le marché : il y a baisse générale des prix.
Qu'adviendra-t-il alors de tous ceux qui, dans un pays de grand commerce et de grande industrie, ne cessent, depuis des mois et des années, de vendre à crédit? Tant que durait la période de pros-
périté, de production accrue, de hausse des prix, les lettres de change se négociaient facilement, n'apparaissaient que comme un moyen sûr pour la liquidation réciproque de toutes les dettes. Maintenant, tous les prêteurs s'alarment, craignent de voir les emprunteurs, de proche en proche, incapables de tenir leurs engagements; tous deviennent avides de se débarrasser du papier de commerce qu'ils détiennent, et de l'échanger contre de l'argent comptant. S'agit-il d'un pays, ou d'un temps, où la circulation est métallique? Les banques verront leur portefeuille s'enfler outre mesure, leur encaisse baisser dans des proportions inquiétantes. S'agit-il d'un pays, ou d'un temps, où l'obligation, pour les banques, de payer en espèces a été suspendue? La Banque centrale pourra toujours escompter les effets de commerce qu'on lui présente, en émettant du papier-monnaie. Mais cette émission accrue n'aura pas été la cause de la crise, elle en aura été l'effet. Le papier-monnaie ne pourra d'ailleurs jamais payer que les dettes intérieures. Pour se mettre en règle avec les créanciers de l'étranger, il faudra toujours faire sortir de l'or; et cet exode de métaux précieux n'aura pas pour cause une émission exagérée de papier-monnaie, il aura seulement eu la même cause que cette émission.
Pourquoi d'ailleurs appeler exagérée une émission qui se conforme au principe d'escompter seulement le papier des maisons dont la solidité passe pour éprouvée? Précisément parce qu'il s'agit d'une crise générale, où toute la société capitaliste se trouve insolvable, ou menacée d'insolvabilité. Rétablissez le paiement en espèces, et sans doute la diminution de l'encaisse métallique pourra avertir les banquiers que la crise approche. Mais en tiendront-ils compte? et comment feront-ils pour en tenir compte? Ils ne possèdent pas la technique nécessaire. Ils ne sont pas dans la disposition d'esprit nécessaire. Bien des années s'écouleront avant qu'on imagine de parer aux crises, ou tout au moins de les atténuer, par le relèvement du taux de l'escompte. Pour l'instant non seulement l'invention n'a pas été faite, mais la loi interdit môme qu'on y songe, puisqu'elle fixe le taux légal î de l'intérêt. D'ailleurs, le môme mouvement général des esprits qui entraîne les industriels à produire sans arrêt, entraîne les banquiers à prêter sans prudence. Ils ne sont pas assez attentifs à distinguer les cas où l'abondance du papier présenté à l'escompte signifie qu'il y a un développement normal des affaires, — un plus grand nombre de dettes réciproques à liquider entre une province de l'Angleterre et une autre, entre l'Angleterre et le continent — , et les cas où elle signifie au contraire que l'écoulement des produits commence à se ralentir, le
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paiement des dettes à devenir difficile, la crise à menacer. Cette crise est en même temps, et par essence, une crise de surproduction et une crise de surcrédit. Tous ceux qui, à quelque titre que ce soit, dirigent la société industrielle ont, sur ce point, les banquiers pour complices.